L’affaire Benalla
Les faits
Alexandre Benalla, chargé de mission et coordinateur de différents services lors des déplacements officiels et privés d’Emmanuel Macron, est accusé d’avoir frappé un couple de personnes et de s’être fait passé pour un policier lors de la manifestation du 1er Mai 2018. La scène a été filmée et diffusée à de nombreuses reprises sur les réseaux sociaux. Il est aussi accusé d’avoir participé à une interpellation le même jour. Le 19 juillet 2018, une enquête est ouverte : Benalla est placé en garde et mis en examen. Egalement une procédure de licenciement est engagée contre lui par l’Elysée.
Les réactions
Les réactions à cette affaire, que ce soient celles des politiques ou des citoyens sont généralement les mêmes : “Je suis choqué…”, “Ces images sont choquantes.”, “Comment se fait-il que Mr. Benalla ait pu interpeller des manifestants sans faire partie de la police ?”. Le Premier Ministre Edouard Philippe est en effet choqué par la situation, mais il n’est pas le seul. En effet Messieurs Benoit Hamon, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez n’ont pas tardé à réagir notamment par rapport au casque de CRS et du brassard de la police que Benalla portait sur lui. Des journaux comme France Soir ont titré « Comment l’Elysée a tenté d’étouffer l’affaire Benalla »
Effectivement le port de casque de Benalla démontre son implication dans cette altercation entre les manifestants et les forces de l’ordre. De plus, porter un brassard de police sans même faire partie de cette institution est illégal.
L’Elysée a effectivement essayé d’endiguer cette affaire, qui est maintenant devenue une affaire d’Etat : tout d’abord Mr. Bruno Roger-Petit, porte parole du Président de la République, a assuré, alors que l’on attendait une prise de parole du chef de l’Etat, que Benalla avait été “mis a pied pendant quinze jours avec suspension de salaire.” Finalement, le 24 juillet, Emmanuel Macron sort de son silence et déclare qu’il est le seul responsable de cette affaire…
Or selon la Constitution “le Président ne peut être convoqué devant aucune juridiction ou autorité administrative française.”
Affaire à suivre à la fin de mandat du Chef de l’Etat… ?
Les conséquences
Ce qui est devenu « l’affaire Benalla » a entraîné des interrogations et la méfiance des citoyens vis-à-vis du Président Emmanuel Macron. Elle a fait réagir les différents partis, les hommes politiques et les médias.
En effet, les faits et leur gestion par le gouvernement et la présidence ont soulevé des questionnements, alors que le Président se présentait comme porteur de nouvelles pratiques en politique, pour une « République exemplaire ». Cette affaire pose la question de l’exemplarité et interroge sur les pratiques du pouvoir au plus haut niveau de l’Etat, avec des réactions tardives et des sanctions inadéquates.
Nous avons découvert, par les agissements violents de Benalla, proche du Président, que les fonctions qu’il avait au sein de l’Elysée n’étaient peut-être pas légales.
Cette affaire a provoqué la mise en place de procédures propres à la démocratie : l’ouverture d’une procédure judiciaire à l’encontre de M. Benalla, la constitution de commissions d’enquête au Parlement et au Sénat. Elle parasite l’action engagée par le Président de la République et son gouvernement et affaibli leur position. La conséquence la plus récente est peut-être la démission du Ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.
Sources photo : REUTERS/Regis Duvignau
Anatole Brunet-Rapeaud, César Clauss, Clément Gehan