LE SPORT S’IMPOSE DANS LE COMBAT.

Rencontre interrompue :

Le mardi 08/12, lors d’une rencontre PSG-Basaksehir, le quatrième arbitre utilise des propos racistes qui suscitent l’indignation chez les joueurs. L’arbitre en question est un roumain du nom de Sebastian Coltescu. Pour expulser l’un des joueurs pendant le match, il emploie pour le décrire le n-word. Le n-word étant un ancien terme utilisé du temps de l’esclavage, pour parler d’une personne noire. Ce mot est extrêmement péjoratif et tabou. C’est pour cela qu’il ne sera pas écrit dans cet article.

Un joueur du club turc du nom de Demba Ba, a entendu ce mot et s’en prend directement à l’arbitre en lui demandant de justifier ses propos racistes :  « Quand vous parlez d’un homme blanc, vous dîtes « cet homme » pas « cet homme blanc ». Alors pourquoi le faîtes-vous avec un homme noir ? »

A la suite de ces paroles, le joueur quitte le terrain. Il est suivi d’une cinquantaine de joueurs et d’accompagnants, tous indignés. Cet élan provoque alors la fin du match. Le match de la Ligue des Champions à ensuite repris le lendemain. Cependant, pendant l’échauffement, les joueurs des deux équipes sont arrivés vêtus du même t-shirt blanc avec inscrit « No to racism ». De plus, au moment de l’hymne, les joueurs et arbitres ont posé un genou au sol et ont levé le poing. Ce sont deux gestes symboliques du mouvement Black Lives Matter. La rencontre au Parc des Princes s’est certes terminée avec un score de 5-1 en faveur du PSG, mais ces initiatives ont frappé le monde du sport, montrant l’implication des joueurs ainsi que des arbitres dans la lutte contre le racisme.

Apparition de ces symboles :

Lors des jeux olympiques de 1968 au Mexique, les sprinteurs américains John Carlos et Tommie Smith, médaillés d’or et de bronze, lèvent leurs poings gantés et baissent la tête sur le podium pendant l’hymne national. Ce geste, qui symbolise le soutien aux Afro-Américains, victime de discrimination, leur a valu une carrière brisée car il a été interprété comme une insulte à la Nation. Ils ont été exclus à vie de l’équipe américaine, ont reçu des menaces de mort aux Etats-Unis, ils sont devenus des parias (personnes rejetées, exclues)… Cependant, des années plus tard, en 2016, Barack Obama les recevra à la Maison Blanche. Leurs noms ont été introduits au Hall Of Fame du comité olympique et paralympique, ce qui leur a permis de devenir des légendes du sport.

En 2016, le quaterpack (poste offensif du football américain) Colin Kaepernick pose un genou à terre pendant l’hymne américain pour dénoncer les nombreuses bavures racistes. Notamment celle de Michael Brown, un afro-américain de 18 ans qui a été abattu par six coups de feu tirés par Darren Wilson, policier à Ferguson dans le Missouri. Michael n’était pas armé pendant les faits qui ont eu lieu en 2014. Le joueur C.Kaepernick explique son acte : « Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les noirs»

Ce genou à terre a pris une nouvelle ampleur cette année car il fait écho à la mort de Georges Floyd le 25 mai 2020. Cette mort brutale qui va ensuite créer une vague de protestations très importantes dans le monde mais notamment aux Etats-Unis.

Les sportifs s’engagent :

Ces gestes symboliques n’ont pas été aperçus seulement mardi soir. Nous pouvons constater des images de sportifs le genou à terre dans d’autres domaines comme lors du Grand Prix de Turquie (novembre 2020), le match Manchester-Porto (octobre 2020)… Cependant, cette initiative a été accueillie sous les huées des supporters pendant la rencontre entre Millwall et Derby Country en Angleterre. L’action a duré seulement quelques secondes mais elle démontre un symbole de racisme qui persiste dans le monde du football au Royaume-Uni. Certains joueurs, dans l’incompréhension, s’exprime, tel l’attaquant Wayne Rooney : « Nous étions conscients de la possibilité que certains soient mécontents lors de l’action, mais rien ne nous a préparé à ce que nous avons entendu »

La fin du contrat :

Dans l’engagement de la lutte contre les discrimintations, le footballeur français Antoine Griezmann s’est exprimé plus d’une fois. Il prend de plus en plus la parole sur les réseaux. Après l’attaque du producteur de musique Michel, ce dernier a retweeté les images de Loopsider en écrivant « J’ai mal à ma France ». De plus, le français a décidé de mettre fin à son contrat avec la marque de téléphone Huawei. En effet, la marque serait impliquée dans la surveillance des ouïghours, une minorité musulmane, présente en Chine et plus particulièrement dans la province de Xinjiang, située au Nord-Est du pays, où ils sont internés dans des camps de rééducation politique et persécutés par le gouvernement chinois. Antoine Griezmann affirme :

« Suite à de forts soupçons selon lesquels Huawei a contribué au développement d’une « alerte ouïghours » grâce à l’utilisation d’un logiciel de reconnaissance faciale, je mets immédiatement fin à mon partenariat avec la société »

Sources :

Loopsider

https://reader.cafeyn.co/fr/1900822/21670810

https://www.franceinter.fr/emissions/esprit-sport/esprit-sport-12-novembre-2019

https://fr.wikipedia.org/wiki/Quarterback

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Michael_Brown

https://www.leparisien.fr/international/ouighours-en-chine-cinq-minutes-pour-comprendre-le-sort-de-cette-minorite-29-11-2019-8205228.php

Ella Léger

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