Une Bombe au Brésil…le retour de Lula.

Lula Da Silva

Après un an et demi d’emprisonnement, d’avril 2018 à novembre 2019 Luis Inacio Lula Da Silva, ex-président du Brésil de 2003 à 2010 sort de prison. A sa libération, il est accueilli par une foule gigantesque de militants de gauche devant la prison de Curitiba, dans le sud du pays. Ces derniers ont gardé confiance en lui et espèrent qu’il pourra retrouver une place dans le milieu politique. Il y a environ une semaine le juge Edson Fachin lui rend son droit à l’éligibilité ; ce qui à l’effet d’une bombe sur le pays. Evidemment, très vite après ces manifestations de joie et d’approbation, des interrogations vont surgir de part et d’autre pour dénoncer cette décision de justice. En effet, personne n’a oublié les cas litigieux qui l’ont amené à être condamné.

Sergio Moro

Pour comprendre cette affaire, il faut remonter en 2014 lors de « Lavo Jato », une crise politique, causée par d’énormes scandales de corruption, de blanchiment d’argent, d’abus de biens publics, où ont été impliquées de nombreuses figures politiques. On compte 8 ministres du gouvernement, 29 députés, 42 sénateurs, 3 présidents : Dilma Roussef, alors à la tête du gouvernant et deux anciens chefs d’état Luiz Inacio Lula da Silva et Fernando Henrique Cardoso. Le Juge, Sergio Moro apparait sur le devant de la scène publique par son rôle dans la condamnation de chaque accusé. En 2016, le scandale provoque la destitution de la présidente et l’émergence de Jair Bolsonaro qui manœuvre pour se frayer un chemin afin de la remplacer.

L’opération « Lava Jato » ou « scandale Petrobras » est une enquête de la police fédérale du Brésil qui a commencé en mars 2014, concernant une affaire de corruption et de blanchiment d’argent.  Cette lutte anti-corruption a été menée par le juge Sergio Moro et inclut des commissions pour des personnalités politiques de toutes affiliations en échange de leur implication dans des contrats publics surfacturés. Elle mettait en cause d’une part, les sociétés publiques Petrobras (pétrolière) et Odebrecht et, d’autre part, le parti Progressiste (droite), le parti Mouvement démocratique brésilien (centre) et le Parti des travailleurs (gauche). L’affaire concernerait un volume de près de 3,5 milliards de dollars. Scandale de corruption d’ampleur inédite.

De son côté, Lula Da Silva est condamné en 2018 seulement, toujours par le juge Moro qui prononce son emprisonnement à 12 ans et la perte de son droit d’éligibilité. Ce dernier s’est servi de son implication dans la Lava Jato aggravée d’un don d’appartement et de pots de vins très importants pour un total de 3,7 millions de reals.

Tout un chacun s’interroge sur les justifications qui ont permis la libération de Lula Da Silva. En mars 2021, Edson Fachin, annule les condamnations visant Lula, estimant que le tribunal de Curitiba n’était pas compétent pour juger les affaires le concernant. Elles seront renvoyées devant un tribunal fédéral de Brasilia. En effet depuis l’accession de Moro en janvier 2019 au ministère de la justice auprès de Bolsonaro, sa partialité est remise en cause. D’ailleurs on remarque que l’ex président brésilien est libéré dans la même année. On parle alors d’acharnement judiciaire. Il faut noter la condamnation n’est pas supprimée mais sera de nouveau jugée à Brasilia.

Fachin Edson

Par le biais de cette libération, le juge Fachin ose affronter Bolsonaro tout en protégeant son collègue Moro au nom de la bonne réputation de la justice. Effectivement, après avoir travaillé pendant un an avec l’extrême droite, Moro victime de pressions décide de démissionner. Son image est donc ternie et en annulant les condamnations de Lula, Fachin met aussi fin à toute une série de procédures entamées contre son collègue.

De plus, cette décision permet d’avoir un adversaire valable face à Bolsonaro pour les prochaines élections présidentielles. En effet depuis ces dernières années le candidat d’extrême droite n’a cessé de s’attaquer au Tribunal suprême.

On peut s’attendre prochainement à un climat passionnel et mouvementé car il faudra compter avec les partisans de chaque bord. De plus qu’en sera-t-il du comportement de l’armée si advient la défaite de Bolsonaro ?

Sources :

https://www.lefigaro.fr ; https://www.lemonde.fr ; https://fr.wikipedia.org

Valentin Brogi.

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