L’Ukraine : jusqu’où va aller Poutine ? Partie 2

Avec cette escalade du conflit en Ukraine, chacun ce pose la question : et après ? le problème se réglera-t-il de si tôt? L’escalade ira-t-elle jusqu’à un conflit nucléaire ? Où s’arrêtera donc Vladimir Poutine ?

     Depuis le début de l’invasion, les perspectives qui semblent plausibles sont peu joyeuses : on entend parler de guerre mondiale, de menace nucléaire, ect. Mais lesquelles de ses étapes sont vraiment possibles ? Aujourd’hui, les options qui s’offrent à nous, négatives, nous inquiètent.

     Alors que Poutine souhaite rétablir une puissance russe, en utilisant un réel impérialisme militaire, beaucoup se mettent à penser que l’invasion de l’Ukraine, certes plus difficile que prévu, ne soit que la première étape d’une série d’invasions ayant pour but de redonner à la Russie son pouvoir et sa puissance.

Constance Pereira

L’Ukraine : jusqu’où va aller Poutine ? Partie 1

Cela fait plus de deux semaines, que les nouvelles négatives nous envahissent. Nous ne savons pas jusqu’où cette  « opération militaire » va nous mener, or, nous pouvons essayer d’ imaginer que cela se termine positivement. Cet article sera bien sûr une vision optimiste des mois a venir plus qu’une réalité mais nous trouvons cela important d’essayer de mettre un peu de couleur sur cette situation où l’on ne voit pas la vie en rose.

Mais quelle perspective s’offre à Vladimir Poutine sans pertes massives d’Hommes ?

Première possibilité, très probable , l’Ukraine pourrait accepter l’occupation de la Russie dans les régions du Donbass et de la Crimée sans que celle-ci n’ occupe l’intégralité du territoire ukrainien. On constaterait alors un nombre de pertes humaines déjà comptabilisées, très important mais qui n’augmenterait pas. Certains diront que si cette « histoire » se finissait ainsi, Poutine n’hésiterait pas dans quelques années à organiser de nouveau une invasion de l’Ukraine et qu’il profiterait de l’avancée territoriale qu’il aurait obtenu. Or, rappelons nous , le président russe a déjà plus de 69 ans et il n’aura sûrement pas la capacité de gérer une guerre dans une dizaine d’années.

Nous pourrions également imaginer une autre perspective que monsieur P. pourrait exploiter nettement moins optimiste :

la Russie pourrait réussir à s’emparer du territoire ukrainien dans sa totalité en créant des accords que l’Ukraine accepterait pour éviter la guerre. L’Ukraine serait donc sous l’occupation russe mais les compteurs des pertes humaines ne s’élèverait pas davantage. L’Ukraine serait sûrement soumise à une dictature avec la mise en place de couvre feu et d’autres choses mais nous pouvons imaginer ou plutôt espérer qu’ensuite l’OTAN , l’union européenne, les Etats Unis , la Chine et de nombreuses autres nations mettraient « sous pression » la Russie et stopperaient cette domination.

De multiples autres possibilités s’offrent encore à Poutine.

Certains médias racontent que Vladimir Poutine pourrait se rendre? Mais bien que les précédentes  perspectives soit très optimistes, je trouve que celle-ci est irréaliste. Nous savons que cette guerre est aussi médiatique. Nous pourrions donc imaginer par le même biais que la population russe découvrirait le point de vue extérieur sur cette guerre et qu’elle n’est pas une simple opération militaire. Les habitants pourraient se « retourner » contre le gouvernement russe. Il aurait donc à faire à une guerre civile en plus du reste.

Bien évidement, comme dit précédemment, les perspectives exposées sont purement utopiques et à l’heure où nous écrivons, impossible de prédire l’avenir. A l’heure du numérique où les médias nous submergent d’informations négatives, il est important de se détacher de cela tout en s’informant, pour envisager la vie clairement avec un filtre rose. 

Constance Pereira

Un avenir de plus en plus tangible…

Le lundi 3 mai, la classe média de seconde a accueilli Pascale Tournier, rédactrice en chef au journal « la Vie » et présentatrice occasionnelle de chaînes d’info en continu : LCI, BFM TV ou France Info. Après un échange sur la vocation et le quotidien d’un journaliste, l’interview a porté sur la face cachée des chaînes d’info en continu et leur avenir de plus en plus incertain.

En effet, la concurrence des plateformes vidéo comme Netflix, Canal Plus, Amazon Prime et le replay fait perdre à la télévision en continu des téléspectateurs. Aujourd’hui, grâce au replay, chacun choisit son moment pour suivre sa série, son documentaire, son émission d’information : la ressource télévisuelle est devenue un bien de consommation dont le téléspectateur maîtrise sa temporalité. En plus de la concurrence avec la radio, les réseaux sociaux, les sites journalistiques et autres plateformes médiatiques, les chaînes toute info perdent encore plus de téléspectateurs avec le replay.

Par ailleurs, ces médias connaissent aujourd’hui un vieillissement de leurs téléspectateurs. Les jeunes populations s’informent peu par la télévision lui préférant les réseaux sociaux, les adultes de 35 à 55 ans en quête de temps s’informent par la radio qui leur permet d’effectuer deux choses à la fois comme préparer les repas, conduire sa voiture etc. Les séniors eux, sont davantage ancrés dans un emploi du temps prédéfini, utilisent moins les réseaux sociaux et restent « devant » la télévision pour s’informer.

Les chaînes d’info en continu sont poussées à changer de logique, et en quête d’un d’audimat supérieur, mettent en arrière plan l’honnêteté de l’information. Elles ont tendance à déformer l’information, cherchent à choquer les téléspectateurs en invitant des extrémistes etc. Ce choix leur est désavantageux car elles perdent les individus ayant conscience de cette déformation de l’information. Pire, ces individus deviennent des “parasites”, puisqu’ils mettent en garde les autres téléspectateurs de cette manipulation.

Enfin, les journalistes se retirent de plus en plus des chaînes de télévision leur reprochant l’obsession pour l’audimat. En effet, l’oreillette leur indique de manière continue si un sujet de discussion « rapporte » des téléspectateurs. Les journalistes se sentent de plus en plus mal à l’aise lorsqu’il leur est demandé d’approfondir des sujets qu’ils n’ont pas choisi, pour lesquels ils ne sont pas spécialistes ou de faire abstraction d’autres qu’ils jugent plus intéressants.

Les chaînes de télévision toute info commencent donc à vieillir. Elles doivent développer leur audience en se concentrant sur les populations jeunes représentant l’avenir alors que celles-ci montrent de plus en plus un désintérêt pour l’information par la télévision. Aujourd’hui le monde va vers la modernité, sollicite davantage le numérique et surtout les réseaux sociaux. Il leur faudrait donc établir de nouveaux supports médiatiques. Par exemple, le média Brut est de plus en plus la source journalistique privilégiée par les jeunes populations sur Instagram. Le format de ce média est très original car il associe la plateforme vidéo, BrutX, en regroupant des reportages, des films matures et cultes, et des interviews. Brut a su développer des supports médiatiques parfaitement adaptés à notre monde moderne.

Valentin Brogi

LES CHAÎNES TOUTES INFO NUISENT-ELLES À NOTRE DÉMOCRATIE ?

Le lundi 03 mai 2021, nous avons eu l’occasion de rencontrer Pascale Tournier, journaliste et rédactrice en chef au journal La Vie. Lors de cet échange, nous lui avons notamment posé des questions sur les chaînes toutes infos, un sujet qui fait polémique depuis un certain temps dans le monde du journalisme.

Mais avant de rapporter les fruits de notre échange avec Pascale Tournier, petit retour sur les chaînes toutes infos en France…

BFM TV, C news, France Info, LCI, France 24… nous en connaissons des dizaines. En effet, nous ne pouvons pas les rater, elles accaparent nos postes télévisés. Même si elles connaissent aujourd’hui un déclin chez la jeune génération, les chaînes d’infos continues restent très attractives et atteignent des records d’audience, notamment avec la crise du Covid-19. Cependant, de plus en plus, certaines d’entre elles mettent en avant les points de vue des partis politiques plus ou moins extrémistes.

Ainsi, constituent-elles une menace pour le journalisme et altèrent-elles notre esprit critique?

Lorsque l’on regarde les chaînes d’informations en continu, nous ne nous rendons pas forcément compte des impacts que ces dernières ont sur notre esprit critique. Néanmoins, si on regarde avec attention, on se rend très vite compte de certains travers : rediffusion en boucle de tout ce qui peut faire « événement », messages et informations parfois creuses pour pouvoir assurer le flot continu d’informations ou encore invitations de personnages politiques aux propos parfois racistes… En outre, la surreprésentation de certains partis politiques, plus particulièrement des partis extrémistes, ou de sujets d’actualité polémiques sont également pratique courante sur ces médias.

Et oui, cette focalisation, qui a souvent pour but de faire monter l’audimat et ainsi générer plus de revenus, a cependant des conséquences majeures. Elle participe à la montée du populisme et peut, en effet, altérer notre esprit critique.. Effectivement, comment peut-on se faire une image positive des gilets jaunes si tout ce qu’on l’on voit de ce mouvement se résume à des images de poubelles brûlées sur BFM TV?

Nous avons donc posé la question à Pascale Tournier, intervenante sur un grand nombre de ces chaînes: “Que retenez-vous de vos interventions sur les chaînes toutes infos?”

“C’est une opportunité enrichissante mais très fatigante. En effet, les conditions du direct sont parfois dures à gérer et il faut savoir rebondir, voire parfois improviser…”

Nous ne pouvons donc pas le nier, les chaînes d’information continues présentent de nombreux travers.

Toutefois, ne criminalisons pas non plus ces chaînes. Même si certaines sont parfois dictées par la recherche de buzz, elles constituent un média important si nous les utilisons avec parcimonie et surtout, que nous prenons les informations reçues avec du recul…

Adrien, Inès et Sami

Total menace la biodiversité des populations d’Afrique de l’Est.

C’est un projet titanesque : le plus grand oléoduc (ou »pipeline », canalisation destinée au transport du pétrole) du monde – 1445 kilomètres – va être construit pour transporter le pétrole brut ougandais vers un port tanzanien sur l’océan Indien.

Le géant français des hydrocarbures Total et Cnooc (compagnie nationale chinoise) prévoient l’exploitation de gisements découverts en 2006 en Ouganda, dans la région du lac Albert et la construction d’une gigantesque pipeline pour acheminer ce pétrole jusqu’au littoral (port de Tanga), le East African Crude Oil Pipe Line (EACOP), aussi appelé « Tilenga » (voir carte). Le coût de ce projet est estimé à 3,5 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros) et l’oléoduc pourrait transporter jusqu’à 200 000 barils par jour.

Le tracé du East African Crude Oil Pipe Line.

Le 11 avril 2021, le président ougandais Yoweri Museveni a reçu son homologue tanzanienne Samia Suluhu Hassan pour signer des accords en vue de la construction de l’oléoduc. Depuis quelques années, le projet n’avançait pas, l’exceptionnelle opportunité économique que représentait ces gisements pétroliers divisait les autorités ougandaises.

Les deux compagnies pétrolières française et chinoise étaient également présentes lors des négociations. Il ne faut surtout pas sous-estimer le poids économique, donc le pouvoir et l’influence de telles entreprises : en 2017, le chiffre d’affaire de Total s’élèvait à 172 milliards de dollars, soit 2 fois plus que les PIB de la Tanzanie (53 milliards) et de l’Ouganda (31 milliards) réunis.

Les président.e.s tanzanienne et ougandais à Museveni, le 11 avril 2021.

Dans un communiqué, les deux chefs d’État ont déclaré que « tous les problèmes en suspens liés au projet Eacop ont été résolus à l’amiable ».
Mais en réalité, le projet soulève de très nombreux et sérieux problèmes qui sont bien loin d’être résolus. La construction de cette pipeline représente à la fois un désastre humanitaire et environnemental.

• Des problèmes humanitaire

Les deux gouvernements font la promotion du projet, sur un plan économique, comme bénéfique à leurs populations : création d’emplois (soit-disant jusqu’à 10 000 en Tanzanie) et stimulation de l’économie dans les régions traversées par la pipeline.

Mais la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), alertée par les populations locales, a averti qu’il était impossible de réaliser un tel projet sans affecter les écosystèmes et les modes de vie des habitants.
Ainsi, les deux projets (les puits d’extraction et l’oléoduc) entraîneraient des violations des droits de plus de 100 000 personnes selon les ONG.

Selon la FIDH, « avec ce projet, au moins 12 000 familles vont perdre une partie ou la totalité de leur terres ».
Mais encore :  » On ne prend pas en considération leurs coutumes, ni leurs façons de vivre. On observe par exemple dans certains villages d’Ouganda, où des familles ont déjà été réinstallées, que des clans ont été mélangés et doivent désormais vivre les uns sur les autres. Enfin, certains biens communs, comme des terrains de pâturage partagés avec les voisins ou des puits, n’ont pas pu être déplacés, ce qui fragilise aujourd’hui le quotidien de chacun ».
Sur le plan humanitaire, ce projet est donc véritablement désastreux.

• Sur le plan environnemental, ce n’est guère mieux.

On imagine aisément que la construction d’une telle infrastructure et son usage porteront des coups fatals à la biodiversité locale. Dans la région du Lac Albert, les entreprises prévoient de creuser plus de 400 puits. C’est véritablement alarmant car plus de 50 % des espèces d’oiseaux et 39 % des espèces de mammifères vivant sur le continent africain sont représentées dans le bassin du lac. De plus, l’oléoduc va traverser des forêts et réserves protégées, des centaines de rivières et cours d’eau et longe le lac Victoria, réserve d’eau douce de la superficie de l’Irlande et source du Nil.

Des forages auront aussi lieu dans le parc national de Murchinson Falls, preuve que ces appellations ne protègent pas véritablement les populations d’espèces menacées.
De plus, l’exploitation de puits de forage nécessite la construction d’infrastructures complémentaires (routes, chemins de fer…); et l’installation de nombreux nouveaux travailleurs sur les chantiers pourrait aussi favoriser le braconnage dans la région, pour chasser des animaux sauvages et ensuite vendre la viande aux ouvriers.
La forêt de Bugoma, située entre les lacs Albert et Victoria et sanctuaire de 400 de km2 pour les chimpanzés, serait elle aussi menacée.

Plus de 80 stations de contrôle sont à construire le long du pipeline pour s’assurer de son bon fonctionnement : toutes les régions se trouvant sur le trajet seront donc impactées.
Sur le littoral, le chargement sur les navires pétroliers menace de fragiles écosystèmes encore préservés et très difficiles à nettoyer en cas de marée noire : mangroves et récifs coralliens, un sanctuaire pour les tortues, les dauphins et les dugongs.

Total avait été traîné devant la justice pour ses agissements par les ONG car en France, la loi sur le devoir de vigilance impose aux grandes entreprises de « prévenir les atteintes graves envers les droits humains » et « l’environnement » dans l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement. La Cour d’appel de Versailles a décidé en décembre 2020 de renvoyer l’affaire au tribunal de commerce. Face aux accusations, le PDG de Total Patrick Pouyanné répond que « Total prend pleinement en considération la sensibilité du contexte environnemental et les enjeux sociétaux qui entourent ces projets à terre. Notre engagement est de mettre en œuvre ces projets de manière exemplaire et en toute transparence ».

Malgré ces belles paroles, la réalité semble bien moins reluisante et le projet est en bonne voie pour être réalisé aux dépends des populations comme de la biodiversité locales.
Il faut savoir néanmoins que ce genre de projet qui s’accapare les terres de populations locales n’est pas rare, nous pourrions par exemple citer le projet américain dans le Dakota du Nord qui menace les sources d’eau potable et les lieux de cultes ancestraux des tribus indiennes.

Posté sur instagram, @vivre_ecolo_

Sources:
Le Monde
France 24
Banque Mondiale
Greenwashing Economy
FIDH
Novethic
AFP


Anatole Brunet-Rapeaud

Le droit de vote à 16 ans, beaucoup s’interrogent…

Voter à 16 ans, pourquoi pas ?

Le droit de vote à 16 ans est une question qui, depuis quelques années, est au cœur du débat. En effet, l’enjeu est de savoir si les adolescents sont capables, dès 16 ans, d’avoir leur propre d’opinions politiques et surtout, de pouvoir les exprimer en votant.

Le droit de vote à 16 ans est une question complexe.
Son instauration permettrait aux jeunes de s’intéresser, dès leur plus jeune âge, à la politique et surtout, constituerait une initiation au devoir primordial que constitue le vote.
L’abstentionnisme est un problème majeur qui gagne du terrain à chaque élection et cela constituerait donc un moyen d’y lutter.
De plus, de nos jours, les jeunes expriment et revendiquent leurs opinions politiques, en manifestants, via les réseaux sociaux ou encore en écrivant.
Les laisser voter rendrait donc possible l’expression de leur voix à une échelle plus importante et de leur faire sentir que leur avis compte.
Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue que les adolescents sont facilement influençables.
Le manque d’expérience, de maturité et surtout de connaissance des programmes politiques pourrait ainsi les contraindre à suivre les idées de leurs parents.
Les deux années qui séparent 16 ans à 18 ans sont donc pour moi importantes. Elles permettent aux jeunes de prendre du recul et d’entrer dans la vie d’adulte avant de pouvoir exprimer leur opinion politique.
Je suis d’avis que 16 ans est un âge encore trop prématuré pour voter mais ce n’est pas pour autant qu’il faut écarter les adolescents de la vie politique. Des mesures intermédiaires doivent être prises pour préparer les jeunes à leur futurs votes.
Les inscriptions sur les listes électorales devraient par exemple être automatiques et éviteraient aux jeunes adultes d’être découragés par le long processus que cette mesure constitue.

Inès Rousseaux

J’ai un doute…

Voter à 16 ans me rend perplexe. Tout d’abord, on acquiert à 16 ans déjà un bon nombre de droits civiques, qu’avant cette âge là nous n’avions pas. Nos premières responsabilités dans le monde du travail (jobs d’été), consentir à l’impôt, souscrire à la sécurité sociale, conduire accompagné d’un adulte, renoncer à notre nationalité, s’émanciper du foyer, créer une association ou encore devenir responsable pénalement.
Ces droits que nous avons nous permettent de montrer que nous sommes devenus responsables et que nous savons prendre en compte un choix important. D’autant plus que nous avons déjà dû faire des choix importants, notamment notre choix de lycée puis maintenant le choix de nos spécialités. De plus, du haut de nos 16 ans voire 17 ans nous avons déjà une opinion bien construite du monde qui nous entoure de part nos expériences et savons avec grande lucidité ce qui se passe autour de nous.
Néanmoins, je ne pense pas qu’ouvrir le vote à partir de seize ans aux municipales soit une bonne initiative puisqu’il existe beaucoup d’adolescents qui sont encore sous l’emprise de leurs parents et peuvent encore être influencés par eux. Le vote ne sera donc pas totalement de leur initiative et sera influencé d’une part par les parents de cet adolescent.

Romane Mallard

Voter à 16 ans pour les élections municipales, pourquoi pas ?

Le droit de vote aux élections municipales à 16 ans est une idée de réforme qui déplaît à une grande majorité des Français. En effet, un adolescent de 16 ans a de fortes chances d’être influencé par les idées politiques de ses parents, ou de son entourage proche, mais est également considéré comme trop jeune et trop peu autonome pour prendre de telles décisions. De plus, l’argument du manque de maturité revient à plusieurs reprises.

D’un autre côté, je pense que donner ce type de responsabilité à des français de 16 ans leur permettrait de s’intéresser plus tôt à l’actualité politique et à l’avenir du pays.

Gaïa

Les municipales à 16 ans, mon avis ?

Je trouve que cette proposition est à la fois une bonne chose et d’un autre côté je ne trouve pas qu’elle serve à grand-chose. Je pense que voter à 16 ans pour élire le maire de notre arrondissement ce n’est pas la chose la plus passionnante pour un adolescent qui n’a pas encore d’avis politique. Baisser l’âge de vote aux présidentiels est, à mon avis, un choix plus judicieux pour donner à chaque personne dès 16 ans, le choix du président qui portera les avis de tous et qui représentera mieux les points les avis de la nouvelle génération, celle qui sera la plus au centre des préoccupations.

Louise Martin Vandeweghe

Le vote à 16 ans pour développer notre esprit critique.

La mesure de l’abaissement du vote électoral à 16 ans fait polémique dans la vie politique française depuis quelques années. La majorité des français est contre cette proposition et donne des arguments comme l’immaturité ou encore l’influence des parents. Mais pousser les jeunes à développer leur autonomie, leur esprit critique et leur intérêt pour la vie politique serait plus intelligent que l’infantilisation et la condamnation de leur actions comme font beaucoup de politiques. Si les programmes électoraux impliquaient plus la jeunesse française, cette dernière se sentirait sûrement plus concernée par la vie politique du pays. Je pense alors qu’il faudrait organiser plus de cours d’initiation politique et de débat au lycée avant d’abaisser l’âge du droit de vote à 16 ans.

Oriane Frison

Voter à 16 ans, j’en doute…

Avis sur l’avancement du vote des élections municipales à 16 ans.
Je ne pense pas qu’accorder le droit de vote aux adolescents âgés de 16 ans pour les élections municipales soit une bonne chose, car je trouve qu’à 16 ans la plupart d’entre nous n’est pas assez mûr pour voter avec un choix réfléchi. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas la réflexion, l’autonomie, nécessaire pour voter pour un candidat et non celui des parents, pour ne pas voter pour n’importe qui, s’être renseigné sur le candidat, ses idées, son parcours politique, sa campagne,… A 16 ans, on n’est soit encore qu’en seconde, ou en première, on commence tout juste à grandir, à mûrir, à se faire sa propre opinion sur le monde, à s’intéresser à de nouveaux domaines, élargir nos compétences,… et mettre une responsabilité telle que le vote sur un adolescent de 16 ans n’est pas raisonnable selon moi, et accentuerait la favorisation au populisme.

Dunand-Bosio Alexandra

“Voter à 16 ans”, une vraie question…

Le droit de vote à 16 ans permettrait à des jeunes de s’intéresser davantage à la politique, de la comprendre et se sentiront plus concernés par la vie de société. Mais pour un jeune qui n’a pas d’avis forgé sur celle-ci ce sera plus compliqué, il n’est pas forcément prêt à avoir une place dans la vie publique malgré quelques avis. C’est pourquoi, ces jeunes pourront être influencés par les opinions de leur entourage, des pressions diverses ou même par les réseaux sociaux si son esprit critique n’est pas assez développé. Ce jeune n’a peut être pas encore d’intérêt pour la politique et pense à d’autres choses, ce peut être une nouvelle pression ajoutée à laquelle il n’est pas encore prêt. Mais au contraire pour un jeune qui sait ce qu’il veut et qui connaît ses idées ce sera une aubaine, c’est pourquoi mon avis est mitigé. Le droit de vote à 16 ans est aussi et avant tout une nouvelle manière de s’exprimer pour défendre des valeurs, une méthode qui sera désormais réellement prise compte : un jeune peut militer pour le réchauffement climatique par exemple par des manifestations ou autres mais en votant, sa mobilisation aura une conséquence directe dans la société.

Camille Rouvière

Je suis pour cette idée…

Je pense que c’est une bonne idée car les jeunes ont sûrement envie de participer activement aux choix de la société trop souvent réservés aux adultes. En effet, les choix que peut faire un mineur en fonction de la ville et de la citoyenneté sont très restreints. Il est important également de se sentir impliqué dans la vie active et de se sentir compris et pris en compte. Car je pense que tous les avis et choix doivent être écoutés pour ne pas laisser à une catégorie de gens les choix importants à faire. Le choix de voter ou non n’étant pas obligatoire, je pense que cela sera bénéfique pour les jeunes souhaitant s’impliquer en tant que citoyens et les autres ne voulant pas voter ne seront obligés à rien. Je trouve donc que cette projection de loi est une bonne initiative car grâce à cela les jeunes se sentiront plus écoutés, compris, pris en compte et moins rejetés des choix importants de la vie en société.

Emma Debenedetti

“Voter à 16 ans”, je suis mitigée…

Une centaine d’élus ont proposé que le droit de vote aux élections municipales soit autorisé dès 16 ans. C’est à cet âge que les jeunes deviennent responsables pénalement, peuvent travailler, consentir à l’impôt, souscrire à la sécurité sociale, renoncer à leur nationalité…

De mon point de vue, je suis plutôt mitigée. Certes, à 16 ans, nous commençons à nous apercevoir ce qu’est la vie de jeune adulte et à avoir une certaine maturité. Cependant, cette dernière n’est pas donnée à tout le monde. De plus, certains jeunes s’intéressent trop peu à l’actualité pour pouvoir ensuite se forger une opinion politique. Cela dit, ce serait justement une superbe occasion de s’intéresser aux médias. D’autant plus, cette proposition veut prouver l’importance des nouvelles générations, qui sont l’avenir du pays. Nous obliger à prendre des responsabilités même en étant mineur ne peut être que du bénéfique. Il faudrait que le système scolaire s’adapte si cette proposition est adoptée.

Je pense donc que c’est une décision qui mérite une très grande réflexion.

Ella Léger


“Voter à 16 ans”, j’y suis favorable…

En tant que lycéenne de 16 ans, je pense être en mesure de faire mes propres choix politiques. Nos voix et nos discours doivent être écoutés. “ A 16 ans ce ne sont que des adolescents, ils ne sont pas assez matures.” Personnellement je ne supporte plus ces remarques. A 16 ans, nous avons tout à fait la capacité d’avoir nos convictions et nos opinions, cet argument n’est pas valable, c’est de l’agisme (L’âgisme regroupe toutes les formes de discrimination, de ségrégation, de mépris fondées sur l’âge.) Aussi, pour info, le cerveau humain n’atteint maturité qu’à 30 ans dans ce cas là devons nous interdire aux moins de 30 ans le droit au vote!? De plus, le droit de vote à partir de 16 ans permettra la découverte de nouvelles perspectives et points de vues à notre société.

Ainsi je suis favorable au vote de cette loi.

Mordjane Borsali

“Je m’interroge…”

Autoriser le droit de vote à partir de 16 ans est une idée qui présente certains avantages. Cela permettrait aux jeunes de se sentir plus tôt concernés par ce qui se passe dans la société et donc par leur vote avoir un pouvoir sur les décisions prises qui pourraient faire évoluer le pays. Car cette génération est en prise avec une réalité que les plus vieux ont du mal à comprendre. Cette tranche d’âge a un regard très différent sur les questions raciales, de genres, de féminisme mais aussi vis-à-vis du climat.

A contrario, je peux voir dans ce projet d’accorder le droit de vote à partir de 16 ans des inconvénients. A 16 ans, même si certains sont déjà très engagés dans des causes etc.. d’autres n’ont pas encore la maturité suffisante pour avoir leur propre avis sur la politique. Le risque est donc que ces personnes soient influencées par d’autres, ce qui pourrait alors fausser le vote.

Louise Reynaud

Finalement non…
Depuis l’abaissement du droit de vote à la majorité – 18 ans – mis en place par Valéry Giscard d’Estaing en 1974, certains français soutiennent une nouvelle réduction de l’âge des jeunes votants à 16-17 ans. Cette proposition n’a guère avancé depuis. Cependant, récemment cette idée revoit le jour notamment au gouvernement où l’on s’interroge sur un potentiel abaissement du droit de vote à 16 ans concernant les élections municipales. Emmanuel Macron, alors que nous ne sommes qu’à un an des élections présidentielles, ne s’est pas prononcé contre. Ainsi un débat naît entre adeptes et opposants. Mais avant de prendre une décision est ce que les jeunes citoyens sont-ils eux même favorable à cette proposition ? On fait donc appel aux élèves de seconde, concernés par cette loi, qui témoignent et donnent leurs propres opinions.
Valentin Brogi élève de 2nd10 au lycée Montaigne
Du haut de mes quatorze ans, je comprends tout à fait qu’il y est une polémique entre les deux camps car il existe effectivement des arguments dans chacun d’eux. Quant à moi, je pense être contre la mise en place du vote municipal à 16 ans. Voici mes raisons.

Cependant, je pense tout de même me prononcer contre cette loi, car selon moi, à l’âge de 16-17 ans on n’est pas encore libre de ses propres choix.
Certes je trouve cela très moderne et prometteur de la part de la société de se tourner de plus en plus vers les jeunes populations. On ressent l’instauration d’une confiance envers les jeunes et l’attente de quelque chose de leur part. Effectivement, la tendance de la société cherche sûrement à s’améliorer en nous accordant une opinion politique afin de récolter l’ensemble des avis de chacun quel que soit son âge. Ce serait une avancée positive vers une société plus démocratique, parce que jusqu’à maintenant, en restreignant le vote à 18 ans, les élus représentent-ils vraiment l’ensemble des citoyens ? En effet, la société n’a heureusement pas constitué uniquement d’adultes, mais aussi d’adolescents et d’enfants. Selon ce raisonnement on vient donc à se demander pourquoi le droit de vote ne leur est pas accordé. Je dirais alors qu’avec cette loi « on est davantage inclus. »
D’un autre côté, c’est tout à fait positif pour la société, qui depuis de nombreuse année connaît une réduction du nombre de votants. Ainsi c’est une solution pour diminuer les taux d’abstention. Nous savons que jusqu’à maintenant les jeunes adultes font partie des populations qui votent le moins. Cependant, je doute que ce phénomène se reproduise sur les adolescents ; je pense au contraire, qu’au passage de cette loi le vote se révèlera davantage comme un effet social, un effet de mode pour les 16-17 ans qui voudront tester les droits des adultes, agir comme des grands.

Il en vient à étudier les arguments opposés. Si l’on relit mon précédent raisonnement sur la représentativité de la société et le fait que tous citoyens devraient voter dès le plus jeune âge, alors nous aurions des enfants de huit ans qui se retrouveraient devant l’urne. Sauf que ceci aujourd’hui n’est pas imaginable, puisque un enfant n’est pas assez mature. La maturité serait donc selon moi l’origine de l’échec de cette loi. Effectivement aujourd’hui on considère que 18 ans est l’âge de la maturité, d’où le vote à cet âge. La maturité s’acquiert généralement durant l’adolescence et permet de former l’esprit critique et l’opinion de chacun. Ainsi un adolescent devrait être assez mature bien que l’on sache que la politique n’est pas le principal sujet de discutions d’un élève de seconde ou de première.
Enfin, je comprends tout à fait qu’en fin d’adolescence le citoyen commence à être mature, cependant je sous-estime la ténacité de son esprit critique. Disons qu’à cet âge, comme il reste sous l’aile de ses parents, fortuitement son opinion se confond avec la leur. Cela va de soi pour les professeurs : je pense que leurs enseignements peuvent également être influents sur les idéologies de l’élève. Ainsi je crois que le temps apporte cette ténacité et qu’aux environs de 18 ans on commence à préparer son départ de la maison pour débuter sa nouvelle vie d’adulte et sa séparation de la couche parentale. Reprenons le modèle américain, où le statut d’adulte est obtenu à 21 ans, âge où est selon moi la maturité et l’autonomie est enfin acquis.

Valentin Brogi

Une fausse bonne idée…

Pour moi, le vote à 16 me paraît être une fausse bonne idée. L’idée de faire passer cette loi permettant de voter dès l’âge de 16 ans est dans le but de laisser les adolescents d’aujourd’hui de donner leurs avis politiques car de nos jours, les gens ont des opinions politiques marquées de plus en plus tôt. Le problème est qu’à seulement 16 ans, nos avis politiques seront généralement ancrés sur ce de nos parents, ce qui fausseraient déjà un nombre conséquent de vote. De plus, à cet âge, les trois-quarts des adolescents n’auront pas la maturité nécessaire pour participer activement à la société et n’iront pas voter ce qui augmentera considérablement le taux d’absentéisme. En outre, à cet âge, si l’on s’est émancipé de ses parents et que l’on un avis politique, celui-ci sera généralement trop poussée vers les extrêmes car à seulement 16 ans, on n’arrive pas encore à balancer nos opinions et peser le pour et le contre de nos avis. Enfin, à 16 ans, je pense que pas mal d’adolescent n’ont pas une véritable connaissance et compréhension de l’importance du vote et de la politique, et pourrait parfois même prendre ça pour une sorte de jeu ! Cela revient au manque de maturité dont j’ai parlé plus haut.
Pour conclure, pour moi, l’idée du vote à 11 ans est une véritable fausse bonne idée qui apporterait plus de problèmes que de bienfaits. J’ajouterais même que 18 ans est aussi un âge un peu trop jeune pour voter et qu’à mon humble opinion, 21 ans seraient mieux comme âge minimal pour voter.

Yanis Warnier

Je suis contre…

Selon moi, le droit de vote ne devrait pas être accordé dès 16 ans. En effet, une personne de 16 ans n’a pas eu le temps de se forger une opinion politique claire par manque d’expérience, et ne saisira pas toujours les enjeux de tel ou tel élément d’un programme. Elle sera donc plus facilement influençable et il existera un risque qu’elle vote pour le plus beau parleur, ou sans avoir totalement compris le programme des candidats. On peut cependant se dire que l’on est pas mieux préparé à 18 ans ( ce que je considère comme faux ), et que plus tôt on vote mieux c’est, mais le droit de vote à 18 ans me semble être la meilleure solution car elle concorde avec l’obtention de la majorité et ( pour la plupart des gens) à la fin du parcours scolaire dans le secondaire.

Sami Chaaban

Marche pour le climat, précarité étudiante.

Et on est jeunes, déters et révolutionnaires!

Le vendredi 19 mars à 14 heures, place du Panthéon, des milliers de jeunes ont marché dans les rues de Paris, réclamant une meilleure “loi climat” et des changements face à la précarité étudiante et les inégalités sociales.

L’initiative et son but

Cette marche pour le climat a été lancée par le mouvement Youth for Climate. L’action est née en début de 2019 et découle de l’initiative lancée par Greta Thunberg, une jeune suédoise de 18 ans. La jeune fille lance le Friday for Future en 2018 dont le but est d’organiser des grèves massives de jeunes les vendredis pour le climat. L’initiative se répand dans toute l’Europe et débute ainsi le mouvement Youth for Climate en France.

Le but de la marche de vendredi dernier était de montrer le mécontentement de la population, spécifiquement de la jeunesse, concernant deux sujets importants de la société actuelle : le réchauffement climatique et la précarité étudiante de plus en plus forte. La convention citoyenne pour le climat (CCC) qui a commencé l’année dernière a pris fin le 28 janvier avec 149 propositions écologiques. Malgré la promesse du président de reprendre les projets de la CCC “sans filtre”, 28 propositions ont été écartées et beaucoup partiellement réduites. La loi climat qui doit être débattue le 29 mars à l’Assemblée nationale est alors jugée insuffisante et manquant d’ambition. La marche avait aussi un but de justice sociale notamment pour les étudiants, énormément touchés par la crise sanitaire. Les organisateurs condamnent le manque d’aide et de mesures pour lutter contre leur isolement et leur précarité.

Le déroulement de la marche

La marche s’est déroulée le 19 mars 2021, environ 2 ans après la première marche pour le climat. Des milliers de jeunes, lycéen.e.s, étudiant.e.s ont marché de la place du Panthéon à la place Vauban de 14 heures à 17 heures en raison du couvre feu. La marche comptait beaucoup moins de manifestants qu’il y a deux ans, en effet les chiffres parlent d’eux mêmes, la marche du 21 septembre 2019 a regroupé plus de 150 000 manifestants selon les organisateurs alors que celle du 19 mars 2021 seulement 10 000 selon les organisateurs. La manifestation s’est tout de même déroulée dans la joie et la paix, et aucun débordement n’a été recensé.

Le planning de la marche:

  • 14H : Rendez vous à la place du Panthéon
  • 14H05 : Prises de parole de Unef, La clap, Solidaires étudiant.es et Youth for climate paris.
  • De 14H10 à 17H: marche de la place du Panthéon à la place Vauban.
  • 16H50 : Prises de parole d’Alternatiba, Saccage 2024, Parents pour le climat.
  • 17H : Fin de la marche (heure de dispersion)

Les meilleures pancartes que nous avons vu et notre ressenti par rapport à la marche.

Lorsque vous vous trouvez dans une telle manifestation, entourée de milliers de personnes et de pancartes aux messages percutants, vous vous sentez important. Vous avez ce sentiment de participer à un grand changement. Vous êtes touché de voir autant de jeunes concernés et mobilisés pour la cause du climat et, dans le cas de cette manifestation, celle des étudiants. Vous êtes dans l’action, dans le moment présent. Mais ce sentiment devrait être présent en permanence, car manifestation ou non, la planète meurt. C’est pourquoi en ce 19 mars 2021, nous réclamions une loi climat plus radicale.

Mordjane Borsali, Emma Debenedetti.

Tu vivras mon fils

Mercredi 13 Janvier 2021

Ce fut le tour de Lisa Montgomery : cette quinquagénaire, accusée de meurtre, a été exécutée après de nombreuses années de détention. C’est la première femme exécutée depuis 67 ans de justice et la 5ème depuis l’instauration de la peine de mort. Incarcérée en 2004 après avoir tuée une femme enceinte et avoir récupéré le fœtus, son exécution avait été reculée sur plusieurs années, notamment du fait de ses problèmes mentaux liés à son passé. La tribune dressée par la BBC à l’encontre de son exécution s’appuie justement sur ce passé : victime de trafic sexuel, de viol et de violence sexuelle et physique, elle aurait développé un syndrome post traumatique qui s’exprimait par l’impression d’être enceinte à chaque instant.

Ces avocats avaient même demandé la clémence du président à savoir la grâce présidentielle, symbole potentiellement fort à la fin du mandat de ce dernier. Celle-ci va être ignorée par Donald Trump.

Et pour cause, à la suite de la promesse de campagne de Joe Biden d’interdire la peine de mort à l’échelle fédéral (c’est-à-dire à l’échelle du pays et non des états ayant encore la peine de mort), Donald Trump s’est empressé d’accélérer les exécutions. De fait, 13 personnes ont été exécutés au niveau fédéral par injections létales en six mois, du jamais vu, le record étant 15 exécutions en 1977.

Mais à quoi bon ? Est-ce que son crime justifie la mort du criminel ?

Comme dans toute cause, il y a des partisans et des antagonistes.

Aux Etats-Unis, un récent sondage a montré qu’à ce jour moins d’un américain sur 2 est en accord avec la peine capitale. Ce chiffre étant encore élevé, il diminue de plus en plus, notamment à cause des décisions prises par Donald Trump. De plus, de nombreuses associations, comme Amnesty International, luttent activement contre la peine de mort au niveau fédéral comme au niveau des états, où les exécutions sont plus nombreuses. Elles remettent en cause la non prise en compte de pathologie des condamnés ou encore les discriminations raciales quant aux « choix » des condamnés.

Pour ce qui en est de mon avis, je ne peux trouver la raison pour laquelle tuer un.e criminel.le va effacer son crime, car là est le but de la peine capitale : faire disparaître le criminel efface toute preuve et toute horreur qu’il a commise. Et, lors de ces exécutions, nous ne sommes pas à l’abri de découvrir que l’accusé est innocent. J’espère grandement que le nouveau président Joe Biden tiendra sa promesse de campagne, pour laisser à chacun le choix de vivre et de se repentir d’une manière ou d’une autre.

Nos actions contre la peine de mort aux États-Unis (amnistiepdm.org)

Peine de mort : Lisa Montgomery, première femme exécutée aux Etats-Unis depuis 67 ans – Terrafemina

Louise Martin-Vandeweghe

Le « Purple Drank », une drogue légale… et létale ?

Au premier abord : un simple sirop contre la toux mélangé avec du soda, d’une jolie couleur violette, rose ou bleu… Inoffensif le « purple drank » ? Non, en réalité, consommée à forte dose, c’est une drogue très addictive, à base de codéine et de prométhazine, qui sont toute deux des molécules très souvent utilisées comme médicament contre la douleur, l’allergie et l’insomnie passagère.

Le « Purple drank »

Le « Purple drank » s’est démocratisé en France vers 2013, mais cette drogue est née aux Etats-Unis. Elle est très appréciée dans le milieu du rap américain, et fut popularisée dans les années 1990 par des rappeurs comme Lil Wayne, Ludacris, Juicy J, Future, Mac Miller, mais aussi par des artistes pop comme Justin Bieber.
Ses effets durent entre 2 et 3 heures et provoquent une euphorie, une impression de légèreté, comme si on volait, ainsi qu’un sentiment de bien-être grâce à la codéine. Certaines personnes détournent aussi la prométhazine, qui à haute dose peut donner lieu à des hallucinations. Mais cette drogue a aussi beaucoup d’effets secondaires bien moins « planants » : sécheresse buccale, maux de tête, nausées, vomissements, frissons, température élevée, état de somnolence, baisse de la fréquence respiratoire, effet anesthésiant. En cas de surdosage ou en combinaison avec d’autres antidépresseurs, elle peut provoquer des crampes d’estomac, de la constipation, et même conduire à une insuffisance respiratoire potentiellement mortelle. A long terme, l’accoutumance au produit développe des symptômes psychiques et physiques, comme la diminution du désir sexuel, la stérilité, les troubles du sommeil et l’anxiété.
Malgré ces effets nombreux et dangereux, cette drogue est totalement légale : le sirop pour la toux comme le soda s’achètent sans ordonnance ! Comparé au prix élevé des autres drogues, le « purple drank » est très peu cher. Les sirops pour la toux s’achètent aux alentours de trois euros et les boissons de type sodas ne coûtent pas plus de 1 ou 2 euros. Facile à se procurer et quasi gratuite, la tentation est forte pour les amateurs… Cependant, dans le monde, les opioïdes comme la codéine « sont responsables chaque année d’environ 70 000 décès par overdose », un nombre en constante augmentation selon des données de l’Organisation mondiale de la santé.
Comment lutter contre la tentation ? Une solution serait d’autoriser la vente des médicaments comme les sirops pour la toux uniquement sur ordonnance, afin de ne pas les vendre à n’importe qui mais à des fins purement médicinales. Une autre action possible serait de multiplier les centres régionaux d’addictovigilance, et bien entendu les interventions dans les lycées, car c’est là que la consommation de drogues commence très souvent.
Même si c’est très compliqué, on peut sortir de la drogue. Il ne faut pas hésiter à en parler à des proches de confiance, ou à votre médecin : ce n’est pas tabou ou du moins ça ne devrait pas l’être. Si de nombreux centres de désintoxication sont fermés actuellement, des suivis psychologiques, en personne ou par téléphone, sont toujours disponibles. Si vous êtes concerné.e, parlez-en, personne ne vous jugera !

Emma Debenedetti

Libertarianisme

Lors de l’interview de François Saltiel aux élèves de la classe média de Montaigne le 7 décembre 2020, le journaliste répond à une question sur les GAFAM en employant la notion de « philosophie libertarienne ». Ce concept est développé dans son dernier livre « Une société sans contact ». Mais que regroupe cette notion ?

Le libertarisme -aussi appelé libertarianisme- est une philosophie politique, développée dans les années 70, principalement aux États-Unis et dans quelques pays anglo-saxons. Selon les libertariens, une société juste est une société dont les institutions respectent et protègent la liberté de chaque individu d’exercer son plein droit de propriété. Ils entendent par propriété, la « possession » d’un bien meuble ou immeuble ou d’une production intellectuelle.

Ce schéma de société se rassemble autour de deux principes fondamentaux. Le premier est la liberté individuelle : les individus s’accomplissent en étant autonomes. Il n’existe donc pas de soutien de l’Etat. Le second principe est celui de la liberté économique qui correspond à la capacité qu’ont les membres d’une société de procéder entre eux à des échanges de nature économique : il s’agit donc pour un individu de trouver les meilleurs arrangements pour s’accomplir au sein de cette société. La société américaine affiche des traits communs à la philosophie libertarienne.

Murray Rothbard rappelle le principe de « non agression » qui est fondamental dans le concept libertarien : aucun individu, ni aucun groupe d’individus n’a le droit d’agresser autrui en portant atteinte à sa personne ou à sa propriété, en précisant que  » agresser » signifie « introduire » une contrainte. C’est donc contraire à notre conception européenne qui encadre les marchés et les comportements. Par exemple, la consommation de drogues n’est pas régulée par les libertariens puisqu’il s’agit d’un libre arbitre individuel et que l’individu ne vient pas « agresser ses compatriotes». Ainsi il apparait que sous ce schéma de société, chaque individu est « propriétaire » de lui-même, c’est-à-dire qu’il est responsable de ses actes et en assume ses conséquences. Par exemple, si un individu choisit de ne pas étudier, il n’attend pas de l’état le versement d’une quelconque allocation compensatrice s’il n’a pas de travail.

Par conséquent, la seule « entraide » existante se trouve entre les citoyens avec le concept de « compromis », très courant dans la société libertarienne : une transaction est conclue parce chacun a un avantage à l’effectuer. Par exemple, la Procréation Médicalement Assistée a été facilement autorisée parce qu’elle offre un avantage réciproque : une partie accueille un enfant, l’autre reçoit de l’argent. A contrario, cette loi a été promulguée en France seulement récemment (juillet 2020).

Comme évoqué précédemment, les libertariens réduisent la majorité des services de l’Etat : ils sont antiétatiques, souhaitent lui retirer ses fonctions régaliennes voire le supprimer totalement. Ils pensent que l’individu n’a pas besoin de l’aide d’un Etat castrateur car chacun cherche à s’accomplir individuellement. Pourquoi donc conserver cette institution qui n’apporte pas tant de services, alors qu’elle contrôle en permanence la société, l’individu et ralentit son accomplissement ?

François Saltiel évoque l’adoption de ce principe libertarien par les GAFAM -ces cinq géants américains Google, Apple, Facebook, Amazon, et Microsoft – qui contrôlent leurs marchés de référence. Ils sont devenus omniprésents au sein de nos sociétés et sont même incontournables avec la crise sanitaire de la Covid 19 : François Saltiel dit qu’ « Amazon est apparu comme le sauveur , celui à qui la population doit de pouvoir continuer à se vêtir, se nourrir et se divertir », ou bien que Zoom et Microsoft team ont été les solutions techniques pour assurer un enseignement à distance.

Saltiel explique que les GAFAM souhaitent acquérir davantage de propriétés, par exemple avec le projet d’îles flottantes dans les eaux internationales de Peter Thiel pour s’affranchir d’une régulation étatique ou encore les programmes de conquêtes spatiales de Jeff Bezos et Elon Musk ; évidemment, chacun instaurera ses propres règles sur le nouveau territoire conquis…

Pour l’heure, à chaque fois qu’un GAFAM cherche à se procurer davantage de propriétés, l’Etat est présent pour lui « mettre des bâtons dans les roues » en cherchant à le contrôler et lui imposer son autorisation. Les GAFAM restent encore les jouets de l’Etat et acceptent de lui communiquer les données qu’ils collectent savamment. En effet, en 2013, Edouard Snowden a démontré la surveillance de l’état américain par l’intermédiaire des données des GAFAM. Ce contrôle de la vie de la propriété des individus est pourtant contraire au principe cher libertarien des GAFAM.

Valentin Brogi, Sahel Benbrahem.