À la Une

Faut-il boycotter la Coupe du monde au Qatar ?

Toujours plus d’argent, toujours moins de droits, toujours moins d’écologie

Le 20 novembre débutera la Coupe du monde de football au Qatar. Mais la réalisation des infrastructures liées à cet événement planétaire est un véritable désastre humanitaire et écologique.

Pourquoi la Coupe du Monde a-t-elle lieu au Qatar ?
Tout a commencé le 23 novembre 2010, peu de temps avant la réunion de la FIFA pour élire le pays hôte des Mondiaux 2018 et 2022 -Mondial 2022 auxquels les Etats-Unis et le Qatar sont les principaux candidats.
Ce soir-là, le président de la République Nicolas Sarkozy invite à dîner Michel Platini, alors président de l’UEFA, l’instance du football européen. Autour de la table sont également installés Tamim al-Thani, prince héritier du Qatar, et Hamad ben Jassem al-Thani, le premier ministre qatari de l’époque.
Quelques mois avant ce dîner, Michel Platini, qui a un poids non négligeable dans le choix de la FIFA, avait déclaré : “Un succès russe pour organiser la Coupe du monde 2018 et une victoire du Qatar pour 2022 seraient très mauvais pour l’image du football et de la FIFA.”
Cependant, Nicolas Sarkozy souhaite que l’édition 2022 ait lieu au Qatar. Il évoque les « intérêts supérieurs” de la France. Il réussit à convaincre Michel Platini : “Il m’a dit que les Qataris étaient des gens biens, il m’a fait comprendre qu’il voulait que le Qatar obtienne cette Coupe du monde,” avouera l’ancien milieu de l’équipe de France quelques années plus tard.
Mais, en réalité, Nicolas Sarkozy, ne fait pas cela pour “l’intérêt supérieur de la France”. Sébastien Bazin, ami de l’ancien président, et propriétaire du Paris-Saint-Germain à l’époque, a mis en vente le club de la capitale, mais ne trouve pas de repreneur. Le Qatar est alors l’acheteur idéal pour le PSG, d’autant plus que l’ancien locataire de l’Elysée est un fervent supporter du club. L’accord aurait pu être conclu lors de ce dîner, avec le premier ministre et le prince héritier qataris. En effet, des SMS ont été retrouvés sur le téléphone portable de Sébastien Bazin, le lendemain du dîner : “Nicolas Sarkozy m’a rappelé. Le deal aura bien lieu le 2 décembre.”
Le 2 décembre, la FIFA tranche : 14 voix pour le Qatar contre 8 pour les Etats-Unis. Dans la foulée, le Qatar rachète le club parisien.
Par ailleurs, le Qatar aurait payé des membres du comité de la FIFA pour que ceux-ci défendent leur candidature. C’est en tout cas ce qu’affirme Phaedra Almajid, à l’époque membre du comité de candidature Qatar 2022, qui accuse le Qatar d’avoir versé 1,5 millions de dollars à trois membres africains du comité de la FIFA. De plus, le procureur fédéral de Brooklyn estime que trois membres sud-américains de ce comité ont été soudoyés. La justice suisse, elle, affirme que les dirigeants de la FIFA ont reçu 21 millions d’euros en échange de leur vote.
En janvier 2013, France Football révèle un mail du secrétaire général de la FIFA, Jérôme Valcke : “Ils ont acheté le Mondial 2022”.

Un désastre humanitaire
Jusque-là, on peut se dire que ce n’est pas grave et que cela ne change rien au plaisir de regarder une Coupe du monde. Mais les choses se corsent. En février 2021, une longue enquête du Guardian lève le voile sur les chantiers qataris.
Avant le vote du 2 décembre 2010, le Qatar ne disposait pas d’infrastructures pouvant accueillir un Mondial. L’émirat a donc construit sept stades climatisés, 45000 chambres d’hôtel, un métro, un aéroport, et même une nouvelle ville ! Pour cet énorme chantier, le Qatar, qui ne compte que 2 millions d’habitants, doit faire appel à des travailleurs venus d’autres pays, notamment d’Asie du Sud et d’Afrique de l’Est.
Le quotidien anglais révèle alors que 6500 travailleurs (venant d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh, du Népal et du Sri Lanka) sont morts entre 2011 et 2020, comme suite aux conditions de travail. Mais ce nombre est sans doute sous-estimé car les ouvriers des Philippines, du Kenya, du Soudan et de l’Ouganda n’ont pas souhaité fournir leurs données.
Un ancien travailleur népalais témoigne à Amnesty International : “Sur le chantier, je devais soulever de grosses pierres. Chacune pesait entre 50 et 60 kilos. Ils nous ont fait travailler tellement dur et ne nous ont même pas payés…”. Luke, agent de sécurité kényan, exprime lui aussi l’horreur du Qatar : “Je n’ai eu qu’un seul jour de repos pendant toute ma première année au Qatar. On se levait à 3h00 du matin chaque jour. Depuis le campement, on avait deux heures de route pour aller au chantier. On travaillait pendant 12 heures, on ne dormait que quatre heures par nuit.”. Ces ouvriers travaillent 60 à 80 heures par semaine, parfois sous plus de 50°C. Le Qatar déclare lui que “seulement” 37 ouvriers sont morts. De son côté, la FIFA “espère des changements sociaux positifs” et le Parlement européen se dit “préoccupé”. Est-ce suffisant ? On sait maintenant que les matchs se tiendront sur des cimetières.

Même pendant l’événement, les droits de l’homme seront restreints. Le Qatar demande par exemple aux supporters LGBT de faire preuve de “discrétion”. Ils devront éviter de manifester des signes de leur appartenance sexuelle en public pour respecter la culture conservatrice de l’émirat, où “les démonstrations d’affection en public sont mal vues“. La loi qatarie punit les relations sexuelles entre personnes de même sexe d’une peine pouvant aller jusqu’à sept ans de prison. En outre, le Qatar bafoue le droit à l’IVG et applique la peine de mort.

La Une du Gardian, 26 novembre 2021.

Un désastre écologique
Le climat n’est pas la préoccupation première du Qatar. On a vu plus haut que l’Émirat a dû construire des stades, des villes et un aéroport en plein désert. Mais avec des températures pouvant aller jusqu’à 50°C en été, les nouveaux stades qataris seront climatisés, tout en étant ouverts. C’est pourquoi la Coupe du monde a été déplacée par la FIFA en hiver pour la première fois. La climatisation, qui maintiendra la température à 18°C dans les 45000 nouvelles chambres d’hôtels et les 7 nouveaux stades, provoquera une surconsommation électrique. Une électricité majoritairement produite par des centrales thermiques qataries, qui émettent énormément de gaz à effet de serre. La réfrigération des stades passera par 3000 bouches d’aération qui rejetteront de l’air chaud dans l’atmosphère. Le Qatar avait même envisagé de créer des nuages synthétiques pour se poser au-dessus des stades et y apporter de la fraîcheur.
Malgré tout, le Qatar a reçu un budget de 200 milliards de dollars, 10 fois plus que pour des Jeux Olympiques. Un budget qui lui a permis, selon un rapport de la FIFA, d’émettre 3,6 millions de tonnes de dioxyde de carbone avec le Mondial 2022, alors que le Qatar est déjà le pays qui émet le plus de CO2 par habitant : 37 tonnes. La fédération internationale de football affirme que la Coupe du monde présentera un “bilan carbone neutre”, grâce à la “compensation carbone” et à des “fermes à gazon” temporaires implantées dans le désert. “La neutralité carbone du Mondial n’est tout simplement pas crédible,” observe l’ONG Carbon Market Watch. Il faut ouvrir les yeux.

Dans ce contexte, de nombreuses personnalités ont déjà appelé à boycotter la Coupe du monde 2022 : l’ancien président François Hollande, l’acteur Vincent Lindon, les anciens footballeurs Philipp Lahm et Eric Cantona. Des journalistes, comme ceux du Quotidien de la Réunion, refusent d’évoquer l’événement. Un collectif, Boycott Qatar 2022, s’est formé et a appelé, par une lettre adressée aux joueurs de l’équipe de France, à boycotter le Mondial 2022. Une prise de position d’un grand joueur pourrait faire bouger les choses plus rapidement. Mais en attendant, chacun de nous peut agir à son échelle et boycotter la Coupe du monde, en ne regardant aucun match. Enfin, seulement si la mort de 6500 personnes et le rejet de 3,6 millions de tonnes de CO2 nous préoccupent plus qu’un Mondial.

Aliosha Laruelle

Fakir, Libération, The Guardian, France 5, L’Équipe, Human Rights Watch, So Foot.

Guerre en Ukraine : les causes, les conséquences et les objectifs de Poutine.


Pour comprendre cette guerre !!!
Le 24 février 2022, la Russie commence à envahir l’Ukraine. Mais est-ce que la guerre n’aurait pas débutée plus tôt que cela ?
Les Origines de la guerre Russo-Ukrainienne.

La Une du Time.

En 1941, lorsque Hitler envahi l’URSS, certains Ukrainiens accueillent les Nazis comme des libérateurs, et collaborent activement avec eux car ils ont été maltraités par les soviétiques de nombreuses fois. Je citerai par exemple Holodomor (« famine » en ukrainien), une extermination par la faim causée volontairement par Staline en 1932-33, qui aurait tuée plus de 5 millions de personnes (soit 12% de la population de l’époque). Cette famine aurait eu pour but de prendre les terres des paysans Ukrainiens pour les collectiviser, après un refus de la part de ces derniers.

Poutine utilisera cet argument pour démontrer que d’après lui, les Ukrainiens sont un peuple de nazis gouvernés par des nazis, et qu’il faut y remédier avant qu’il ne soit trop tard. Lors de la dislocation de l’URSS en 1991, une partie de l’Ukraine pourtant regrettait de ne pas faire partie de la Russie. Vladimir Poutine voyant l’Ukraine se rapprocher de plus en plus des républiques occidentales et même vouloir rejoindre l’Otan, a vu cela comme un danger pour ses frontières, car il considère que d’avoir une frontière commune avec un pays membre de l’Otan est une menace pour lui ou pour ce qu’il entreprendrait de faire. En effet d’après ses actes, il nous laisse croire qu’il souhaiterait reformer l’Empire Russe tsariste, dont le territoire actuel de l’Ukraine faisait partie. Poutine semble penser que ce qui a autrefois constitué l’Empire Russe et l’URSS lui revient de droit.

Le commencement en 2014

Même si avant 2022 la guerre en Ukraine ne faisait pas trop parler d’elle, elle fût déclarée le 20 février 2014. Vladimir Poutine souhaitait reprendre possession du Donbass, qui a une place stratégique très importante pour lui car il y a le port de Marioupol, un carrefour de commerce très important pour l’Ukraine et pour les pays qui font affaires avec elle, notamment pour son huile de tournesol et son blé, dont le commerce mondial va manquer cette année : « Selon le FMI, l’invasion de l’Ukraine par la Russie affectera l’économie mondiale en ralentissant la croissance et en provoquant une hausse de l’inflation. ».
Poutine menaçait déjà l’Ukraine de prendre les armes contre elle si elle rejoignait l’Otan ; Il a même voulu s’appuyer sur l’aide des pays voisins en accusant les Ukrainiens de « Complots Néo-nazis ».
Depuis son offensive, qu’il refuse que l’on appelle « guerre », il se heurte à une résistance importante et étonnamment puissante de la part de l’Ukraine, et un bombardement médiatique de soutien envers l’Ukraine venant de tous les pays d’Europe. De nombreux pays comme la France, les Etats-Unis ou l’Allemagne ravitaillent l’Ukraine sans arrêt pour maximiser sa chance de repousser encore et toujours l’envahisseur.

Dessin de Chappatte

Ainsi Poutine, en voulant éviter que l’Ukraine rejoigne les pays de l’Ouest, a sans le vouloir, poussé les pays de l’Ouest, à rejoindre l’Ukraine. Reposant dans l’idée que son pays était le plus puissant, il a sous-estimé la puissance d’un pays envahi pour la seconde fois, prêt à tout pour ne pas revivre l’enfer qu’elle a vécu, et pour garer son indépendance !

Lucas Meyer

Athéna : une réalisation explosive pour un scénario qui ne casse pas des briques…

Le film Athéna, sorti le 23 septembre 2022 sur la plateforme de streaming Netflix, a été réalisé par Romain Gavras en collaboration avec Ladj Ly.
Ce film montre les affrontements entre les habitants de la cité imaginaire d’Athéna et la police, déclenchés par une bavure policière qui entraîne la mort d’Idir, un jeune adolescent. On suit donc ses trois frères, Karim, Abdel et Mokhtar. Mais tandis qu’Abdel souhaite régler les conflits sans violence, Karim dirige la révolte et Mokhtar, dealer, veut sauver sa peau et son argent.

Ladj Ly, réalisateur du film Les misérables (long métrage également centré sur une bavure policière), César du meilleur film, meilleure réalisation et meilleur film international en 2020, est producteur et coscénariste d’Athéna. On ne retrouve malheureusement pas dans Athéna des personnages aussi profonds que dans Les misérables. Il a été tourné dans la cité du Parc aux Lièvres à Évry-Courcouronnes et a coûté 35 millions d’euros. Il y avait chaque jour de tournage plus de 500 figurants, presque tous, habitants de cette même cité. C’est donc un film qui a nécessité des moyens colossaux .

Avec une musique martiale, des plans impressionnants et une caméra qui nous plonge au cœur de l’action, ce film est d’un point de vue esthétique une réussite. Malheureusement le scénario n’est pas au rendez-vous…

Au fur et à mesure de l’histoire, on perd la problématique : Qui a tué Idir ?, pour n’avoir que des scènes de violence, certes bien réalisées mais qui ne font en aucun cas avancer l’intrigue. Elle finit d’ailleurs par disparaître totalement. On finit presque par oublier le meurtre d’Idir. Au milieu du film, on découvre que les assassins ne seraient pas des policiers mais des activistes d’extrême droite voulant déclencher des conflits entre police et citoyens. Finalement, le film ne nous en apprend pas plus sur le sujet et on ne comprend pas en quoi cet élément ajoute quelque chose à l’histoire. Le réalisateur semble ne pas avoir voulu choisir de méchant pour son film, l’extrême droite devient alors seule responsable.

Les personnages perdent leur objectif au cours du film. Abdel qui, au départ, souhaitait résoudre sans violence les affrontements, change radicalement de méthode. Il prend le contrôle des opérations pour finalement se laisser exploser dans un immeuble.
Le scénario est vide et les personnages superficiels, sans aucune profondeur, on ne s’attache absolument pas à eux et leur mort n’est d’aucun effet. Tout n’est que caricature, la cité, les trois frères, les centaines de jeunes agressifs, ou encore Sébastien l’islamiste fiché S qui, au début semble innoffensif puis fait sauter un immeuble. Malheureusement, à l’exception des mères de familles que l’on voit pendant quelques secondes, et des deux ou trois actrices que l’on aperçoit très brièvement, tout au long du film, seuls des hommes sont présents, que ce soit du côté de la police ou des habitants. A croire qu’il n’y a que des hommes qui se battent pour l’ami ou le frère qu’ils ont perdu. Ce film n’est que violence et images stéréotypées sur les banlieues.
Le message que le film tente de faire passer est flou et inexistant.
Qu’est-ce que Romain Gavras veut faire comprendre au public ?
Mais, malgré de nombreux débats et commentaires négatifs, Athéna est resté pendant plusieurs jours après sa sortie, numéro 1 sur Netflix en France.

Alba et Lucie

Sources:

https://www.marianne.net/culture/cinema/athena-de-romain-gavras-la-banlieue-fantasmee-par-un-bourgeois

https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/cinema/banlieue-fantasmee-ou-fiction-realiste-le-film-athena-divise-les-habitants-des-cites-29-09-2022-JPOHDUQXOFHFLPY6NV5PJPBFOU.php

https://www.20minutes.fr/culture/4002748-20220928-athena-netflix-beau-chaud

https://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18714275.html

https://www.tf1info.fr/culture/athena-divise-mais-cartonne-sur-netflix-comment-romain-gavras-a-deja-reussi-son-pari-2233982.html

Poutine appelle à l’aide.

Une rencontre de haute importance

Photographie officielle du sommet de l’OCS

Faire front contre l’occident, voilà ce qu’aurait aimé conclure Vladimir Poutine après le sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) qui s’est déroulé les 15 et 16 septembre. Ce sommet qui réunit divers pays asiatiques afin d’établir des liens politiques et économiques était l’occasion parfaite pour le maître du Kremlin de sortir de l’isolement qu’il subit de la part des occidentaux. En effet, l’OCS rassemble un grand nombre d’acteurs importants pour la Russie, il y a d’un côté les pays déjà étroitement liés à elle comme le Kazakhstan ou encore l’Ouzbékistan où s’est tenue la rencontre. Mais il y a aussi des pays que l’on pourrait qualifier de “non alignés” que Poutine doit donc convaincre, comme l’Inde ou le Pakistan. Ces pays qui n’ont pas suivi les sanctions occidentales sans pour autant soutenir l’agression russe comportent des opportunités économiques très fortes pour la Russie, rien qu’à la vue de leurs démographies. Mais en réalité, la rencontre la plus importante a été celle avec Xi Jinping. Le dirigeant chinois qui souhaite assumer son rôle de “grande puissance” et menacer le leadership américain sait qu’il a besoin de la Russie qui est son premier fournisseur énergétique.

Une relation gagnant gagnant ?
Les deux parties ont en effet fort à jouer, d’un côté Vladimir Poutine, qui est obligé de mendier des armes à l’Iran et à la Corée du Nord, doit chercher l’appui d’un partenaire solide. Il espère donc obtenir de la Chine une augmentation de ses importations russes afin de combler le manque à gagner après l’arrêt des échanges commerciaux avec l’Occident, mais il souhaiterait aussi une augmentation des investissements chinois. Pour arriver à ses fins, Vladimir Poutine multiplie les mains tendues vers le dirigeant chinois, notamment sur le dossier taiwanais, le porte-parole du Kremlin avait d’ailleurs clamé sa solidarité envers la Chine à propos de ce dossier. Xi Jinping lui sait qu’il peut beaucoup gagner mais aussi beaucoup perdre. En effet, depuis le début de la guerre, la Chine profite que les occidentaux aient diminué ou arrêté l’importation d’hydrocarbures russes. L’empire du milieu peut alors en acheter à la Russie à un prix très bas et en revendre une partie à prix coûtant aux occidentaux. Cependant, Xi Jinping ne semble pas si motivé à l’idée d’aider la Russie, et cela se justifie par les nombreuses craintes qui planent sur l’économie chinoise. En effet, plusieurs crises se sont accumulées depuis l’été avec par exemple les importantes sécheresses qui ont fait souffrir l’agriculture chinoise et ont entraîné des risques sur l’approvisionnement énergétique en empêchant les centrales hydroélectriques de fonctionner. Il y a eu aussi la chute du géant immobilier Evergrande qui a déstabilisé l’économie chinoise depuis 2021. Mais aussi la politique zéro covid du gouvernement qui entraîne régulièrement le confinement de millions de chinois. Xi Jinping souhaite donc éviter de trop s’engager auprès de la Russie afin de ne pas définitivement fermer la porte occidentale et éviter des sanctions économiques de ces derniers.

Reste à savoir maintenant si dans les prochains mois d’une guerre qui s’annonce longue, la Chine soutiendra plus fortement la Russie replongeant le monde dans un système bipolaire. Ou si, préférant se concentrer sur sa croissance économique, Xi Jinping restera prudent sur cette question.

Paul Rayanaud et Armand Branchet

Sources:
Le parisien: Rencontre Poutine/Xi-Jinping
https://www.leparisien.fr/international/rencontre-poutine-xi-jinping-la-chine-prete-a-jouer-son-role-de-grande-puissance-15-09-2022-OGIBHUGOIBA3LEEZSFYJGWLSGY.php

France Info: Rencontre Poutine/Xi Jinping
https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/rencontre-xi-jinping-poutine-partenaire-economique-plus-qu-allie-politique-la-russie-est-surtout-un-embarras-pour-pekin-selon-un-specialiste_5362318.html

BFMTW: Relations Russo taïwanaise: https://www.bfmtv.com/international/asie/russie/taiwan-moscou-estime-que-la-chine-a-le-droit-de-prendre-des-mesures-pour-proteger-sa-souverainete_AD-202208020508.html

Wikipédia: Organisation de Coopération de Shanghai:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_coop%C3%A9ration_de_Shanghai

Le Monde: Rencontre Poutine/ Xi Jinping:
https://www.lemonde.fr/international/article/2022/09/15/vladimir-poutine-cherche-un-soutien-anti-occidental-aupres-de-xi-jinping_6141731_3210.html

Le monde: Confinements en chine:
https://www.lemonde.fr/international/article/2022/09/13/covid-19-des-dizaines-de-millions-de-personnes-restent-confinees-en-chine_6141391_3210.html

Le monde: Evergrande:
https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/22/evergrande-le-promoteur-chinois-endette-evite-un-defaut-de-paiement_6099474_3234.html

Le monde: Achat d’armes par la Russie:
https://www.lemonde.fr/international/article/2022/09/07/coree-du-nord-et-iran-pour-la-russie-pakistan-pour-l-ukraine-moscou-et-kiev-se-tournent-vers-des-fournisseurs-d-armes-inattendus_6140478_3210.html

Le monde: Sécheresses en Chine:
https://www.lemonde.fr/international/article/2022/08/19/en-chine-une-secheresse-sans-precedent-menace-la-croissance_6138446_3210.html

Que s’est-il passé ce week end avec Damso ?

Tout d’abord qui est Damso ?

Damso est un rappeur auteur-compositeur-interprète belgo-congolais. Connu pour avoir écrit 4 albums avec des sons qui sont considérés comme « des classiques du rap francophone » comme la musique « Macarena » du projet « Ipséité ». Il est également connu pour sa vulgarité qu’il emploie dans certaines chansons.

Capture d’écran

Quelles sont les actualités du moment de Damso ?
Après une longue période d’absence Damso revient sur le devant de scène avec l’annonce d’une tournée dans toute la France dont 4 concerts très attendus à Paris. Damso ira ensuite en Belgique et en Suisse. Il réalise aussi des featuring donc des collaborations avec Selah Sue avec la musique « Wanted You to Know ». Ce featuring prouve la notoriété désormais internationale de rappeur. Également il a récemment collaboré avec 2 artistes Français (Gazo et Kalash). A cette occasion, le son « Malpolis » de Kalash et Damso va avoir un fort écho dans le milieu. En effet, ils annoncent par un coup de communication très créatif. Dans l’après-midi du jeudi 22 septembre 2022 un numéro de téléphone a été dévoilé dans les story Instagram des 2 rappeurs. Celui-ci menait à une message pré enregistré qui dévoilait une partie de la musique en exclusivité. Quelques heures après l’appel, le numéro de téléphone envoyait un lien qui renvoyait vers un site internet avec un compte à rebours qui se finissait le vendredi 23 septembre à 12h avec une adresse dans le 11ème arrondissement de Paris. La « surprise » (terme employé par les deux rappeurs pour s’exprimer par rapport à cet événement) était donc l’ouverture d’un magasin dans Paris de la marque « Malpolis ». Cet événement a réuni des centaines de personnes qui ont eu l’opportunité d’acheter des vêtements, casquettes, vinyles, etc en avant-première. L’annonce de concerts gratuits a également été évoqué dans sa story Instagram.

Damso : le grand retour ?
Malgré l’inactivité de Damso ces dernières années, son public continue de montrer son soutien comme l’événement de la billetterie de la fameuse salle de concert Accor Arena à Paris, (Bercy) dont les 4 dates de concerts 14/15/16/17 décembre ont été vendus en moins de 15 minutes avec saturation de plusieurs sites de ventes et une file d’attente historique. Si on prend en compte que l’Accor Arena peut accueillir 20 000 personnes, on peut dire que Damso reste encore aujourd’hui l’un des meilleurs rappeurs francophones les plus influents qui ne cesse d’impressionner son public toujours aussi nombreux.

Ethan CALVET

Le chaos dans les transports en commun…

Pour aller au travail ou à l’école, certains ont la chance d’habiter à proximité et viennent à pied. Mais la plupart utilisent les transports en communs. Vous l’avez sans doute remarqué, cette rentrée est particulièrement chaotique. Attente interminable à l’arrêt de bus, RER bondés et peu fréquents, nous avons tous l’habitude des incidents divers et variés mais cette année nous semble plus complexe que cela. Que se passe-t-il ?
Les transports en communs sont soumis à des aléas plus fréquents car la rentrée signifie la reprise du travail et de l’école pour certains. Il y a donc plus de personnes qui utilisent les services de transport en communs et donc plus de soucis dans les voies et routes.
De nombreux incidents sont déclarés chaque jour et cela concerne tout particulièrement les RER et métros. Cela peut être dû à la météo, des bagages abandonnés, des accidents de toutes sortes… les manifestations peuvent également perturber les bus.

A ces événements imprévisibles s’ajoutent d’autres facteurs cette année.
Les témoignages s’accumulent sur le temps d’attentes annoncés que l’on ne connaissait qu’en temps de grève. La colère est exprimée par des centaines de voyageurs alors qu’en même temps on annonce une augmentation assez conséquente du prix du pass Navigo car l’énergie coûte de plus en plus cher.
C’est un paradoxe : pour abandonner la voiture consommer moins d’énergie et marcher plus, il faut des modes de transports collectifs efficaces, ce qui n’est pas le cas des transports publics parisiens qui sont en effet défaillants alors que leur prix va augmenter très fortement dans les mois suivants.
La RATP évoque un manque de conducteurs, mais également des problèmes de recrutement. Les syndicats eux parlent d’une politique de réduction d’effectif commencée en 2020 et des horaires qui rendent le métier beaucoup moins attractif.
Les quelques conducteurs restants se font insulter par des passagers en colère. Les transports en communs sont indispensables, surtout dans cette période post-covid où il est dur de reprendre d’abandonner le travail à distance.
Espérons que la situation s’améliore très rapidement.

Clémence Dangeville

Une contre-offensive qui changera peut-être le cours de la guerre.


Une simple défaite, ou les prémices d’une déroute ?
Après une invasion éclair des troupes russes de l’Ukraine allant même jusqu’au frontières de Kiev, et une occupation du nord-est de l’Ukraine depuis plus de 6 mois, le 29 août dernier l’armée ukrainienne a opéré une contre-offensive spectaculaire. Celle-ci lui a non-seulement permis de replanter ses drapeaux jaune et bleu dans le nord-est de l’Ukraine, mais aussi de changer la dynamique de la guerre.
Cet assaut a démontré un inversement des tendances. L’armée russe, qui paraissait mieux équipée et plus nombreuse, c’est avérée être dépassée par une armée ukrainienne non-seulement sur-équipée par les occidentaux, mais également sur-motivée pour la reprise de leur territoire. En effet, l’aide militaire conséquente des États-Unis, fait la différence sur le terrain et va jouer un rôle décisif.

L’offensive qui s’est concentrée sur les villes de Kharkiv et de Izioum a permis a reprise de quinze kilomètres en deux jours et surtout aura supprimé les bases arrières logistiques russes.
Les opérations ont été préparées minutieusement : la contre-offensive a été conçue sur deux points principaux, en direction de l’oblast de Kharkiv, dans le nord-est, et dans celui de Kherson, dans le sud.
Dans la zone de Kharkiv six jours auront suffi, du 6 au 11 septembre, pour que l’armée ukrainienne repousse les russes. D’autres forces spéciales ont avancé en direction de Koupiansk, ce qui va couper l’une des principales routes d’approvisionnement des russes au nord du Donbass.
Avec cet assaut éclair, le moral a changé de camp. D’un côté l’armée ukrainienne a montré une
détermination et une coordination sans faille ; de l’autre nous avons vu une armée russe vulnérable et en déroute.
« C’est un moment très émotionnel » lorsque Volodymyr Zelensky a visité ces territoires libérés peu de jours après leur reprise. Nous ne savons pas si cette reconquête de territoire sera pérenne compte-tenu de la récente mobilisation de 300 000 réservistes par Vladimir Poutine. L’armée russe connaît en effet des difficultés avec un sous-effectif de soldats, suite aux déstabilisations survenues suite à cette opération éclair.
Cependant une chose est sûre, aujourd’hui l’armée ukrainienne avance. Son président confirme d’ailleurs que l’ensemble des ukrainiens vont dans une seule direction : « En avant et vers la victoire. »

Julie Abry

Sources :
Le Monde, Wikipédia
Image : pixabay

Inondation au Pakistan : « Un carnage climatique ».

« J’ai vu de nombreux désastres humanitaires dans le monde mais je n’ai jamais vu de carnage climatique de cette ampleur » déclare le secrétaire générale des Nations Unis, Antonio Guterres en visite au Pakistan.

Photographie libre de droit

Depuis le mois d’août, le Pakistan est victime de violentes précipitations provoquant des inondations. Auparavant le pays avait subi des vagues de sécheresse inhabituelle pendant le printemps, puis de fortes averses ont touché le pays. Elles ont tué plus de 1400 personnes et ont noyé un tiers de la surface du pays. Deux tiers des surfaces submergées sont des terres agricoles et des centaines de villages ont disparu ainsi que de nombreuses infrastructures (ponts, routes,…).
Ces précipitations ont causé des pertes économiques énormes. D’après le Pouvoir central, les destructions du pays vaudraient au moins 18 milliards de dollar, soit 5% du PIB, mais, selon l’Organisation des Nations Unies, le montant temporaire atteindrait plus de 30 milliards de dollar.
Le WWA, organisme international destiné à analyser l’influence du changement climatique sur les phénomènes météorologiques extrêmes, annonce que le climat augmenté de 1,2°c par l’activité humaine à accentuer l’intensité des précipitations dans les provinces du Sindh et du Baloutchistan.

Kenza Faradji

Sources : Le Figaro, L’express, Le Monde, Franceinfo

Une guerre sans fin…

Les hostilités ont repris…

Le 13 septembre des tirs à la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont frappé plusieurs localités sur le territoire arménien. Depuis plus d’une semaine, l’affrontement a commencé et l’Azerbaïdjan mène une offensive meurtrière. L’Arménie déclare plus de 200 morts parmi les soldats et l’Azerbaïdjan annonce 79 militaires tués. Face à cela, l’Union européenne appelle un arrêt des hostilités entre les deux pays.

Mais pourquoi cette guerre ?
Ce qui s’est passé en mi-septembre n’est pas le premier conflit Azerbaïdjan/Arménie. Le 27 septembre 2020, des échanges de tirs se sont aussi produit au Haut-Karabakh, une république autoproclamée du Caucase. C’est un territoire montagneux disputé par les deux pays principalement peuplés d’arméniens.
Tout cela débute en 1920 lorsque Staline, à la tête des URSS, décide de rattacher la région du Haut-Karabakh dont la population est essentiellement arménienne chrétienne à l’Azerbaïdjan où la population y est en grande partie musulmane chiite. Cela dure 70 ans car, en 1988, les dirigeants du Karabakh décident d’une rupture avec l’Azerbaïdjan et votent pour attacher la région avec l’Arménie. Cela déclenche de nombreuses offensives entre les deux pays. Ainsi, en 1991, après la chute de l’URSS, le Haut-Karabakh déclare son indépendance. De là, une guerre commence pendant 3 ans et engendrera de nombreux morts et réfugiés.

La guerre russo-ukrainienne empêche actuellement d’entrevoir la fin de ce conflit récurrent.

Kenza Faradji

Sources : https://information.tv5monde.com/info/haut-karabakh-pourquoi-l-armenie-et-l-azerbaidjan-se-disputent-ils-cette-region-378318
-Le Monde

La Russie tente de reprendre la main.

Mobilisation Partielle Russe

Direction l’étranger ou le front ?

“ Le décret sur la mobilisation partielle est signé et entrera en vigueur aujourd’hui”. Voilà ce qu’a déclaré Vladimir Poutine le 21 Septembre lors d’une allocution, “Nous ne parlons que de mobilisation partielle”, a-t-il souligné. Cette mobilisation partielle a de lourdes conséquences pour le peuple russe car elle concerne 300.000 réservistes russes soit à peine: “1,1% des ressources mobilisables”. Mais un problème est survenu, sur les réseaux sociaux : les russes ont rapporté des cas de mobilisation de personnes âgées, d’étudiants, de malades ou d’appelés sans expérience militaire. La mobilisation a aussi déclenché des manifestations et une fuite de milliers d’hommes à l’étranger, quelque 260.000 Russes auraient déjà fui le pays. Alors que la rumeur annonce une fermeture rapide des frontières, les scènes de panique se multiplient près de la Géorgie, l’une des principales portes de sortie vers le sud. Les queues s’étendent. Et l’armée se préparerait à y improviser des points de mobilisation pour enrôler les fuyards. Sur les réseaux sociaux proches du pouvoir, ces déserteurs sont qualifiés de « souris » à attraper. La Turquie, l’une des principales destinations de nombreux Russes qui fuient, car la Turquie est l’un des rares pays à proposer encore des vols en provenance de la Russie. Et il ne leur réclame pas de visa, facilitant les voyages de dernière minute. Belgrade aussi est une destination privilégiée par les Russes. « Cette mobilisation suscite beaucoup d’interrogations. Il faut corriger toutes les erreurs et faire en sorte qu’elles ne se reproduisent plus », voilà ce qu’a déclaré le président Russe à son conseil de sécurité. Une question se pose donc pour tous les Russes: aller au front se battre pour sa patrie et mettre sa vie en jeu ou bien partir du pays pour la sauver?

Lionel et Lou Lewis

Sources: Les Echos, Euro News, L’OBS, Le Parisien et Le Monde.