Au cœur de la campagne…

Cette année, le blog de la Classe Média du lycée Montaigne s’ouvre à une nouvelle rubrique, année électorale oblige, Au cœur de la campagne. En effet, des élèves relateront les faits marquants de la campagne électorale et porteront un regard personnel sur nos hommes et femmes politiques. Bien sûr, ils seront animés par un souci d’objectivité et soucieux des principes républicains et démocratiques de notre société. Donc, régulièrement, nous vous proposerons des articles, des portraits ou des dossiers.

Nous avons décidé d’ouvrir la rubrique par un candidat atypique qui revient au devant de la scène après un retrait volontaire de quelques mois.

Montebourg, l’éternel candidat

Il est de retour…

Former French minister Arnaud Montebourg (C) waves next to French Socialist Party deputy Christian Paul (R) after an annual Pentecost climb of Mont Beuvray alongside activists on May 16, 2016 in Saint-Leger-Sous-Beuvray, northeastern France. The former Socialist Party Minister of Economy Arnaud Montebourg on May 16 launched a "call" to the French "to propose in the coming months the construction of a grand alternative project for France." / AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES
AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES

De l’annonce de sa candidature en passant par les sondages lui étant favorable jusqu’à son apparition à la fête de l’humanité, Arnaud Montebourg multiplie les appels médiatiques. Il faut y aller Arnaud !!!! Le timing est parfait ; entre Hollande qui est au plus bas dans les sondages, Macron qui est devenu une bête médiatique et la guerre déclarée à droite, Montebourg peut se poser en tant qu’alternance. Car n’oublions point ce qu’il est.
Né en 1962, Arnaud Montebourg est un avocat de profession. Il adhère au parti socialiste en 1985 alors que Mitterrand est au pouvoir. Douze ans après il entre à l’Assemblée Nationale en tant que député et y restera jusqu’en 2012. Il sera également, à partir de 2008, secrétaire national du parti socialiste. Arrivé en troisième position (18%) à la primaire socialiste de 2011, il marque et apporte du sang neuf à la politique française. Suite à la victoire du candidat socialiste à l’élection présidentielle, Montebourg devient ministre de l’économie. Mais il démissionne en 2014 pour avoir critiqué la politique du gouvernement. Il se retire donc de la vie politico-médiatique pour revenir plus fort. Il le fera en annonçant sa candidature à l’élection présidentielle deux ans après sa démission.
Montebourg est un homme qui a marqué la gauche française. Pourquoi ? Il s’inscrit dans un électorat se basant sur une idéologie prônant la fin du système actuel, c’est-à-dire la fin de la Vème République mais également de la mondialisation. Ainsi, il nous présente une véritable alternance puisqu’il ne s’aligne ni dans la gauche française traditionnelle, c’est-à-dire la gauche mitterrandienne et jospinienne, ni dans la gauche radicale, communiste, celle de Georges Marchais. Il propose une nouvelle vision de la gauche. Celle-ci sera d’ailleurs représentée par Jean-Pierre Chevènement, le souverainiste de 2002 ou encore par Jean-Luc Mélenchon. Nous pouvons dire qu’il est un enfant du chevènementisme puisqu’il développe des pensées souverainistes, et la démondialisation en fait partie.
Alors, il est une question qui nous taraude : aura-t’il un rôle important lors de ces présidentielles ?
Aujourd’hui il revient avec des nouvelles idées, un nouveau programme et une nouvelle vision qu’il appelle « un projet pour la France ». Composé en quatre parties, il s’attaque aux différents questionnements de la société française : l’Europe, le terrorisme, la République et l’emploi.
En effet, les conditions ne sont pas avantageuses pour le candidat : premièrement, le climat politique est tendu, du fait de la montée du FN. Et puis les querelles à droite combinées à l’écroulement à gauche ne lui facilitent pas la tâche. De plus les sondages ne lui sont pas favorables. Même si les pronostics lui donnent 53% lors des primaires face à Hollande, il demeure tout de même très bas dans les sondages concernant les présidentielles. C’est justement pour ces raisons qu’il peut se poser en challenger. Aujourd’hui notre schéma politique se dessine de façon binaire : d’un côté les défenseurs du système avec Valls, Hollande, Sarkozy, Juppé et Macron, de l’autre les antisystèmes tels que Marine Le Pen, Mélenchon et Montebourg.
Notre pays a une spécificité : la volatilité des électeurs. Les instituts de sondage ont beau multiplier les études et autres enquêtes d’opinion, l’électeur français est un original, il change d’avis comme de chemise. Le triste souvenir de l’élimination de Lionel Jospin devrait nous inciter donc à la prudence et encourager Arnaud Montebourg à croire en ses chances. Pour l’instant sa campagne débute par un mauvais résultat car on lui donne à peine 10% des voix au premier tour des présidentielles, alors que J-L Mélenchon est crédité de 14 % ! Ce dernier sera, je le suppose, l’adversaire principal du candidat Montebourg car tous deux s’adressent aux mêmes électeurs. Il est certain qu’Arnaud Montebourg ne rivalisera pas avec Marine Le Pen qui, pour l’instant, a une position très favorable dans les sondages qui la donnent pour le second tour. Elle ne vise et ne prépare sa campagne que contre un homme : Alain Juppé. Reste à savoir qui sera le deuxième antisystème derrière la première antisystème. Aux armes candidats, la guerre est déclarée.
Montebourg a-t-il ses chances ?
Peut-il créer la surprise ?

Corentin Masson

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