Jean Luc Mélenchon

«Une idée devient une force lorsqu’elle s’empare des masses » (Karl Marx)

1843267_5_a901_jean-luc-melenchon-a-la-manifestation-contre_8d7070d99d7a2bc04cef351a05040e25 Jean-Luc Mélenchon … que de mots ont été prononcés sur lui, que d’insultes ont été vociférées sur sa personne ; moqué autrefois, par ses manières et par ces scores, il est aujourd’hui l’homme fort de la présidentielle. Charismatique, il est le candidat de la gauche radicale, de la gauche anti-mondialiste. Il est le candidat de la gauche, de la vraie gauche.

Né au Maroc en 1951, il n’a cessé d’être engagé à gauche. Entré au PS en 1976, il enchaîne les postes de conseiller. Mais sa carrière politique décollera en 2008 quand il décide de quitter le parti socialiste. C’est en 2012 qu’il se fait remarquer ; candidat d’une gauche radicale, anticapitaliste, il atteint les 11% des voix. Cet homme charismatique sait parler à la classe populaire, aux ouvriers, aux oubliés. Le nouveau Georges Marchais revient en 2017 pour faire mieux.

Alors le candidat du front de gauche se lance dans la campagne ; les maitres mots de son projet sont : justice sociale, souveraineté nationale, et anticapitalisme modéré.

Un programme fort pour une gauche forte

Mélenchon est en quelque sorte un souverainiste. Souverainiste par son antilibéralisme, par son obsession du modèle allemand ; il veut donc terminer avec les traités de libre échange (il refuse Tafta, ou encore Ceta, deux traités avec l’Amérique du Nord). Il déteste le marché, ce dernier est son ennemi qui, selon lui, détruit le travail français et par là-même l’ouvrier français. Il veut également, par son « chevènementisme » croissant, refonder l’Europe. Il propose une Europe des peuples et non pas une Europe des élites. Il refuse une France qui se soumet à la doctrine élitiste européenne.

Son projet est rythmé par une thématique : la justice sociale. Il croit en un socialisme de gouvernement et est persuadé que le socialisme peut édifier une nouvelle justice salariale. Mais le pouvoir hollandiste, par ses réformes libérales, a contredit cette vision de la gauche. La loi Travail est le symbole d’un libéralisme austère ; c’est tout ce que Mélenchon déteste. C’est dans cette détestation que le candidat de la France insoumise construit son projet. L’abrogation de la loi El Khomri apparaît donc comme une évidence.

Mélenchon veut également « écologiser » l’économie ; c’est la « règle verte » qui passe par la protection des biens communs, ou encore une grande transition énergétique. Il rejoint Hamon sur ce point. L’écologie est devenue un thème récurrent qu’il faut marteler et imposer dans le débat politique.

Ce qui fait la force de Jean-Luc Mélenchon est son anticapitalisme répétitif. Le marxiste de base défend une politique socialiste et anti-libérale. Cette politique profondément de gauche, profondément socialiste se traduit par des propositions de réformes ; on y trouve la séparation des banques (divisant les banques d’affaires et de détail), ou encore la création d’un pôle bancaire public, puis une augmentation conséquente du SMIC.

Laïcité ou le non-sujet

Mélenchon porte en lui un électorat populaire mêlé de chômeurs de longue durée, d’ouvriers incompris et de syndicats révoltés. Il plait aux classes défavorisées mais semble se défaire face à la dame du FN, sa grande ennemie, Marine Le Pen. Dans tous les sondages, il se place derrière elle, loin derrière elle. Ils sont sur le même champ de bataille ; ils combattent tous deux pour une même classe. Mais là où la candidate du FN prend une avance considérable, c’est sur la laïcité. Mélenchon ne parle pas, et ce volontairement, de laïcité, de l’Islam, du voile. Il regarde cette grande blonde rythmer sa parole de milliers de mots sur l’immigration, l’Islam, le voile, l’insécurité…pendant que l’insoumis séduit les foules par des paroles anticapitalistes et antilibérales. La grande faiblesse de Mélenchon est qu’il ne parle pas de religion. Lorsqu’un journaliste lui pose une question similaire à celle-ci : que pensez-vous du burkini ? Il rétorque par un mélange de langue de bois et de politiquement correct ; il n’ose pas parler de cela ; il s’y refuse. Mélenchon est un pur laïc. Il est peut-être même, sur la religion, un marxiste primaire, pensant que la religion n’est qu’un produit de l’homme et qu’elle ne cherche qu’à le pervertir et à l’asservir.

Mélenchon, l’étouffeur du PS

Il a ceci en commun avec Emmanuel Macron qu’il oppresse le parti socialiste. C’est le nouveau poids lourd de la gauche. L’échec du quinquennat terminé est une renaissance pour lui. Il sort plus fort, plus puissant. Dans les sondages, il accroche et rivalise avec le candidat socialiste. Il incarne, à l’instar de Hollande et donc du PS, une gauche qui s’assume, une gauche qui combat les multinationales toujours plus importantes et imposantes ; c’est la gauche qui attaque et qui dit non à l’Europe ultra-libérale ; c’est la gauche qui applique pleinement la laïcité (peut être trop) ; c’est la gauche qui inclut l’écologie au centre de la politique économique ; en bref, Mélenchon, est la vraie gauche.

La victoire de Hamon est, pour le moins, une mauvaise nouvelle. Proche de Mélenchon au niveau des idées, il se place sur une ligne politique similaire au candidat du front de gauche. Malgré cette entente idéologique, il n’envisage pas une seconde de se retirer tant l’élection présidentielle est son Graal ! Hamon sera-t-il celui qui fera tomber le grand Jean-Luc ?

Source photo : AFP/THOMAS SAMSON

Corentin Masson

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