Revue de presse hebdomadaire (03/05 – 09/05).

Environnement : La loi climat fait débat

Ce mardi 4 mai, l’Assemblée Nationale a voté en 1ère lecture le texte de la loi climat, issue des idées de la Convention Citoyenne pour le Climat. Malgré une promesse d’Emmanuel Macron de retenir les 146 propositions « sans filtres », seules 18 ont été reprises entièrement, 78 sont modifiées, 26 sont complètement retirées du projet de loi et d’autres renvoyées à un cadre international. La loi ne fait pas l’unanimité parmi les députés qui la jugent « insuffisante », « climato-cynique » et dénoncent une loi de « communication » ou, à l’inverse, de « culpabilisation ». Dans les idées rejetées par le veto présidentiel on retrouve la modification du préambule de la Constitution pour y inclure la lutte pour le climat, une taxe écologique de 4% sur les entreprises les plus riches et une réduction de la vitesse sur l’autoroute à 110km/h. Des manifestations pour demander une « vraie » loi climat ont déjà eu lieu dans le pays et la prochaine se tient ce dimanche 9 mai.

Jeunesse : Les aménagements très attendus du bac 2021

Le baccalauréat de cette année ressemblera encore une fois à aucun autre. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation Nationale, a dévoilé mercredi 5 mai les aménagements qui sont retenus. Dans ceux-ci, le choix entre deux sujets pour les élèves pour l’oral de français en classe de première et un allègement du nombre de textes demandés pour l’épreuve écrite de français. Le grand oral de terminale, a expliqué le ministre, est « une compétence fondamentale » et pour se faire, le professeur pourra inscrire sur un papier les parties du programme qui n’ont pas été vues en classe et les candidats pourront avoir leurs notes préparées pendant la préparation. Concernant l’épreuve de philosophie, c’est la meilleure note qui sera retenue, entre la moyenne du contrôle continu de l’année et l’épreuve. Enfin, J-M. Blanquer a insisté sur l’importance de la « bienveillance » pour sauvegarder la légitimité du diplôme. Mais ces mesures ne sont en majorité pas acceptées par les syndicats lycéens et des professeurs qui dénoncent un bac « inégalitaire » et de « bricolage » car la moitié des cours de cette année ont été en distanciel.

Lien des aménagements du baccalauréat : https://www.education.gouv.fr/baccalaureat-general-technologique-et-professionnel-modalites-de-passage-des-examens-en-2021-323144

Politique : Le meurtre qui met le feu au poudre

Le féminicide d’une très forte violence qui a eu lieu mardi 4 mai à Mérignac a choqué la France entière. Chahinez Boota, morte brûlée vive en pleine rue par son ex-conjoint violent. Ce dernier avait déjà connu une peine de prison de 18 mois en 2020 et avait été libéré sous caution pour placement à l’extérieur et suivi de soin en décembre. Malgré une interdiction d’approcher la victime, la jeune femme avait déposée une plainte contre lui le 15 mars dernier pour agression, mais sans effet de la part de la police. Ce meurtre parvient donc dans un contexte jugé incompréhensible pour les associations féministes qui condamne une « inaction de l’Etat ». Depuis le début de l’année 2021, 39 femmes ont été tuées sous les coups de leurs conjoints ou ex-conjoints selon l’organisation Nous toutes, un chiffre déjà beaucoup trop élevé et qui pointe du doigt l’absence de moyen et d’aide de la part de l’Etat.

Culture : Les festivaliers s’organisent, ou pas

Après avoir manifesté leur colère contre l’obligation des festivals assis grâce notamment au #deboutlesfestivals, c’est une bonne nouvelle qui tombe ce jeudi 6 mai par la ministre de la Culture. Roselyne Bachelot annonce, à partir du 1er juillet, une autorisation des concerts debout, avec une jauge de 4m2 par personne et un maximum de 5000 personnes. Certains festivals comme les Vieilles-Charrue (Finistère), les Francofolies de la Rochelle (Charentes-Maritimes) et le Printemps de Bourges (Cher), qui devient l’Été de Bourges, ont décidé de s’adapter à ces mesures pour leurs éditions 2021, avec des programmes principalement francophones. Mais ce n’est pas le cas de tous les festivals qui ont annoncé leurs annulations ou des reports comme les Eurockéennes (Territoire de Belfort), Lollapalooza-Paris (Paris) ou encore Solidays (Paris). Des « fonds de compensation de billetterie » sont en ce moment imaginés par R. Bachelot, Bruno Le Maire, ministre de l’économie et Jean Castex, 1er ministre.

Point positif : L’humanité dans les brevets

Le mercredi 5 mai dernier, dans un communiqué de la représentante du commerce Katherine Tai, le gouvernement de Joe Biden a déclaré soutenir le retrait de la propriété intellectuelle sur les vaccins anti-Covid. Les brevets protégeant ces derniers sont détenus par les laboratoires qui ont mis au point un vaccin, et interdisent à d’autres entreprises de les fabriquer sans contrepartie. La mesure « historique » de l’administration états-unienne est soutenue par l’OMS, des ONG comme Oxfam et Médecin sans frontières ainsi que par de nombreux pays en développement, qui la demandent depuis octobre. La levée des brevets permettrait, dans le cas exceptionnel de la pandémie, de fabriquer plus de doses moins chères pour les pays pauvres, afin que l’entièreté de la population mondiale soit immunisée. Elle ferait également « primer l’intérêt de l’humanité sur les intérêts privés » comme le dit Oxfam dans un appel transpartisan.

Lien du communiqué : https://ustr.gov/about-us/policy-offices/press-office/press-releases/2021/may/statement-ambassador-katherine-tai-covid-19-trips-waiver

Oriane Frison