La pédophilie dans l’église.


Le 5 Octobre 2021, Jean-Marc Sauvé, haut fonctionnaire français, publie un rapport sur la pédophilie dans l’église catholique. Les chiffres, extrêmement élevés, choquent : 330 000 mineurs, victimes de violences sexuelles depuis 1950, dont plus de deux tiers on été commis par des prêtres.
Le taux de prévalence, c’est à dire le nombre de victimes par rapport au nombre de personnes fréquentant l’église, est également important : 0,8% des enfants allant à l’église y ont subi des viols. Cela fait de ce milieu le plus dangereux en terme d’agressions sexuelles. Mr. Sauvé va également plus loin, en considérant que l’église doit endosser une responsabilité, autant individuelle que systémique. Il affirme : « une telle reconnaissance de responsabilité systémique est inévitable. »
La CEF (conférence des évêques de France) et la CRRF (conférence des religieux et religieuses de France), auquel était destiné ce rapport, ont également exprimé leur désarroi face à de tels révélations. « L’ampleur du phénomène que vous décrivez est effrayante », admet le président du CEF. « Que dire, sinon exprimer une honte charnelle, une indignation absolue » s’exclame la présidente du CRRF.
On peut maintenant se demander : l’église va-t-elle retourner vers un comportement de silence face à ces agressions ?  Ou va-t-elle réellement prendre en compte ces chiffres et révélations, et agir contre la pédophilie qui prend place sous son toit, comme le souhaite Mr. Sauvé, qui affirme « j’exprime ma détermination à agir ».

Adèle Griffond

Samuel Paty, un an plus tard.

Le vendredi 16 octobre 2020, Samuel Paty, un professeur d’histoire-géographie des Yvelines, a été assassiné par décapitation en pleine rue à seulement 47 ans. L’auteur de ce crime avait reçu des informations sur l’enseignant par des élèves et un père d’une élève du collège. Durant un cours sur la liberté d’expression et la laïcité, Samuel Paty a montré des caricatures de Mahomet du journal français Charlie Hebdo. Des élèves en ont alors parlé à leur entourage respectif, jusqu’à arriver aux oreilles d’un certain Abdoullakh Anzorov, un tchétchène âgé de 18 ans. Il a été tué par des policiers peu de temps après le meurtre. Un an après l’homicide, une commémoration et des hommages seront réalisés partout en France.

« C’est là que débute l’enfer »

Les jours précédant le meurtre, Samuel Paty avait alors montré à ses élèves des caricatures de Mahomet dans le contexte de son cours. C’est là que débute l’enfer. Un parent d’élève, envahi d’une immense colère, publie sur les réseaux sociaux des informations mensongères concernant ce cours sur la liberté d’expression. C’est une vidéo créée par ce père, repostée sur les réseaux via des comptes extrêmes, qui attirera l’attention de l’assassin jihadiste. Ces comptes extrêmes sont en nombre important sur les réseaux et émettent des messages puissants et souvent choquants. Celui de l’assassin a notamment souvent été signalé sur Pharos, une plateforme pour signaler les comptes haineux, mais « son dossier avait été jugé non préoccupant ».

Le 16 octobre, juste avant d’être abattu par la police, l’assassin a posté une photo sur son compte extrême sur les réseaux sociaux. Il se félicite ici d’avoir « vengé le prophète ». En publiant ce contenu, Anzorov témoigne d’autant plus de l’horreur dont il a été capable.

Anzorov, loin d’être un loup solitaire

Il est important de connaître les idéologies de Abdoullakh Anzorov. Ce jeune réfugié était en voie de « djihadisation ». En outre, il ne représentait pas du tout l’image du « loup solitaire » mais était réellement connecté à d’autres jihadistes, tout comme le père d’élève. On peut comprendre cet assassinat comme une évolution du djihadisme : en 2004 la décapitation d’un polémiste présentant dans un film les violences subies par les femmes musulmanes où le Coran est projeté sur leur corps, ou l’affaire des caricatures danoises un an plus tard qui mène à un boycott des produits danois par les musulmans. Ou encore plus récemment, un attentat dont vous avez tous entendu parler : les locaux de Charlie Hebdo et les assassinats des dessinateurs par rapport aux caricatures, montrées par Samuel Paty. En conséquence, l’assassinat de ce dernier a ravivé un débat français et européen ancien, en raison des précédentes affaires.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

A la suite de l’homicide, 16 personnes ont été mises en examen pour complicité d’assassinat terroriste, y compris des collégiens de l’établissement où enseignait Samuel Paty. Un an après les faits, Macron et le gouvernement s’apprêtent à commémorer le décès de l’enseignant. Le président avait par ailleurs déclaré : « ils ne passeront pas l’obscurantisme et la violence qui l’accompagnent ne gagneront pas ». Cette fin de semaine, le 15 et 16 octobre 2021, s’annonce essentielle. Le ministre de l’Education Nationale souhaite un hommage dans chaque établissement scolaire le 15 octobre, répondant aux attentes des enseignants. Quant à Macron, il accueillera la famille de la victime également le 15 octobre, accompagné de Blanquer. Par ailleurs, vous pourrez bientôt revisiter un lieu dans Paris dédié à Samuel Paty : le square situé en face de la Sorbonne dans le 5ème arrondissement sera inauguré et portera le nom de l’enseignant. La commémoration officielle aura lieu le samedi 16 octobre, un an jour pour jour après la mort de Samuel Paty.

Théa DENIS