Les nouveaux manipulateurs: les réseaux sociaux…

Les nouveaux manipulateurs de l’opinion publique

Aujourd’hui les élèves de la classe médias se penchent sur les nouveaux manipulateurs de l’opinion publique. En effet, les réseaux sociaux offrent pour la plupart des citoyens une plateforme numérique pour s’exprimer, dénoncer et développer des idées personnelles. Des individus ont compris très vite que cet outils pouvait, en l’utilisant de façon biaisé, diffuser de fausses informations et induire en erreur les citoyens. Ce sont les nouveaux manipulateurs. Trois élèves ont réfléchi et écrit sur ce thème après avoir visionné en classe, le documentaire diffusé sur Arte Propagande : les nouveaux manipulateurs réalisé par Alexandra Jousset, Philippe Lagnier.

A vous maintenant de lire leurs textes.

Aujourd’hui, à l’heure du numérique et des réseaux sociaux, les populistes atteignent des pics de popularité incroyable. La vision politique du populisme consiste à jouer sur les émotions, inciter à la haine, trouver un ennemi commun. Le populiste manipule les consciences, modifie la réalité, et savoure ensuite la joie d’être l’homme le plus important du pays. De grandes démocraties comme les Etats-Unis, le Brésil, l’Italie, l’Inde, la Hongrie, la Pologne, la Turquie, et même la France, avec Eric Z..
Quelles sont les raisons de leur réussite ? Comment s’y prennent-ils ? Qui sont derrière eux ?
Et enfin, sommes-nous tous protégés des populistes dans nos démocraties européennes ?
Pour y répondre, il faut définir le populisme, comprendre les personnes qui sont derrière ce système, et analyser leurs méthodes.

Quatre démocraties très importantes dans le monde ont été frappées par ce phénomène, et les populistes ont pris le pouvoir : aux Etats-Unis, où Donald Trump a été élu président, au Brésil, où Bolsonaro s’est fait élire également, en Inde, où Narendra Modi a été élu Premier Ministre 2 fois, et, en Italie, où Matteo Salvini a été choisi comme vice premier-ministre d’un gouvernement de coalition. Derrière eux, des mathématiciens, informaticiens, sondeurs d’opinions, experts en big data, qui utilisent des données personnelles de la population, pour créer des algorithmes pour manipuler les citoyens. Ils ont rapporté en politique la logique des grandes plateformes internet, pour contrôler la population, pour faire de la propagande. Ils exploitent les émotions positives ou négatives, utilisent la colère de la majorité envers la minorité. Ils peuvent faire une analyse en direct des sentiments grâce aux réseaux sociaux, ce qui est une grande avancée, par rapport aux sondages, qui prennent plusieurs jours à être effectués, ce qui est parfois trop.
Ils achètent ou volent nos données personnelles. Ils infiltrent les réseaux sociaux, les groupes familiaux, d’amis et de loisirs. Ils sont les Ingénieurs du Chaos.

Tout commence en Inde, laboratoire d’essai des populistes, où les méthodes sont testées, puis reprises par d’autres populistes dans d’autres pays, avec le président Narendra Modi. Ce vieil homme à l’allure de savant, est en réalité un populiste expérimenté. Ce Machiavel moderne est le seul pour l’instant à avoir trouvé la parade ultime contre la justice, pour pouvoir répandre ses propos à tous les citoyens, leur parler directement, sans l’utilisation d’un réseau social traditionnel. Il a créé son propre réseau social : NaMo. Même s’il peut être condamné à arrêter sa diffusion par la justice, NaMo pourra toujours circuler sur le deepweb, et sera toujours accessible à tous. Modi a eu l’idée de génie que personne n’a jamais eu : faire une propagande individualisée, où les messages changent selon les opinions et les intérêts des personnes.
Il a créé plusieurs millions de groupes d’opinions, de loisirs, où chacun peut discuter librement.
L’année dernière, ils en ont créé pas moins de 1000. Ces groupes-là ne sont identifiés ni au parti, ni à une idéologie, mais seulement à des centres d’intérêt. Et en fonction des groupes, des messages différents sont répandus. Et dernière précision, non pas des moindres : les groupes sont faits tels qu’une personne ne peut pas se retrouver dans deux groupes différents où le discours est contraire. Seuls les musulmans ne sont pas ciblés, ce sont les ennemis jurés des Indiens, il faut les tuer, d’ailleurs de nombreuses vidéos de lynchages de Musulmans circulent sur NaMo. Pour cela, Modi s’aide de grands conseils, dans différentes régions, où des chercheurs et manipulateurs travaillent. Ils créent des algorithmes, de plus en plus détaillés, pour ranger la population dans des cases. Ils essaient d’obtenir toutes les informations possibles sur les citoyens : les données personnelles ne sont pas protégées en Inde, et elles peuvent être obtenues gratuitement ou à coût extrêmement faible. Ces algorithmes permettront-ils à Modi et ses conseillers de diriger éternellement le pays ? Il faudrait qu’il y ait un contre pouvoir, qui modère ses propos sur les réseaux, mais le seul modérateur sur NaMo, c’est lui-même. Sur le réseau social, on peut y retrouver des discours en direct, des idées intellectuelles, ou encore même un service de messagerie qui permet d’écrire directement au président, en espérant recevoir une réponse. L’éclair de génie qu’a eu Modi s’appelle le micro-ciblage, concept bien connu des publicitaires. Il a même, pour arriver à sa tâche, fait travaillé 0,007% de la population, volontairement, rien que dans le cabinet de la propagande numérique du NPJ, parti don Modi est leader. L’autre moyen de communication de Modi ?

Facebook: l’Inde est le pays où Facebook compte le plus d’utilisateurs. Et Modi a bien compris que l’Inde était un pays économiquement indispensable pour Facebook. Facebook investit de l’argent dans la branche Inde, plus de 6 milliards en 2019, et pour investir, il faut de bonnes relations avec les dirigeants. Modi l’exploite et impose à Facebook son idéologie, non modérée.
Si Facebook bannissait Modi, celui-ci serait hostile, et Facebook perdrait beaucoup d’argent.
Modi est donc devenu le Big Boss en Inde, et personne, à part peut-être une intervention internationale, peut lutter contre sa domination. Sa domination sera-t-elle éternelle ou un changement majeur interviendra ? Peut-on encore qualifier l’Inde de démocratie, à l’époque où les esprits sont endoctrinés, et n’ont pas de sens critique ? Y aura-t-il un génocide des Musulmans d’Inde, plus amplifié que les nombreux lynchages à l’heure actuelle. Ce sont des questions qui trouveront une réponse dans les années qui viennent, mais seront-elles positives ou négatives ? Et dans d’autres pays ?

Où il faut diffuser un message qui plaise à la majorité, où le micro-ciblage n’est pas possible pour le moment. Comment les ingénieurs du chaos s’y prennent-ils pour faire de leur candidat la personne la plus populaire ?
Au Brésil, le président Jair Bolsonaro a essayé de copier le micro-ciblage de Modi.
Mais il a rencontré un obstacle : les données sont protégées. Alors, comment s’y prendre ?
Il faut soustraire des informations, les voler. Bolsonaro, avec l’aide du « Cabinet de la Haine », nom donné à l’organisation politico-criminelle de ses trois fils, a embauché des milliers de hackers, qui essaient de trouver la moindre faille dans les réseaux, pour soutirer des données.
Les réseaux essaient de boucher ces failles au plus vite, les hackers doivent donc être les plus rapides possibles. C’est le jeu du chat et de la souris.
Ils ont même créé des antennes portatives, qui entrent dans un sac à dos, qui volent les informations des personnes aux alentours. Avec plus de 130 millions d’utilisateurs, Whatsapp est le moyen de communication favori des Brésiliens. Le Cabinet de la Haine a vite saisi que cette plateforme était idéale pour la propagande : elle est cryptée.
Le Cabinet de la Haine a créé des groupes Whatsapp, où les Brésiliens sont répartis selon leurs convictions. Bolsonaro a également réussi à infiltrer les groupes d’amis ou familiaux de Whatsapp. Ils sont organisés de façon pyramidale : en bas sont les Brésiliens normaux, au milieu sont les influenceurs, qui relaient les informations de propagande aux amis/à la famille, et en haut est le Cabinet de la Haine, qui crée l’information, et qui modifient les groupes Whatsapp.
Avant 2018, Bolsonaro était inconnu.
Durant la campagne de 2018 sa popularité a augmenté énormément, jusqu’à devenir Président.
Sa stratégie de campagne : infiltrer des personnes mal-intentionnées dans des groupes d’amis, de famille, et diffuser des fake news.
Dans ces groupes, chacun se fait confiance. La propagande y est donc beaucoup plus facile.
Une même information diffusée dans un journal un sur un de ces groupes a beaucoup plus de chances d’être acceptée par les membres du groupe que par les lecteurs du journal.
Le Cabinet de la Haine est composé de Carlos, Eduardo et Flavio Bolsonaro.
Le premier est un nostalgique de la dictature militaire, le seconde fan d’armes et de Steve Bannon, l’éminent conseiller de Trump qui l’a propulsé à la victoire, et le dernier est soupçonné d’être un mafieux.
Qu’est-ce qui peut être mieux que des criminels pour diffuser des fausses informations, qui sont souvent condamnables en justice ?
Les influenceurs.
Jair Bolsonaro publie régulièrement un livre d’influenceurs qui « disent la vérité ». Ce sont des membres de son entourage, actifs sur Twitter, Facebook et Youtube. Twitter est utilisé pour de la « hot news », pour utiliser les émotions. Facebook pour des idées intellectuelles.
Et YouTube, cadrer, diriger et influencer le débat.
Une journaliste du journal de Sao Paolo, a dévoilé la technique qu’utilisait le Cabinet de la Haine :

  • récolter de l’argent auprès de riches Brésiliens pour acheter des messages automatisés contre le Parti de l’opposition, le Parti des Travailleurs.
  • diffuser sur les réseaux sociaux des fausses informations , sur généralement des femmes, pour les rabaisser, et que leur parole n’ait plus d’importance
  • les faire diffuser sur les groupes Whatsapp familiaux et d’amis.
    Après cette enquête, la journaliste a immédiatement été cible de mêmes pornographiques, disant qu’elle a offert du sexe à l’entourage de Bolsonaro, pour obtenir des informations contre lui.
  • Tout comme la conseillère de Bolsonaro qui a refusé de défendre son fils dans une affaire de corruption : elle a ensuite été rabaissée au rang de « Peppa » (référence à Peppa Pig), avec des mêmes d’elle grosse…
    Bolsonaro utilise généralement des propos sexistes et mysogines.
    Le Brésil est polarisé, et Bolsonaro a surfé sur cette occasion : il a choqué les gens, il est rentré dans leur mémoire, et puis a été élu.
    Il a compris que l’information se retient soit si elle est choquante, soit si elle est répétée régulièrement.
    Le Brésil s’oriente-t-il vers le système indien, ou l’opposition réussira à rétablir la vérité, en utilisant n’importe quel moyen ?

Le populisme numérique ne marche pas seulement en dehors du Vieux Continent. Aucun territoire n’est épargné.
En Italie, Matteo Salvini, grâce à l’aide de Lucas Morisi s’est fait nommer vice-premier ministre d’un gouvernement de coalition. Cet homme, au départ ultra-nationaliste et séparatiste a changé sa vision, pour l’étendre à toute l’Italie. Avant de rencontrer Morisi, Salvini était le chef du parti la Ligue du Nord, parti très séparatiste. Il avait comme ennemi les Italiens du Sud.
Puis, Salvini a rencontré Morisi, et ce dernier lui a conseillé de s’attaquer à toute l’Italie.
Il a donc dû changer d’idéologie : l’ennemi commun devenait les migrants et les noirs.
Morisi a conseillé à Salvini d’utiliser Facebook, et non Twitter.
Facebook s’adresse à tout le monde tandis que Twitter est plus pour la classe professionnelle.
Lucas Morisi est le Machiavel moderne du numérique. Ce docteur en philosophie, a réussi à dompter l’Italie. Morisi a choisi une des deux méthodes qu’utilise Salvini pour diffuser des messages : marteler, marteler et marteler tout le temps la même chose, jusqu’à que ce ne soit plus contestable. Sur les conseils de son Machiavel, sur les réseaux, il s’est montré accessible et commun (il a des goûts « normaux », pas de luxe). Il a fait parler de lui en bien et en mal, ce qui est la technique ultime des populistes pour faire un bond de popularité quand on est inconnu.
Morisi a compris l’intérêt des réseaux sociaux : c’est un sondage permanent, où on voit le résultat de nos discours instantanément.
Ses ingénieurs du chaos collectent des données sur la population grâce aux mots clés des réseaux, et grâce à cela, Salvini peut jouer sur les émotions.
Est-ce que Salvini continuera d’augmenter en popularité et finira-t-il Premier Ministre ?

Le voyage du populisme numérique se termine aux Etats-Unis. Là bas, Donald Trump a été élu, par une minorité(à cause du système), surtout des américains des petites villes d’Amérique, racistes, suprémacistes et nationalistes. Trump et son parti, les Républicains, ont changé la vérité. Avant son élection, Trump n’a jamais utilisé le mot fake news. Après, il l’employait pour désigner les médias qu’il n’aimait pas. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce sont ces médias qu’il qualifie de fake-news qui l’ont aidé à être élus, et ce sont eux aussi qui l’ont ensuite dénigré au vu de sa gestion. Twitter est le réseau parfait pour Trump. Limité en caractères, il permet à Trump d’être direct. Il indique aussi dans ses tweets l’émotion qu’il veut que ses lecteurs ressentent. Il publiait plus de 100 tweets par jour, avant de se faire bannir, suite à l’attaque du Capitole, le 6 janvier 2021. Il utilise des mots directs, qui incitent à une émotion autre point positif de Twitter pour lui : les informations contenant des « mauvaises émotions » sont plus rapidement relayées Trump a créé une vérité alternative aux médias traditionnels.
A cause de l’émergence des réseaux sociaux, plus de 1800 journaux locaux ont fait faillite en 5 ans. Trump en a profité et a créé ses propres « journaux locaux ». Des sites aux noms d’un État américain, qui diffusent tous les mêmes fake news.
Un journal local, sans aucun article local, et des titres trompeurs, qui manipulent l’américain.
Pourquoi utiliser des journaux ?
Contrairement aux réseaux sociaux, les gens pensent que les news sont toujours sûres.
Ces faux journaux locaux ont une popularité énorme, et le camp d’en face l’a bien compris.
Les Démocrates utilisent les mêmes armes que Trump. De nombreux journaux locaux, sans trop d’actualité locale. Mais contrairement au Grand Old Party, eux ne diffusent pas de fake news.
Les Démocrates pour leur « vraie propagande » ont un soutien important : Steven Spielberg ou le patron de Linkedin par exemple.
S’il y a 2 vérités pour un fait basique, cela va être difficile de vivre en société, les faits s’effacent devant les opinions. C’est pour cela que l’Amérique est divisée.
Trump en a profité. Il a radicalisé plus de 10 millions d’Américains, plus aptes à voter pour lui.

Mais pourquoi les plateformes ne modèrent-elles pas tous ces propos complotistes et radicaux ? Pourquoi ces plateformes dont l’objectif initial était d’augmenter les libertés individuelles sont devenues un instrument de pouvoir ? En France, Macron l’a bien compris, il est indispensable d’être actif sur Internet, pour que des figures populistes ne prennent pas le pouvoir. Avec la modération des réseaux sociaux, cela le serait moins.
Si un avion peut exploser, il ne volera pas. Alors pourquoi le thème de la sécurité n’est-il jamais abordé par ces réseaux sociaux ? Pour les faire changer, il faudra peut-être prendre une mesure radicale, comme les bannir du pays.
Quelle influence cela aura-t-il sur notre démocratie ?
Que de questions, aucune réponse. J’espère que ces questions trouveront une réponse dans les prochaines années. Pour en finir : Est-ce que toutes les démocraties finiront par sombrer dans le populisme ?

C. B. B.

Les réseaux sociaux au service des populistes

Les réseaux sociaux constituent un outil parfait pour les leaders populistes, leur permettant de pousser les gens à croire des messages de plus en plus extrêmes. Ce sont les nouveaux nationalistes de l’ère numérique, qui font monter la rage chez les utilisateurs de réseaux sociaux et leur impose de nouveaux ennemis tels que des politiques ou des journalistes. Le populisme désigne donc un discours contre le système et les représentants de celui-ci ; dans le documentaire il nous est montré qu’il passe maintenant par toutes ces plateformes que nous utilisons tous, tous les jours.

Mais en plus de ce populisme s’ajoute l’action des ingénieurs du chaos, ce travail effectué dans l’ombre dont personne ne doit en voir quoi que ce soit. Ce sont des informaticiens, des sondeurs ou encore des experts en big data qui viennent occuper le rôle de conseiller, qui importent en politique la logique des grandes plateformes numériques et qui exploitent toute colère et toute rage de la société. Le documentaire Arte s’est concentré sur certains pays tout autour du monde : les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde et l’Italie. Chacun d’eux possède son chef d’Etat ou son parti au pouvoir, mais aussi ses ingénieurs du chaos désignés comme les nouveaux manipulateurs qui exploitent les plateformes pour organiser leur propagande politique, qui s’infiltrent dans notre vie privée et qui s’emparent de nos données personnelles.

Aux Etats-Unis, lors de sa présidentielle, Donald Trump était un grand adepte de Tweeter : il en postait des dizaines par jours. Le témoignage d’un Américain a bien montré à quel point ces tweets sont devenus dangereux. Il en est devenu addict, et radical, jusqu’à dire des médias mondialistes qu’ils ont pour mission d’imposer une idéologie démocrate. Les tweets de Trump étaient parmi les plus extrêmes de la plateforme, allant jusqu’à donner rendez-vous aux Républicains américains en leur ordonnant presque de saisir le Capitole, ce qu’ils ont fait. Ces derniers osent dire qu’ils ne sont pas responsables des débordements qu’il y a eu mais que ce sont les médias qui le sont, une affirmation peu crédible. Toute cette histoire illustre bien le principe du populisme : d’abord on crée un ennemi, puis on joue de l’impulsivité et de la possibilité de propager vite et facilement des informations pour influencer les électeurs et les pousser à faire des actions. Par ailleurs, Tweeter, le réseau préféré de Donald Trump, est donc très dangereux puisqu’avec de simples mots il peut exprimer tout ce qu’il pense, faire part d’émotions négatives vis-à-vis des médias et toucher directement le grand public. Dans le même pays, des populistes profitent d’internet pour propager leurs idées. Par exemple, un Républicain possédant plusieurs sites internet les fait passer pour des journaux locaux afin d’être dignes de confiance. Mais ces sites ont l’apparence trompeuse, c’est finalement leur but : ils n’ont aucune vocation à informer, toutes les news qu’on y trouve concerne Trump ou le parti Républicain. Il en vient donc à propager de la désinformation et on y trouve souvent des fake news. Mais ce n’est pas seulement les Républicains qui font usage de sites dans ce genre : une tacticienne démocrate a lancé son groupe d’informations local, où les fake checkers n’ont jamais trouvé de fake news. Mais elle aussi fait partie de la guerre de l’information, qu’il faut gagner pour attirer le plus d’électeurs. Finalement, tout cela pose des difficultés pour avoir une société civilisée en confiance et divise tous les citoyens, même au sein des familles.

En Europe aussi les personnages politiques sont supervisés par des ingénieurs du chaos qui ont des stratégies bien précises. En Italie, le politique de droite Mateo Salvini est devenu le plus suivi d’Europe sur Facebook grâce à la stratégie numérique de son conseiller. Salvini est devenu un professionnel pour parler directement au peuple car Luca Marisi, son conseiller, expert en numérique et philosophe de la communication, lui a conseillé d’utiliser Facebook plutôt que Tweeter car c’est le réseau du peuple. Marisi s’occupait des sondages, des chiffres et de toute recherche possible pour faire de son candidat le plus populaire. Sa stratégie était de convaincre le peuple de faire confiance à un seul

Homme fort et sympathique : c’était de la propagande amicale. Il a fait de Salvini l’ami du peuple, alors que c’est un homme très radicalisé, anti-clandestins et anti-immigrants. Grâce aux réseaux sociaux, Salvini et Marisi peuvent viser ceux qui sont du même avis et peuvent rapidement voir les résultats de leur propagande. En fait, la stratégie numérique se résume à collecter plein d’informations pour observer le sentiment général pour propager ensuite de la haine virtuelle qui devient réelle par des violences racistes physiques. Salvini et Marisi ont ainsi su domestiquer les réseaux.

Au Brésil, c’est Whatsapp qui est le réseau social le plus utilisé, et donc l’arme principale des ingénieurs du chaos. Comme c’est une plateforme cryptée, on peut facilement cacher des informations et les propager. Comme c’est l’application préférée des brésiliens, il existe de nombreux groupes où les ingénieurs peuvent facilement s’infiltrer et partager de fausses informations : c’est beaucoup arrivé lors de la campagne de Bolsonaro. Il était alors un homme inconnu, et a fait usage de propagande numérique pour faire paraître ses idées. Ainsi les fake news se sont accumulées et ont semé le trouble chez les électeurs. Une enquête révèle que les groupes procèdent d’une pyramide sociale : à la base il y a les brésiliens moyens, au milieu l’armée de Bolsonaro qui diffuse les informations dans tout type de groupe, et au sommet les influenceurs qui fournissent de la désinformation originale et inédite à ces groupes. En réalité, ces influenceurs font partie de l’entourage proche de Bolsonaro, comme par exemple ses fils qui dirigent le « cabinet de la haine » et qui font partie des groupes. Au final, il est devenu impossible de dénoncer ces pratiques sans se faire incendier en retour : une journaliste a révélé la méthode du clan Bolsonaro et comment ils ont envoyé des millions de messages aux brésiliens. Elle n’a fait que révéler la vérité, et elle a reçu en retour une vague énorme de haine, de harcèlement, de menaces, même contre sa famille. Même sa liberté d’expression a été atteinte puisqu’elle ne poste que des articles très réfléchis qui ne pourraient pas déclencher de violence contre elle. Grâce aux réseaux sociaux, à sa propagande et à ses ingénieurs du chaos, Bolsonaro et son cabinet de la haine ont réussi à gagner massivement en popularité malgré toute la haine propagée. Il est devenu impossible de faire tomber ce cabinet : lors d’une enquête parlementaire contre lui, une députée a tenté de les attaquer, et s’est prise autant de menaces que la journaliste. Dans le cabinet, toute la haine est organisée : cible, durée, calendrier, taux d’agressivité : il est impossible de faire face. Mais pour ce qui est des données personnelles, une loi réglemente toute infraction les concernant. Donc ceux qu’on appelle des extracteurs de données, que l’on peut considérer comme des ingénieurs du chaos, prennent les données via des numéros et des services étrangers. Ils prennent toutes les mesures possibles pour jamais ne se faire prendre.

Enfin, en Inde le Premier Ministre a bien compris l’avantage politique des réseaux sociaux. Mais Whatsapp et Facebook n’étaient pas suffisants, il fallait quelque chose d’encore plus lié au parti au pouvoir lui-même. Ainsi a été créé un réseau social uniquement réservé aux Indiens pour ne lire que des informations sur le gouvernement ou sur le chef d’Etat, ou même le contacter. Mais finalement, c’est de la tromperie, car les ingénieurs du chaos indiens qui travaillent pour le BJP sont des experts en data et trackent les utilisateurs. En Inde, il n’y a pas de loi sur la protection des données, donc le parti au pouvoir peut se permettre d’utiliser n’importe quelle donnée de n’importe quel citoyen, et il y a même des entreprises qui vendent ces données. Les réseaux sociaux sont devenus un facteur de propagande, où on peut découvrir la vie de chaque électeur. En fait, les ingénieurs du chaos indiens cherchent à toucher directement les citoyens en infiltrant des groupes, pour ensuite réaliser des messages personnalisés et amasser le plus de votes possibles. Cela est contradictoire avec la politique traditionnelle, où justement on fait passer un message unique mais universel pour toucher tout le monde d’un coup. Le numérique permet maintenant de cibler individuellement les citoyens. Et finalement, grâce à tout ce ramassage de données, le BJP crée des groupes où les gens ont les mêmes centres d’intérêt, et où l’administrateur est toujours un informaticien chargé de collecter les données. Ainsi ils diffusent des messages de propagande contre les opposants, tout particulièrement la communauté musulmane. Ce sont toujours des messages de haine qui sont propagés, et bien sûr les hauts dirigeants du parti politique ne reconnaissent pas leurs actes.

Et finalement, qu’en est-il des réseaux sociaux eux-mêmes ? Leur fonction originelle est de partager, de publier et d’échanger, mais elle s’est transformée en une guerre de l’information, une vague de haine constante et une industrialisation des données. Pour ne pas se faire prendre par la justice, les ingénieurs du chaos les accusent eux d’être responsables de toute cette haine, et finalement cette stratégie est efficace, puisque Facebook, Tweeter et Google par exemple n’ont absolument aucun argument pour se défendre et contredire le fait que leurs plateformes sont responsables de toutes ces horreurs. Les réseaux sociaux deviennent de plus en plus dangereux, ils sont accessibles à tous, il y a peu de contrôle des propos partagés, et la violence virtuelle devient souvent réalité.

Finalement, le populisme numérique est sans frontières. L’Europe a tenté de lutter contre la désinformation en contraignant les plateformes, mais évidemment les entreprises qui les possèdent ne veulent pas être contrôlées par peur de perdre trop de gains. Les réseaux sociaux sont au cœur de nos vies, dans des dimensions politiques et sociales. Ils sont devenus des armes de manipulation et sont presque impossibles à contrôler.

T. D.

Le populisme à l’ère du numérique

Formé du radical latin “populus” qui signifie “peuple” et du suffixe -isme, le substantif « populisme » est apparu en 1912 dans la Russie moderne de Grégoire Alexinsky.

De nos jours, le populisme est un discours qui se trouve de plus en plus présent dans les campagnes politiques. Celui-ci s’adresse aux classes populaires et se fonde sur la critique du système et de ses représentants. Aujourd’hui, il est souvent associé au terme démagogie qui consiste à dire au peuple ce qu’il veut entendre afin de s’assurer d’être apprécié et notamment d’être élu. Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques à la Fondation Jean-Jaurès, dit du populisme qu’il constitue une “attitude politique qui consiste à diviser la société en deux” avec “d’un côté les élites, dévoyées et corrompues, en opposition au “peuple”, considéré comme une seule entité et qui aurait la prescience de ce qui est bon pour lui ». Ainsi le but des politiques dits populistes est d’inciter le peuple à s’opposer aux élites politiques, économiques ou encore médiatiques. Diviser pour mieux (espérer) régner en quelque sorte!

Avec l’apparition de cette nouvelle politique dite populiste de nouveaux acteurs sont nés, les ingénieurs du chaos. Ces experts du désordre ont importé en politique la logique des grandes plateformes internet caisse de résonance idéale pour leurs projets. Ils exploitent toutes les “poches de colère” se trouvant dans la société. Grâce aux différentes plateformes, telles que les réseaux sociaux, ces ingénieurs du chaos peuvent sinon savoir du moins percevoir ce que pense “le peuple”, une partie du moins, en temps réel. Ils décryptent ce qu’il ressent, analysent son avis sur un sujet ou un autre, ses centres d’intérêt. Toutes ces informations vont lui permettre d’aider le politique qu’ils soutiennent, qui les a engagés, à manipuler voire à construire l’opinion publique.

Ces ingénieurs utilisent les réseaux sociaux tels que whatsapp pour sonder les opinions ou encore diffuser leurs idées. Bien qu’en France ou en Allemagne ces phénomènes n’aient pas encore pris une grande envergure, au Brésil, en Inde, en Italie ou encore aux États-Unis, c’est une toute autre histoire.

Aux États-Unis, par exemple, Donald Trump a rapidement compris comment utiliser les géants d’internet à son avantage et manipuler les foules et enflammer les foules. Sa stratégie est simple: tweeter à chaque instance. Grâce à cet outil, il peut communiquer facilement et instantanément avec ses électeurs tout au long de la journée. Il donne son avis, critique un événement, avance ses idées, sans prendre le temps de la réflexion. Donald Trump met en oeuvre une forme de démocratie directe privilégiant l’instantanéité et la proximité, à la différence des médias traditionnels. L’enjeu est le bon mot, si possible choquant et polémique. Les médias traditionnels ne permettent pas une telle communication au rabais, médias qu’il diabolise en les accusant d’empêcher le contact direct des politiques avec le peuple. Son objectif est la manipulation des électeurs. Sa politique est en tout point populiste, il cherche à rallier le “peuple” à sa cause tout en diabolisant ses adversaires, les médias, les élites, les défenseurs des droits civiques. Cependant, D. Trump a une politique populiste quelque peu différente de celle à laquelle on pouvait être habituée. En effet, tout comme les populistes traditionnels, son discours blâme les élites des affaires et du gouvernement en affirmant qu’elles nuisent aux intérêts des “gens ordinaires” et aux libertés politiques. Néanmoins, la définition du peuple, des “gens ordinaires », varie dans le discours du président américain; elle est ethnique. Pour D. Trump les “vrais Américains” sont uniquement les descendants européens. Ainsi, dans le développement de sa doctrine populiste Trump diabolise les élites en “haut de la pyramide” et les personnes de peaux foncées à la base de celle-ci. Ce populisme ce teinte d’une forme de nationalisme à la limite de la xénophobie, déjà apparu par le passé avec des représentants tels que Poujade en France qui a donné naissance au poujadisme.

Son slogan “Make america great again” en dit long sur son discours. Il remet en cause tout le système et souhaite le faire revenir à ce qu’il était à ses débuts : bon pour le peuple, son peuple.

De ce réseau afin de décrédibiliser le parti des travailleurs. Whatsapp étant une plateforme de discussion sur laquelle on retrouve régulièrement des groupes d’échanges amicaux ou familiaux, ces infox circulent facilement et rapidement dans chacun des foyers brésiliens. Flavio, Eduardo et Carlos Bolsonaro forment à eux trois le cabinet de la haine. La fratrie, nostalgique de la dictature, vénère les armes à feu et les icônes populistes, organise tout un système afin de manipuler les élections. Leur méthode était simple : ils achètent à de grandes agences de marketing politique des lots d’envoi massif de messages contre le Parti des travailleurs et son candidat. Enfin, le cabinet de la haine partage des “memes” afin de répandre des rumeurs sur tout personnage portant préjudice à Jair Bolsonaro ou s’opposant à lui. Ces attaques sont d’autant plus virulentes lorsqu’il s’agit de femmes. Il n’hésite pas à les dénigrer physiquement, à les sexualiser.

On réalise avec ces deux exemples le nouveau rôle des réseaux sociaux dans le monde actuel. Lors de la création du tout premier réseau social, Facebook, le but était simplement de créer un trombinoscope des étudiants d’Harvard et plus tard un trombinoscope virtuel de ses utilisateurs à travers le monde. Mark Zuckerberg a créé une plateforme afin de permettre aux gens d’échanger plus facilement, de partager leurs vies, leurs photos, leurs expériences. Néanmoins avec l’arrivée des ingénieurs du chaos le rôle de ces réseaux a rapidement dévié. Désormais, ils sont utilisés pour récupérer des informations sur les gens, connaître leur goûts, leur opinion afin de mieux les manipuler.

Les outils numériques ne sont pas la cause de ce populisme. Ils sont de simples moyens. Afin de contrecarrer l’instrumentalisation de ces outils, l’objectif est d’occuper le terrain virtuel et de répondre à la désinformation par l’information. Tel est le rôle des citoyens de la toile et des médias traditionnels.

J. M.

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