Médias et démocratie: un mariage forcé…

Les élèves de terminale du lycée Montaigne ont été amenés à réfléchir sur les liens qui peuvent exister entre les médias et la démocratie. Souvent présenté comme un outil essentiel de la démocratie, le rôle de certains médias est dénoncé par certains pour leur compromission, voire leur complicité à l’égard d’une certaine idéologie. Leurs stratégies posent question. Comme nous avons pu le constater ces dernières semaines, la surreprésentation médiatique d’un homme lui a permis de grimper dans les sondages et d’occuper le devant de la scène politique française.

Dès lors, il est intéressant de s’interroger sur la place qu’occupent les médias dans la démocratie ? Sont-ils un gage de la liberté d’expression ? Sont-ils les gardiens de la démocratie ? Peuvent-ils porter atteinte à la démocratie ? La démocratie doit-elle contrôler les médias et jusqu’à quel point ? Autant de questions qui méritent une ou des réponses…

Les élèves de la terminale 7 du lycée Montaigne ont tenté de répondre à ces questions. Voici les meilleurs essais. Notre choix est forcément arbitraire et objectif. A vous de les lire…

Les médias : un atout ou un leurre pour la démocratie par Maud Rozet.

En 2005, Noam Chomsky et Robert Waterman McChesney écrivent qu’ « Il serait illusoire de croire que, dans une démocratie libérale, la population participe à la gestion de ses affaires et que les médias de masse sont indépendants et fournissent l’information nécessaire à la prise de décision d’intérêt public ». Par cette citation, les auteurs de « Propagande, médias et démocratie » remettent en question l’indépendance et la liberté des médias.  

Aujourd’hui, les médias sont pourtant primordiaux. Ils sont « un moyen de diffusion ou de communication de documents, de messages et d’informations ». Lorsqu’ils touchent une large audience dans les pays démocratiques, on les appelle médias de masse. Aussi, les principaux médias de masse sont la presse depuis le milieu du XIXe siècle, la radio à partir des années 1920, la télévision depuis 1950 et surtout Internet depuis 2000. Dans une démocratie, les médias ont un rôle très important car la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » selon Abraham Lincoln (président des Etats Unis de 1860 à 1865). Ainsi, la prise de décision vient du peuple. Or, le peuple est informé par les médias. 

Les médias ont donc un rôle fondamental de transmission des informations. Mais au-delà de cette communication, absolument nécessaire au bon déroulement de la démocratie, il est possible de s’interroger sur l’indépendance des médias. En effet, ces derniers détiennent une quasi-monopole sur la transmission des informations. Ils sont le moyen le plus sûr et le plus rapide de s’informer sur tel ou tel sujet. Mais derrière les médias se cachent des hommes, avec leurs avis, leurs humeurs, leurs opinions. Est ce que ces opinions n’influencerait-elles pas leur communication ? Et par là, est ce que les médias ne seraient-ils pas aussi un moyen d’influencer la population ?

Il convient donc de se demander quels sont les atouts et les leurres des médias pour la démocratie. 

Dans un premier temps, nous expliquerons en quoi les médias sont un atout pour la démocratie et dans un second temps, nous verrons la dérive de la sur-information.

Pour être qualitative, une information doit respecter quatre grands principes : la transparence, la qualité des sources, le contexte et l’éthique. Ainsi les médias sont un atout pour la démocratique dès lors que les informations qu’ils transmettent respectent ces principes théoriques. 

Dans les pays démocratiques, la population a librement accès à l’information, sans censure. Cette absence de censure est un véritable atout. Ainsi, même si un parti politique n’est pas majoritaire par exemple, il a le droit de s’exprimer librement, même si ces idées sont contraires à celle du représentant élu. L’ouverture des médias permet aussi que toutes les voies soient entendues : en politique, il existe des journaux de droite, de gauche, et même d’extrême-droite et extrême-gauche. La population a accès à toutes les informations possibles et imaginables : même s’il est humain de manquer d’objectivité, un régime démocratique permet de palier à ce défaut, les journalistes de l’autre bord se feront un malin plaisir à rééquilibrer la balance. Cependant, les Hommes ont tendance à se référer à des médias et journalistes qui traduisent les mêmes idées. L’informé doit donc apprendre à faire la part des choses et s’informer auprès de médias contradictoires, dont les idées s’opposent pour pouvoir ensuite se faire son propre avis. En effet, comme disait mon arrière grand-père, Pierre Scherrer « si on veut de l’information, on ne lit pas un journal mais les journaux », et c’est ce que permet la démocratie.

Depuis la nuit des temps, l’Homme a toujours eu le besoin de communiquer. On peut observer ce besoin lorsque l’on regarde les dessins réalisés par les Hommes de Cromagnon dans les Grottes de Lascaux. C’est de ce besoin de communiquer que découle le besoin d’information. En effet, au fil des siècles, les moyens de communication se sont développés de façon exponentielle : au départ, on communiquait de village en village et aujourd’hui, dans les pays démocratiques, on peut obtenir n’importe quelle information internationale de manière instantanée. Aujourd’hui, l’information pour tous se caractérise aussi par la multiplicité des formats que peuvent prendre les médias. En effet, lorsque nous regardons la télévision, de nombreuses chaînes d’informations s’offrent à nous : TF1, BFMTV, LCI, C NEWS, France info… De plus, les téléphones portables proposent des informations sans discontinuer et notamment par l’intermédiaire des réseaux sociaux : Twitter, Facebook… Grâce à cet élargissement des formats, les jeunes peuvent s’exprimer, exposer leurs avis et apporter des informations nouvelles. Par exemple, Hugo Travers alias Hugo Décrypte, jeune « Youtubeur » de 24 ans, fait un véritable travail d’investigation, de journalisme sur les réseaux sociaux dans un format adapté aux nouvelles générations. Et enfin même durant un trajet en voiture, nous avons accès à l’information, par la radio avec une multitude de stations de radio, tels que France Inter, RFM…

Pour autant, la ligne est très fine entre manque d’objectivité et manipulation.

En 2003, l’un des plus grands mensonges d’Etat, relayé par les médias de l’ensemble des pays démocratique, est sans conteste, la guerre déclarée par les Etats Unis contre l’Irak. Les gouvernements américain et britannique ont délibérément manipulé des informations et menti au monde entier par l’intermédiaire des médias afin de faire la guerre qu’ils avaient prévus. On peut se demander si cet acte est digne de pays qui se disent démocratique. Ainsi, il arrive que les médias ne soient qu’un leurre, et même un moyen de manipulation et de propagande des foules. Ils peuvent donc aussi être dangereux pour le peuple. Après avoir mis en avant l’une des failles les plus importantes de l’histoire, nous allons explorer d’autres types de manipulations et de mensonges. 

Depuis l’arrivée d’internet et l’émergence des réseaux sociaux, les médias ont subi une véritable révolution. Aujourd’hui, chaque individu peut diffuser l’information qu’il souhaite et s’improviser journaliste, en divulguant des informations bruts, modifiés et sans contexte. Or, sans contexte, une information peut être mal interprétée et peut avoir des conséquences graves. Par exemple, des internautes ont publié sur les réseaux sociaux pakistanais la couverture du journal Charlie Hebdo, représentant le prophète sans contextualiser le fait qu’il s’agissait d’un journal satirique provenant d’un pays laïque. De plus, malheureusement, le métier de journaliste, dont le rôle est de rechercher, vérifier et retranscrire les informations se perd en raison de la prolifération des médias et notamment des réseaux sociaux. Ces derniers ont notamment aidé un président à se faire élire. En vertu du régime démocratique auquel sont soumis les États-Unis, il revient au peuple de voter pour son représentant. Cependant, les médias ont influencé les décisions du peuple : les données personnelles des utilisateurs de Facebook ont permis à la société « Cambrigde Analytica » de favoriser un parti de l’élection présidentielle des Etats-Unis, en l’occurrence de Donald Trump. Il s’agit là encore d’une dérive extrêmement bien décrite par le professeur Yves Charles Zarka « ce ne sont pas les médias en général que je critique, mais leur constitution en pouvoir, et même en pouvoir illimité, leur domination de l’espace public, leur fonctionnement autoréférentiel, qui affecte et dégrade les libertés individuelles et collectives », il exprime l’idée que les médias se mettent au niveau de leur audience. La quantité et la qualité ne font pas bon ménage car la quantité prime sur la qualité. 

Pour conclure, les médias sont des atouts pour la démocratie car ils partagent une multitude d’informations à l’opinion publique. Les médias diffusent pour toutes les opinions grâce à une multitude de format. Malheureusement, de nos jours, on peut tous s’improviser journaliste, seulement, nous ne le sommes pas. Certaines fonctions du journaliste, telles que la recherche et la vérification des informations ne seront donc pas remplies, ainsi même que les quatre grands principes de l’information qui sont la transparence, la qualité des sources, le contexte et l’éthique. De plus, les médias peuvent tromper leur audience et faire de la propagande qui sont pourtant contraire au principe de la démocratie. Parce que la démocratie, c’est la souveraineté du peuple, l’influence des médias peut fausser les opinions et s’avérer très dangereuse.

Etienne Escabasse T07 – Les médias, un atout ou un leurre pour la démocratie ?

Dans notre société, les médias sont devenus des outils indispensables à la communication. Aujourd’hui, les médias se sont de plus en plus développés : ces interfaces de communication (qui peuvent s’entendre par la presse, la radio, la télévision, ou encore les réseaux sociaux tels que Instagram et Twitter) permettent la diffusion de l’information, et l’émergence de débat, de position politique et sociale chez l’individu. Les médias sont considérés comme un cinquième pouvoir, ce qui montre leur importance dans notre société de nos jours. Cependant, ces interfaces sont souvent peu soumises aux principes de la démocratie, non seulement le respect des libertés individuelles fondamentales (comme la liberté d’opinion) , mais tout autant par le respect de la vie privée, le pluralisme politique, la séparation des pouvoirs ou encore le pouvoir de décision. Il serait alors opportun de se demander si les médias sont un atout ou un leurre pour la démocratie. Premièrement, nous évoquerons les atouts des médias face à la démocratie, puis nous nous pencherons sur le fait que les médias puissent être un inconvénient pour exercer la démocratie dans notre pays et dans le monde.

Premièrement les médias peuvent être un atout pour la démocratie. Ils aident les individus à acquérir l’information et certains aspects des médias prônent des principes démocratiques.

Les médias se sont aujourd’hui répandus puisqu’ils sont vulgarisateurs : ils diffusent l’information rapidement, font des enquêtes sur tel thème ou tel sujet, mettent très clairement en avant les débats politiques ou sociaux : l’information se diffuse rapidement et les médias, encore plus les réseaux sociaux, sont faciles d’utilisation. Les réseaux sociaux tels que Instagram ou Twitter respectent une liberté individuelle, la liberté d’expression. Ils respectent ainsi le pluralisme politique, une idée où chacun peut donner son opinion sur les choses. Selon Yves Charles Zarka, dans son article « Démocratie et Pouvoir Médiatique », « les médias peuvent être parfois garants de diversité de l’information […] éveiller des débats et montrer des enjeux en vue d’éclairer l’opinion » : l’auteur nous montrerai ainsi que les médias permettraient éventuellement à l’individu de développer une opinion individuelle face au débat, puisque les informations que les médias vont passer lui permettraient d’avoir un avis sur les choses. Parfois, les médias prônent des principes comme l’égalité de tous devant la loi, l’impartialité de la justice : on a pu l’observer à travers le mouvement « Black Lives Matter » (qui s’est développé en 2020 depuis l’assassinat injustifié d’un noir américain par les forces de police) qui grâce à la diffusion par les médias, a conduit à une mobilisation pour l’égalité de tous face à la justice et à la loi.

À travers les médias, l’individu devrait être censé se développer une opinion précise à travers la diffusion d’information. Or ce n’est pas tout le temps le cas.

Il faut comprendre que les médias peuvent aussi se présenter comme un obstacle aux principes démocratiques.

En effet, les médias présentent des points positifs tel le fait que l’individu puisse fonder son opinion par lui-même. Cependant il faut aussi bien comprendre d’où viennent les informations. Les médias, malgré les idées reçues, affectent les libertés individuelles nécessaires au fonctionnement de la démocratie (par liberté individuelle est entendu liberté d’opinion et de décision) : selon Zarka, ces médias créent une « domination de l’espace public ». A la télévision sont par exemple très souvent représentées les mêmes personnalités. Ces représentations répétitives conduisent à un enfermement de l’individu dans un avis qui pourrait ne pas être le sien. Là où les médias devraient seulement diffuser l’information, ils incitent aussi les individus à avoir le même avis sur un débat, qui peut par exemple être présenté différemment sur chaque chaine de télévision. Selon Zarka, les médias seraient d’autant plus à la recherche du « scoop », afin de capter le plus d’audience possible : c’est ici donc d’autant plus malsain puisqu’ils ne cherchent même plus à diffuser l’information comme ils étaient pourtant censés le faire. Ils laissent donc paraitre que ce qu’ils veulent sans que le lecteur ou le spectateur ne le sache. Ce « caractère exclusif de l’information » mènerait, selon Zarka, à une « tyrannie de l’opinion », qui se forme puisque les individus se laissent emporter involontairement par l’opinion qui leur est répétée. Les gens s’enferment ainsi dans un environnement qui les empêche d’avoir un raisonnement ouvert qui repose sur le débat et l’échange. L’abondance d’information peut aussi parfois laisser paraitre des fake news, qui laisseraient alors encore une fois l’individu forger son avis, mais sur des informations fausses. C’est pourquoi il faut trier les informations perçues à travers les médias, ce qui devient de plus en plus difficile de nos jours. Pour finir, les médias doivent fonctionner sur un principe déontologique, ils doivent respecter les lois et droits de tous. Cependant ce n’est pas toujours le cas puisqu’il n’existe aucun contre-pouvoir pour les forcer à exercer ce principe.

Les médias forment ainsi tout autant un leurre pour la démocratie, à travers la sélection de l’information qui peut parfois s’apparenter à une information fausse, et qui empêche les individus de réfléchir à une opinion comme il se devrait.

Les médias peuvent être à la fois présenté comme un atout à la démocratie avec leur caractère informatif et leur capacité à diffuser l’information, mais peuvent aussi être présentés comme un leurre pour l’individu et les principes démocratiques à travers les informations qui sont trafiquées ou modifiées pour attirer le lecteur ou le spectateur et sa domination de l’espace public qui empêche l’individu de créer son opinion sainement. Les médias ne devraient pas donner d’opinion sur des sujets et débats mais devraient seulement respecter leur but premier : informer sans mentir. Ainsi les termes « média » et « démocratie » ne forment pas un bon couple. Aujourd’hui, l’individu sera forcé de sélectionner l’information avant de la lire, pour garantir sa fiabilité. On pourrait alors se demander si on peut encore accorder notre confiance aux médias, tels qu’ils soient.


Les médias sont-ils un atout ou un leurre pour la démocratie ? par Louise Laurencon  

           Les médias tels que la presse écrite, la télévision, la radio, Internet, prouvent tous les jours que la liberté d’expression existe. Mais ce monde totalement médiatisé où les médias sont présents partout montre  bien à quel point il est difficile de s’exprimer, surtout de transmettre et de comprendre l’information. Nous vivons dans un pays , la France, qui permet une grande liberté d’expression. Nous le voyons à travers la presse écrite, dans laquelle il y a une grande diversité d’ opinions des journalistes qui peut se manifester. Et ce n’est pas le cas dans tous les pays (par ex chine, russie..) comme l’a rappelé le Comité Nobel en accordant son Prix Nobel pour la paix à deux journalistes, Maria Ressa et Dmitri Muratov. Dans tous les cas, notre démocratie nous permet bien des choses et nous apprend beaucoup de choses

Grâce aux différents médias qui existent aujourd”hui, nous pouvons donc nous informer et nous faire notre propre opinion sur tel ou tel sujet, autant au sujet de la vie politique que dans un autre domaine, géopolitique, culturel ou encore scientifique. Mais on peut aujourd’hui s’interroger : les médias ont-ils dépassé la frontière entre divertissement et information ? Jusqu’où peuvent-ils aller dans la recherche de l’audience à tout prix ? Sont-ils des facteurs de manipulation néfastes pour notre système politique ? Dans quelle mesure sont-ils vraiment indépendants des pouvoirs politiques ou économiques et sont-ils un contre pouvoir qui protège nos démocraties libérales ? Jusqu’où peut-on leur faire confiance en particulier les nouveaux médias (chaînes Youtube, experts, influenceurs, intellectuels…)? Nous verrons dans un premier temps que les médias sont un atout pour notre démocratie. Dans un second temps, nous analyserons toutefois dans quelle mesure ils peuvent également produire ou véhiculer des menaces pour nos libertés démocratiques.

        Les médias sont un vrai atout pour nos démocraties car les médias, en particulier la presse écrite, offrent une source d’informations fiables, vérifiée par des professionnels, formés et sélectionés par des écoles, accrédités (carte de presse) à savoir les journalistes. L’éthique des journalistes joue une rôle central, qui distingue ce métier exercé par des professionnels de la recherche d’information des bloggeurs ou des journalistes amateurs « autoproclamés ». Le Fact checking est devenu une nouvelle branche du journalisme qui permet de débusquer les approximations, voire les mensonges des politiques.

Les médias ont ici un rôle d’investigation : ils contribuent à la découverte et la diffusion de la vérité au profit de l’opinion publique. Plusieurs exemples célèbres de journalisme d’investigation ont permis de d’enquêter sur des crimes ou des erreurs que l’État, des grandes entreprises souhaitaient cacher : le cas récent des Panama Papers a mis en évidence les cas de blanchiment à l’échelle mondiale, ou le scandale du Watergate en 1972 dévoilés par deux journalistes du Washington Post. En Russie, la journaliste Anna Politkovskaïa a été assassinée par des proches de Poutine pour avoir enquêté sur les guerres en Tchétchénie. 70 journalistes ainsi sont tués chaque année dans leur monde pour leur travail par des mafias, des régimes ou autres selon l’ONG RSF (Reporters sans frontière).

 Les médias sont également un espace de débat libre, un des piliers de la liberté d’expression et d’opinion . Sans média (TV, presse, radio ou web), pas de possibilité de débattre. Les campagnes électorales permettent aux candidats de débattre avec le public, entre eux, avec des experts, ou à des experts de discuter entre eux…grâce aux tribunes que sont les plateaux télévision, les radio, ou de plus en plus les nouveaux médias du net (twitch ou Instagram). Nombreux sont les meetings politiques ou les conférences à être diffusées en Facebooklive, sur Linkedin ou sur YouTube. Ce n’est pas le cas en Chine, en Iran ou en Arabie où les médias sont tous placés sous surveillance étroite par le pouvoir. Les médias permettent à toutes les convictions de s’exprimer, même quand elles peuvent heurter des communautés religieuses (cas de Charlie Hebdo et des caricatures de Mahomet). En ce sens, ils sont le garant de la liberté d’expression.

        Mais les médias recèlent également des risques et des menaces pour nos sociétés démocratiques quand ils perdent leur indépendance et qu’ils sont pervertis par d’autres intérêts.

L’information n’a plus de limite, nous pouvons donc sans cesse enrichir notre savoir et réagir. Mais l’information peut parfois être diffusée de façon excessive. L’un des dangers qui menacent nos démocraties ce n’est plus tant l’absence d’information que la surabondance d’informations, et la difficulté pour le citoyen de s’y retrouver face à ces milliers de sites internet sur le Covid et les bienfaits ou au contraire les risques du vaccin Zou Y. Cette fameuse expression : « Trop d’information tue l’information » est une réalité. De plus, la saturation d’informations pousse le lecteur ou l’internaute à privilégier les sources média qu’il connaît déjà, par effet d’accoutumance et de confort. C’est ce qu’on appelle une bulle de filtrage qui crée une forme de biais cognitif.

L’autre menace majeure est liée à l’information fausse, inexacte ou volontairement truquée, ce qu’on appelle la désinformation. Certeds, Internet n’a pas développé la désinformation qui existait avant, depuis que les rumeurs font partie des sociétés humaines, mais le web a donné des leviers nouveaux aux Etats, aux groupes de pression, aux personnes (comme les influenceurs) malveillantes pour toucher un nombre très élevé de personnes très rapidement. L’image ou la photo choc font aujourd’hui le tour du monde en quelques secondes. Enfin, comme l’a montré l’essor de la blogosphère conspirationniste aux Etats-Unis pendant la campagne Trump vs Hillary Clinton (Pizzagate, QaNon…), les réseaux sociaux entretiennent les infox ou les fausses informations, parfois délirantes, via des communautés d’internautes qui fonctionnent désormais comme des sectes, et rejettent toute autre vérité ou toute forme de contestation ou de remise en cause. La notion d' »alternative truth » diffusée par le président Trump a quelque part légitimé le mensonge.

De plus, les médias risquent d’influencer l’information en facilitant des formes de manipulation. En effet, de nouvelles techniques de persuasion sont utilisées à travers les médias. Nous pouvons citer l’exemple de la rhétorique médiatique des hommes politiques, qui est celle de l’émotion, du direct, de l’expérience et du témoignage, bien plus que celle de l’analyse et du raisonnement. Le populisme cherche ainsi à manipuler l’information. Comme le dit Régis Debray : « La relation l’emporte sur le contenu, et l’énonciation compte plus que l’énoncé ». Le scandale Cambridge Analytica, à savoir une entreprise de sondages qui a manipulé les contenus sur Twitter et FB pour influencer des comportements électoraux, a été un révélateur.

Dans les régimes totalitaires ou autoritaires, l’information sert un but : la propagande. Aujourd’hui, des Etats comme la Russie ou la Chine utilisent les médias pour diffuser de fausses informations, monter des campagnes d’influence (RT, la chaîne RUssia Today, Sputnik, les comptes Twitter des ambassades chinoises dans certains pays…) dans les pays jugés hostiles ou réticents, voire utilisent les réseaux sociaux pour influencer et manipuler les élections (cas des élections américaines de 2016, des leaks anti-Clinton, des Macron Leaks).
Les mouvements terroristes djihadistes ont bien compris l’utilité des réseaux sociaux et de l’arme de la communication à travers les réseaux sociaux pour embrigader les jeunes (Daech avait son site internet, sa revue en ligne), diffuser leur propagande ou attaquer des réseaux adverses.

Enfin, les médias sont aussi soumis à des contraintes économiques. Ils appartiennent à des groupes de presse, des conglomérats et des grands patrons, qui peuvent être tentés par utiliser ces journaux, ces chaînes télévisées pour étendre leur influence, contrôler les messages qui les concernent ou plaîre au pouvoir politique. Le fait que M6 soit contrôlé par Vincent Bolloré ou que le groupe Bouygues soit le propriétaire de TF1 a une influence sur la façon dont ces médias critiquent les pouvoirs. Les acteurs économiques ont ainsi un pouvoir tel qu’ils peuvent parfois tuer la démocratie. L’émission satirique « Les guignols de l’info » a été stoppée, pour des raisons obscures, peu après la prise de contrôle par Vincent Bolloré.

 Les médias qui avaient, à l’origine, le pouvoir de transmettre de l’information, ont évolué. Ils peuvent non seulement diffuser de l’information, mais aussi la masquer, ou la modifier quand ils sont téléguidés par des intérêts étrangers ou économiques.
Il faut donc faire preuve de vigilance permanente face aux contenus sur les web, sur les chaînes TV et parfois dans la presse écrite. Tous les médias ne se valent pas cependant: certains sont sérieux (Le Monde, Times, Washington Post….) et sont moins soumis aux groupes de pression économiques, font un travail de long terme tandis que d’autres sont dans le buzz, le court terme (chaînes d’information continue comme BFM TV) ou fabriquent du mensonge (blogs, sites conspirationnistes) et sont des fabriques de fake news.

L’information est diffusée en masse, et il faut savoir la sélectionner et être capable de la mettre en perspective, voire de la critiquer.

      Les médias sont un atout car ils sont les fondements de notre liberté d’expression lorsqu’ ils sont exercés, pilotés par des hommes et des femmes qui ont une véritable éthique professionnelle mais placés entre de mauvaises mains ils peuvent conduire à une menace, voire des armes de déstabilisation massive. Face à la concentration des medias par des grands groupes économiques, les difficultés financières que rencontrent les médias traditionnels (Libération, Le Monde, NY Herald Tribune….), ont peut s’interroger s’il u aura-t-il une place pour les médias indépendants demain.

 

Les médias: un atout ou un leurre pour la démocratie par Charlotte SINDZINGRE

“La presse en France est le 4e pouvoir : elle attaque tout le monde et personne ne l’attaque”. Cette citation de Balzac de 1840, désigne la presse mais peut s’appliquer à n’importe quel média. Cette citation illustre parfaitement le pouvoir des médias au sein de la société française. En effet, les médias, ou le 4e pouvoir d’après l’expression théorisée (en 1783) de l’homme politique irlandais Edmund Burke (1729-1797), ont pris de plus en plus de place dans notre quotidien, on parle aujourd’hui de média de masse. 

Les médias – c’est à dire “un moyen, une technique et support de diffusion massive de l’information (presse, radio, télévision, réseaux sociaux…)” d’après le Robert – sont en démocratie le lien plus ou moins objectif entre citoyen et l’Etat, au nom de la liberté d’expression et d’information. Il serait alors opportun de se demander si en respectant cette liberté d’expression et d’information, la démocratie donne un pouvoir illimité aux médias qui peuvent à la fois protéger et mettre en danger la Démocratie. Pour répondre à cette question nous verrons dans un premier temps en quoi les médias sont essentiels à la Démocratie et dans un second temps en quoi les médias sont, de même, un danger pour la Démocratie. Tout d’abord, les médias sont essentiels à la Démocratie car ils offrent une vision alternative qui pousse à repenser l’Etat et ses décisions. En effet, le rôle premier du média est d’informer et de porter, en même temps, un œil critique sur l’information relayée. Le média est l’espace d’échange, l’agora démocratique qui permet aux citoyens de s’exprimer. Pour illustrer le rôle des médias, on peut par exemple prendre le cas de l’affaire Dreyfus. En effet, le journaliste et écrivain Émile Zola (1840-1902) auteur du très célèbre J’accuse paru dans l’Aurore le 13 janvier 1898, a eu une influence sur le processus démocratique durant le procès à travers les médias. De même, on peut aussi mentionner les affaires plus récentes des révélations des Anonymus, de Julien Assange ou d’Edward Snowden. Ici, les médias ont permis de révéler des crimes qui mettaient en danger la démocratie et pourtant commis par des Etats démocratiques. 

De plus, les médias, ne nous donnent pas seulement accès aux informations qui pourraient mettre en danger la démocratie, ils nous poussent à repenser l’Etat afin de tendre vers une société plus démocratique. On peut prendre l’exemple des journaux français durant la période révolutionnaires de 1789 et en particulier Les Révolutions de France et de Brabants ou Le Vieux Cordelier, deux journaux créés par le révolutionnaire Camille Desmoulins dans lesquels il critiquait la monarchie, et qui, en se faisant le relai de la pensée bourgeoise, ont eu une grande influence sur le déroulement de la Révolution française et les temps qui l’ont suivie. Ces deux journaux ont participé au plus grand tournant démocratique de l’histoire française. Zola dans Essai sur le Journalisme (1894) décrivait la presse et les médias comme “une force qui sûrement travaille à l’expansion des sociétés de demain”. Ainsi, les médias poussent à repenser les faits politiques et donc à critiquer toujours l’Etat afin de tendre vers la Démocratie, car, sans médias et surtout sans média libre, l’idéal démocratique disparaît devant l’État totalitaire. Pourtant paradoxalement, les médias peuvent être aussi un danger pour la Démocratie. En effet, les médias ont un grand pouvoir d’influence sans contre-pouvoir. De plus, on fait face à une privatisation des médias qui entraîne une course à l’audimat. Enfin, les médias deviennent les manipulateurs de l’opinion publique et donc de du débat public, condition de la démocratie. L’influence des médias est très importante en France. Le Petit Parisien au début du XXème siècle, vendu à travers la France, est le journal le plus lu au monde avec plus de deux millions de tirage à la fin de la Première Guerre mondiale et les Français sont les plus grands lecteurs de journaux du monde. Aujourd’hui, le 20h de TF1 est suivi par plus de 12 millions de spectateurs. L’audimat, l’ensemble des lecteurs, spectateurs et auditeurs des médias, donne aux médias un pouvoir politique. On peut en effet souligner l’influence des médias dans le processus démocratique des élections, comme par exemple avec le cas de François Fillon en 2016 ( les révélations du Canard enchaîné ont renversé la situation politique) ou encore avec le cas de Benjamin Griveaux qui s’est lui aussi vu privé de sa victoire par les médias. Le pouvoir des médias est d’autant plus exacerbé qu’il ne lui existe pas de contre-pouvoir. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) n’a, de fait, qu’une marge de manœuvre réduite. Cette situation est complètement à l’opposé de notre vision de la démocratie basée sur la séparation des pouvoirs (Montesquieux). D’autre part, l’information est aujourd’hui contrôlée par des magnats des médias tels que Vincent Bolloré (CNEWS), Bernard Arnault (Le Parisien) et Xavier Niel (Le Monde). Ces entrepreneurs recherchent le profit et donc l’audimat ce “dieu caché de l’univers de médias” selon Pierre Bourdieu. Ils considèrent l’information de qualité et la critique constructive comme secondaires. La course au scoop et le syndrome du Hamburger (appauvrissement de la qualité des médias) sont les conséquences d’une audience qui recherche le sensationnel et des médias prêts à tout pour leur donner ce que les auditeurs ou lecteurs veulent. 

On assiste à une uniformisation de l’information comme le dit Barack Obama dans son discours de départ en 2017 : “Nous acceptons seulement des informations qui correspondent à nos opinions, qu’elles soient vraies ou non”. Enfin, les médias vont jusqu’à endosser le rôle d’éminence grise. Ils ne se contentent plus de transmettre l’information aux citoyens ou d’essayer d’attirer leur attention : il forme leur avis. Le scandale Cambridge Analytica est un parfait exemple de la manière dont les médias, en l’occurrence ici les réseaux sociaux, ont permis de fausser le processus démocratique en manipulant les informations transmises aux électeurs pour façonner leurs avis. Mais ce processus n’est pas propre à la nouveauté des réseaux sociaux : depuis longtemps, les magnats médiatiques manipulent l’opinion publique en faveur de leur candidat. On peut par exemple parler le Rupert Murdoch qui est connu pour être celui qui fait et défait les premiers ministres en Grande Bretagne et celui sans lequel on ne peut gagner aux États-Unis. La Démocratie n’est ici plus respectée car tous les pouvoirs sont concentrés par “une classe médiatico-politico-culturelle” selon l’expression de Yves Charles Zarka. Celui qui a le contrôle de l’information contrôle “tout”. 

En conclusion, les médias et la Démocratie entretiennent une relation complexe qui tend à s’entre-détruire. En effet, les médias sont nécessaires à la Démocratie mais la mettent en danger comme le dit Tocqueville dans De la démocratie en Amérique : “La société démocratique est constamment confrontée à une redoutable alternative entre la liberté et la servitude” (1835). En ce sens, si les médias sont un atout, car indispensable au bon fonctionnement de la démocratie, ils tendent à devenir un leurre s’ils restent sans contre-pouvoir.

Les médias: un atout ou un leurre pour la démocratie par Pauline Heitz 

Selon le philosophe Hegel, « la lecture des journaux du matin est la prière quotidienne de l’homme moderne ». Avec la mondialisation, l’offre d’informations n’a jamais été aussi importante. Aux médias de la presse écrite se sont ajoutés ceux qui transportent de l’information par les câbles et les ondes: radios, chaînes télévisées, internet. Le nom « média », dérivé de l’anglais mass media est un système permettant la diffusion massive d’informations dans le temps et l’espace. Cela désigne à la fois les moyens techniques de diffusion et l’ensemble des acteurs qui produisent du contenu informationnel. Aujourd’hui les médias ont connu un tel développement, avec les médias de masse, qu’ils sont devenus un véritable enjeu dans les démocraties contemporaines. Si on observe l’étymologie du nom « démocratie » : du grec dêmokratia, de dêmos, « peuple », et kratos, « puissance, autorité », c’est-à-dire gouvernement dans lequel la souveraineté appartient au peuple, on comprend que les médias jouent un rôle important dans une démocratie. Nous pouvons ainsi nous demander si les médias sont un atout ou un leurre pour la démocratie. Nous verrons d’abord que les médias sont indéniablement un atout pour les citoyens, avant de nous interroger sur ses aspects ambigus. 

Chaque média se définit d’abord comme un moyen de diffusion d’informations, autant sur les évènements socio-politiques que sur des aspects de la vie quotidienne et autres activités de culture et de loisir. La presse écrite constitue le moyen de diffusion privilégié au XVIII et XIXème siècles. Le XXème siècle est considéré comme l’âge d’or des médias avec la télévision, la radio, mais aussi avec l’extension du réseau internet. On assiste à une multiplication des sources d’informations et à une rapidité accrue dans la diffusion des nouvelles. Les médias rendent l’actualité accessible à chacun, en tout lieu, gratuitement. Aujourd’hui, l’abondance de médias permet de délivrer l’ensemble des nouvelles du monde, en direct, parfois de minute en minute. Les images saisissantes de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019 par exemple, ont été immédiatement diffusées en ligne et partagées et ont fait la « une » des quotidiens du monde entier. Il s’agit là d’un exemple de l’utilité des médias comme source d’informations. Un autre exemple est celui des attentats, lors des attentats du 13 novembre 2015, les citoyens ont eu connaissance des faits quelques instants après qu’ils aient eu lieu. Des témoins ont même diffusé des vidéos sur la toile. Les médias jouent ici un rôle informatif mais ils permettent aussi d’assurer la sécurité des citoyens en les informant d’un danger en temps réel. Informer le citoyen, c’est également révéler des secrets que les hommes politiques et les puissants tentent de dissimuler pour que leur image soit parfaitement « lisse ». Nous pouvons citer l’exemple de la fille cachée de Mitterand. Les scandales concernant Dominique Strauss-Kahn ou François Fillon ont mis fin à leur carrière politique. Le citoyen remercie les médias de dévoiler la face cachée et les mensonges des hommes qu’il s’apprête à élire. Cela permet d’écarter les menteurs et les tricheurs. 

Pour les hommes politiques, les médias sont aujourd’hui un moyen incontournable de communication et d’échange avec les citoyens. Le premier discours prononcé par le général de Gaulle à la radio, le 22 juin 1940 pour lancer la résistance, est un exemple célèbre de l’usage éclairé qu’un dirigeant peut faire d’un média. Le président Emmanuel Macron se plaît à utiliser différents médias pour communiquer avec les citoyens, notamment avec TikTok, pour inciter les jeunes à se faire vacciner. La communication entre les dirigeants et les citoyens est plus directe et semble plus aisée, plus vivante. Dans le sens inverse, c’est également un moyen utilisé par les citoyens pour faire passer un message aux représentants de l’Etat. Par exemple, le mouvement des « gilets jaunes » à partir d’octobre 2018, trouve son origine dans la diffusion sur les médias sociaux, d’appels à manifester contre l’augmentation des prix du carburants. Les médias sont un atout pour la démocratie parce qu’ils permettent aussi d’éduquer le plus grand nombre. En effet, par leurs reportages, leurs débats, ils incitent les citoyens à développer leurs capacités de réflexion et d’analyse. En ce qui concerne les élections, les médias diffusent les débats et analysent les propos des candidats. Ce sont eux qui proposent des outils pour avoir accès mais aussi pour comprendre les différents programmes politiques. Les médias renforcent la démocratie représentative. Ils permettent aux auditeurs et aux lecteurs d’échanger et de prendre part aux débats politiques. Les informations diffusées par les médias ont pour but de permettre aux citoyens de développer un esprit critique et de former une réflexion individuelle face aux différents points de vue. En ce qui concerne la vie culturelle et scientifique, les médias permettent de relayer les dernières recherches, créations d’innovations en matière d’art, de culture et de science. 

Lors de la pandémie du coronavirus par exemple, de nombreux musées, théâtres, salles de spectacles ont proposé une programmation en ligne. Grâce à ces derniers, les citoyens n’ont pas été privés de culture ni d’éducation. Nous pouvons citer les différents programmes éducatifs sur la chaîne France 4, les émissions de philosophie sur France Culture ou les lectures de la comédie française sur Facebook. Ainsi, les médias sont une chance pour la démocratie parce qu’ils permettent au citoyen de ne pas être isolé dans l’incompréhension et l’ignorance mais au contraire de l’informer et parfois aussi de l’éduquer. Cependant, le média peut également être un outil qui, sous son caractère informatif, cherche à influencer, à « manipuler » le citoyen. Les médias peuvent être un leurre pour la démocratie. En effet, la masse de données mise à disposition entrave la hiérarchisation et la qualité de l’information. Avec le développement des instruments numériques, les nouvelles sont diffusées instantanément et en continu. La confrontation des sources est impossible. Pour de nombreuses personnes, les réseaux sociaux sont la principale source d’information. Si nous ne mettons pas de « verrou » sur nos appareils numériques, nous sommes continuellement submergés d’informations. 

Des chaînes télévisées comme BFM par exemple, diffusent en continu des annonces « choc » pour agiter l’émotion du citoyen sans véritablement l’informer. On se souvient aussi que lors de certaines manifestations des « gilets jaunes » qui ont dégénérées, les médias filmaient et commentaient surtout les dégâts causés par les casseurs, sans parler des vrais sujets qui motivaient les manifestants et des réponses ou des silences du gouvernement. Cela nous amène à nous interroger sur la fiabilité de ces sources dont on peut mettre en question le caractère d’efficacité. Dans ce cas, les médias jouent un rôle délétère pour la démocratie parce qu’ils délivrent partiellement l’information et surtout de manière orientée. Les médias, parce qu’ils influencent l’opinion publique, sont un outil qui peut-être dangereux pour la démocratie. Certes, ils peuvent avoir une orientation politique affichée, comme Marianne par exemple qui est un journal de gauche. Sa devise est cette phrase d’Albert Camus : « Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti ». Les lecteurs connaissent cette orientation, ce qui ne les empêchent pas de lire certains articles d’autres journaux afin de confronter les points de vue. Mais pour les auditeurs, lecteurs, spectateurs, plus influençables, les médias sont nocifs parce qu’ils entravent la réflexion. 

A ce sujet, nous pouvons citer Flaubert qui déjà écrivait : « la presse est une école d’abrutissement parce qu’elle dispense de penser. » Aujourd’hui que nous sommes véritablement assaillis par les médias, nous finissions comme le dit Yves Charles Zarka par « nous soumettre sans nous en rendre compte ». Les médias ont une influence directe sur la pensée des citoyens, par exemple, en ce qui concerne les élections. Plus que les faits, c’est la manière de les présenter qui va agir inconsciemment sur les sentiments des citoyens. Tous les moyens sont bons pour influencer les électeurs par exemple, celui de la collecte de données à partir de commentaires d’internautes pour repérer les électeurs indécis et Pauline Heitz induire leur vote pour aider Obama à remporter le second mandat. Le pouvoir n’est plus entre les mains des politiques et les débats sont remplacés par des algorithmes. Selon les préférences, la navigation, les likes…La démocratie est alors vidée de sa substance puisque le citoyen est uniquement consommateur et producteur de données. 

Ainsi, dès la fin du XXème siècle, les médias se sont largement développés et sont aujourd’hui présents partout, tout le temps, puisqu’ils s’affichent en permanence sur nos appareils électroniques. Grâce aux médias, les citoyens ont une connaissance accrue du monde qui les entoure. Grâce aux médias, ils ont accès aux dernières données scientifiques et culturelles. Grâce aux médias, les citoyens se sentent plus proches des dirigeants et ont le sentiment que rien ne leur est caché. Cependant, cette grande mise à disposition de l’information a fini par être trop présente dans l’existence des citoyens. La majorité d’entre eux, ne va plus chercher l’information, confronter les points de vues, afin de se faire sa propre opinion. Ce sont les médias qui se sont introduits dans la vie des citoyens. La presse écrite est en déclin et les émissions culturelles qui traitent de sujets de fonds ont une audience limitée. Les médias aujourd’hui sont finalement un leurre pour la démocratie parce qu’en dépit d’un accès facilité à l’information, les citoyens se détournent des vrais sujets et consomment davantage de divertissements, tout en ayant l’impression d’être bien informés. 

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