Les Harlem Hellfighters, les aventuriers de l’enfer.

Pendant la première guerre mondiale, l’histoire du travail des soldats de colonies françaises. ou encore anglaises est souvent évoquée malgré une époque où le racisme était très présent. A l’inverse de ses homologue européens, les Etats-Unis ont choisi pendant un certain temps de masquer la vérité.

Un documentaire retrace l’histoire de soldats noirs américains se battant durant la 1ère guerre mondiale mais aussi contre la ségrégation. Ce documentaire s’intitule « la grande guerre des Harlem hellfighters » de Francois Reinhardt.

Tout commence un 6 avril 1917, quand les États-Unis décident de déclarer la guerre à l’Allemagne. L’armée américaine, n’ayant pas assez d’hommes, va donc forcer des hommes à aller au front parmi eux des noirs américains. Malheureusement les casernes ne veulent pas accepter ces hommes par discrimination. Un régiment fut créé pour les accueillir, celui du 369 ème régiment d’infanterie. Des soldats de tous les États-Unis viennent à New York pour intégrer ce régiment pour fuir les États du sud très racistes. En s’engageant dans ce régiment, certains pensaient par cette démarche faire changer les opinions des américains face au racisme. Aux États-Unis, on critique beaucoup ce régiment et on s’insurge que des noirs puissent porter des armes. Cela ne les a pas empêchés de continuer leur formation avant de partir en Europe.

Cette formation a bien sûr été compliquée car l’état-major américain a bien compris qu’envoyer des noirs américains sur le front reviendrait à les considérer comme des citoyens à part entière. Cela n’a pas arrêté le régiment, qui dès 1917 part pour la France. Les soldats ont été formés et en leur sein un groupe de jazz a été créé dont le célèbre musicien James Reese faisait partie. Arrivé en France, le régiment a très vite eu des difficultés. Tout d’abord aucun bataillon américain n’a souhaité les intégrer. C’était un ordre de l’état-major qui essayait aussi de dissuader les français de les incorporer dans leur rang.

Le général Pershing était en charge de cette mesure discriminatoire. Il écrivit dans une note pour l’armée française : « le noir manque de conscience civique et professionnelle » et ajouta « menace constante pour les américains ». L’armée française manquait tellement d’hommes qu’elle n’écouta finalement pas les revendications américaines et incorpora le régiment au sein de son armée dans la 161ème division d’infanterie. Les soldats furent étonnés de l’accueil des français qui les traitaient comme des humains et sympathisaient avec eux.

Cela peut s’expliquer par le fait que les États-Unis avaient constitué un territoire où l’esclavage fait partie de l’histoire alors que la France métropolitaine n’est pas un ancien territoire d’esclaves. Durant leur période au front, les soldats noirs se sont brillamment illustrés grâce à un certain Henry Johnson qui par sa bravoure sauve un de ses camarades en tuant des soldats allemands pendant une attaque nocturne. Son acte fut relayé par la presse américaine, malgré des préjugés de journalistes sudistes. Henry Johnson reçu la « croix de guerre » française comme 170 camarades et il reçut aussi la « purple heart » en 1996, « distinguished service cross » en 2002 et la « Medal of honor » par B.Obama en 2015 qui est la plus haute distinction militaire des États-Unis. Les soldats noirs américains eurent un vrai impact sur la 1ère guerre mondiale, car ils furent les premiers à atteindre le Rhin. Ils ont le record du régiment resté le plus longtemps au front (191 jours). Malheureusement ce fut aussi le régiment le plus décimé avec 584 morts.

De retour au pays en février 1919. Ils participèrent à une grande parade le long de la 5ème avenue. Cette parade est le signe de leur double victoire contre les Allemands et le racisme. Leur retour ne fut pas facile car nombre d’entre eux voulurent afficher leur ancienne appartenance à l’armée en portant leur uniforme. Mais certaines personnes qu’elles soient noires ou blanches l’ont pris comme une provocation. Pour la population noire l’uniforme représentait une appartenance à une société qui les rejetait. Pour la population blanche, voir des noirs porter un uniforme revenait à dire qu’ils étaient leurs égaux et il était impensable que des noirs puissent se comparer à des blancs. Cela salissait l’uniforme.

Leur engagement a sans doute fait changer pas mal d’opinions et a permis un début de reconnaissance des noirs américains. Mais il faudra attendre tout de même jusqu’à Martin Luther King en 1965 pour observer un vrai changement.

Les États-Unis ont il réglé leur problème de racisme présent depuis la création de leur pays ?

Source photo : hiveminer.com, E.G Renesch, northdallasgazette.com, centenaire.org, Gary Kelley

MICHEL Martin

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