Une nouvelle République

Tout détruire pour tout recommencer…

Aujourd’hui, beaucoup d’hommes politiques revendiquent cette volonté de changer ce système ou en tout cas de le modifier : pour cause, le non-changement de la classe politique, le caractère élitiste de notre République et l’apparence monarchique de celle-ci.

Buste de marianne moderne sur fond drapeau franeVoilà 58 ans que la France a adopté la Constitution de la Cinquième République ; 58 ans que la république parlementaire, la république des partis, la république des bavards a disparu : la IV ème République. C’est en effet un nouveau souffle que la création d’une nouvelle république. Le peuple s’exprime enfin sur qui le gouvernera. Créée par le Général de Gaulle, la V ème République instaure un corps exécutif bicéphale : le Président de la République élu au suffrage universel et un Premier Ministre responsable devant l’Assemblée. Et un corps législatif : le parlement, c’est-à-dire l’Assemblée Nationale et le Sénat. La schématisation de la constitution permet une observation nette : c’est un système démocratique et républicain… mais pas autant que le texte pourrait le laisser penser.

En effet, la Vème république a un caractère monarchique ; du fait qu’elle ne se concentre que sur un seul homme. Mais la contradiction s’installe : la vision monarchique qu’a notre république n’est pas celle d’une monarchie héréditaire – une monarchie de droit divin – mais celle d’une monarchie bonapartiste – pensée prônant l’accession à une fonction par le mérite et non pas par le nom et une forme de régime reposant sur la souveraineté populaire- . Cette république est une création de toute pièce du Général de Gaulle. Le problème de notre système est qu’il délivre beaucoup trop de pouvoirs au président, au ministre, au député et au sénateur ; quand nous parlons de pouvoirs, il s’agit de privilèges. Certes ce dernier terme est souvent écarté ou refusé par nos politiques mais il est pourtant en adéquation avec notre système politique. La force d’un système qui dure réside dans une politique de transparence tout en gardant les secrets d’Etat. Qu’est-ce qui ne va pas dans notre régime ?

Une nostalgie gaullienne

 442557095-serrer-le-poing-place-de-la-republique-constitution-charles-de-gaulleQuel homme ? Imposant, charismatique et patriote. Un grand homme tel Napoléon ou Clémenceau. De Gaulle est un patriote ; sa religion c’est la France. Il ne veut pas être un dictateur, il veut gouverner de façon démocratique tout en ayant la main sur la démocratie : pour cela, il crée la Vème république, un régime à sa taille. Cet homme marque l’Histoire et la politique française. Mitterrand disait de lui qu’il était bonapartiste ; en effet sa manière de gouverner ressemble à celle de Napoléon III (la souveraineté populaire, plébiscite, référendum). Je parle d’une nostalgie gaullienne. Pourquoi ? Cette posture monarchique instaurée par le Général reste prégnante dans notre république et ses successeurs s’en inspireront : Pompidou, le président malade, VGE, le président moderne, jeune mais à la démarche d’un monarque et Mitterrand, le dernier roi. Comme dirait Sarkozy, Chirac était un roi fainéant. Sarkozy est un perturbateur, un chahuteur, un petit prince agité et Hollande est une espèce de « Louis XVI », un roi impopulaire, n’ayant aucune légitimité.

Mitterrand, le monarque socialiste

mitterrand Le 13 mai 1981, un homme de gauche, un socialiste, est élu Président de la République. Peu importe quel est son score, il est élu ! C’est le premier président socialiste de la Vème République. C’est un évènement, il est acclamé, le peuple français tout entier croit à un changement. La déception sera d’autant plus grande. Car en effet, Mitterrand s’affale dans les fauteuils de la république et prend une posture monarchique. En fin stratège, il enfante une cour.

En 1986, il perd les élections législatives. C’est Jacques Chirac qui s’installe à Matignon. Mitterrand se comporte en vrai monarque et sera réélu en tant que tel : en 1988, il rassemble 30% des voix contre Chirac qui n’obtient que 19%. Le débat entre les deux hommes est tendu. Mitterrand saigne Chirac ; il ressort vainqueur avec 54% des voix, il se rapproche un peu plus d’un de ses prédécesseurs. Cinq ans plus tard la gauche connait sa plus grande défaite depuis la création la Vème république. C’est donc Edouard Balladur du RPR qui arrive à Matignon. Alors affaibli, Mitterrand ne perd pas la main et réussit à transformer cette défaite en une victoire. Balladur et Chirac sont des amis de trente ans ; un pacte entre eux deux est mis en place, Chirac sait que s’il accepte ce poste de premier ministre, il perdra les présidentielles de 1995. Le plan est simple, Balladur ira à Matignon, Chirac à l’élection.

Voyant les sondages favorables pour lui, le premier ministre ne peut résister : il se présente à l’élection présidentielle. Mais Mitterrand, en bon roi, a déjà choisi son héritier, ce sera Chirac ; c’est à lui de reprendre la dynastie, c’est son tour. Balladur est éliminé au premier tour ; Chirac est élu président de la république avec 52% des voix. Cette explication présente le caractère monarchique de notre république. Oui, tous les régimes ne sont pas parfaits mais cette observation ne vient pas subitement comme cela, ce n’est pas une mode inventée par une poignée de progressistes. Le premier à avoir lancé l’idée d’une nouvelle république est Arnaud Montebourg. En effet, cette idée vient de la gauche et est suivie et approuvée par l’extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon. Cette situation, cette volonté de changement de système est en réalité une logique temporelle, si je puis dire. Car sous la III république un homme, un radical voulait un changement : supprimer la présidence de la République. Une phrase symbolise cette volonté. En parlant de l’élection présidentielle (notamment celle de Sadi Carnot) Georges Clémenceau disait : « Je vote pour le plus bête ». Et le « tigre » voulait aussi supprimer le Sénat qui était, pour lui, une chambre de notables. Avait-il raison ?

La droite s’y met…

 5012737_6_4466_les-candidats-aux-primaires-de-la-droite-de_7a1d6ff9e0d2eb2248d2c83ff1d5f5a5La primaire de la droite compte huit candidats, ces derniers présentent des programmes et des propositions variés. Dans certains, on y trouve des projets de changement de constitution plutôt surprenants. Beaucoup proposent une réduction du nombre de parlementaires. C’est déjà un pas vers une nouvelle constitution. Ils veulent un système plus rapide, plus efficace. Mais la proposition ressortant le plus souvent et qui est la plus surprenante est celle de NKM. Elle propose de supprimer le poste de premier ministre, une révolution ! Quant à Bruno Le Maire, il insiste sur le non cumul des mandats. Dans cette volonté de « République efficace », le processus gaullien est abordé : la plupart veulent gouverner par ordonnances. Il y a également le septennat qui revient sur la table. Le quinquennat était, à l’époque, présenté comme une nouveauté ; s’appuyant sur le système américain, cela permettait de redonner une essence démocratique en faisant coïncider les élections présidentielles et parlementaires. Le but est également que le président ne fasse que deux mandats. Mais ce système n’a fait qu’empirer car nous sommes dans une perpétuelle élection présidentielle. Aujourd’hui, le pouvoir en place n’est concentré que sur les calculs politiques : c’est-à-dire garder le pouvoir le plus longtemps possible.

Toutes ces réformes pourtant permettraient une renaissance de la démocratie avec une plus grande implication du citoyen. Dans la « Revue politique et parlementaire », il est expliqué que la démocratie doit être réinventée. Le président de L’Assemblée, Claude Bartolone, et de multiples députés s’unissent afin de livrer un programme constitué de 17 propositions. Parmi celles-ci, le septennat, le non-cumul des mandats dans le temps, la redéfinition du rôle du Président de la République, ainsi que la réduction du nombre de parlementaires… nous observons là une vraie prise de conscience.

Régime parlementaire, régime présidentielle : mixons les deux…

Platon dit deux choses : que la démocratie est un régime basée sur la liberté individuelle et qu’elle mène à l’anarchie et que l’anarchie conduit à la tyrannie, il prône donc un gouvernement s’appuyant sur les décisions collectives

Nous ne pourrons pas enlever la tradition monarchique de notre pays. Les français ont vécu des siècles sous la monarchie, et sont façonnés par cette empreinte. Il ne faut donc pas détruire la figure du chef. Le problème de notre constitution repose essentiellement sur le rôle du Président de la République. Dans l’article 5 de la constitution, le président est défini comme arbitre. Le problème posé par cette constitution pourrait s’illustrer par une métaphore sportive. Quand il y a un match, entre deux équipes, il faut un arbitre pour prévenir et pour sanctionner. La complexité de notre république, si l’on suit le raisonnement sportif, c’est que l’arbitre vient d’une des deux équipes -les deux équipes étant la droite et la gauche-. Donc nous demandons que cet homme soit l’arbitre du jeu politique, alors qu’il en fait pleinement partie. Il ne peut donc pas apaiser ou rassembler. Ce rôle d’arbitre est celui d’un roi dans une monarchie parlementaire, entre autres le système anglais. Il faudrait donc s’appuyer sur ce dernier mais sur un plan plus républicain.

Le président de la république devrait être élu par la chambre des représentants, il ne jouerait aucun rôle politique. Il peut dissoudre cette chambre unique, de préférence, s’il y a une crise politique qui lui semble grave. Le premier ministre serait, par contre, élu au suffrage universel pour un quinquennat. Ma république est le fruit d’un mélange entre le travail parlementaire et la souveraineté populaire : le peuple doit s’exprimer, pas seulement aux élections mais également par des référendums. Il faut augmenter la parole du peuple même si la majorité n’a pas toujours raison. Je suis pour un régime à la fois bonapartiste (la figure du chef et la souveraineté populaire)  et à la fois parlementariste. Il faut demander au peuple ce qu’il pense. Cette expression du peuple se fait, soit par une dissolution de la chambre -ce que Hollande aurait dû faire- soit par un référendum.

Corentin Masson

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