Une icône retrouvée

greffulhe_1ere_de_couv_valideeInstallées au Palais Galliera, musée de la mode de la ville de Paris, du 7 novembre 2015 au 20 mars 2016, les robes de la comtesse Greffulhe plus éblouissantes les unes que les autres racontent l’histoire de leur fascinante propriétaire.

Née en 1860 le 11 juillet, ses parents Marie de Montesquieu et le prince Joseph de Chimay lui donnent une solide éducation ainsi qu’à ses six frères et sœurs. En 1878 à l’âge de 18 ans, Elisabeth se marie au richissime vicomte Henry Greffulhe, qui est à l’époque le deuxième homme le plus riche de Paris.
En 1882, la comtesse donne naissance à Elaine qui sera fille unique, malheureusement deux plus tard la mère d’Elisabeth meurt le 25 décembre 1884. Aimée de plusieurs artistes populaires, ceux-ci lui dédieront plusieurs œuvres comme Gabriel Fauré en 1888 (Pavane) ou encore le peintre Paul-César Helleu qui exécutera une centaine d’esquisse de la comtesse.
150402-la-garde-robe-de-la-comtesse-greffulhe-au-musee-gallieraEn 1892 son père, le prince, décède en mars. Lors d’une fête organisée le 30 mai, elle rencontre Marcel Proust qui s’inspire d’elle pour un personnage d’un de ses romans. En 1899, la comtesse Greffulhe prône l’innocence du capitaine Dreyfus et devient la cible de virulentes critiques de la part de la presse antisémite. Elle rencontre Pierre et Marie Curie dont elle soutient les travaux sur la radioactivité et joue un rôle clé dans la création de l’Institut du radium en 1909. Sa fille Elaine se marie avec le duc de Guiche en 1904. En 1906, elle organise la première rétrospective du peintre Gustave Moreau cette même année elle rencontre Serge Diaghilev. En 1908, Elisabeth organise une soirée mémorable dans le parc du château de Versailles puis, en 1909, Diaghilev lance les Ballets russes avec le soutien de la comtesse. En 1914, en tant qu’ambassadrice de l’art français, elle se rend à Londres avec Auguste Rodin pour une exposition. Son mari meurt le 31 mars 1932.
Le 18 novembre, l’exposition Marcel Proust est inaugurée en présence de la comtesse. A l’âge de 92 ans, la comtesse de Greffulhe décède au bord du lac Léman.

Ici une « tea-gown » ou robe pour prendre le thé, en velours ciselé bleu à fond satin vert, dentelle type Valenciennes, doublure en taffetas de soie changeant.

Capture-d’écran-2015-10-28-à-12.18.59Robe du soir, dites « robe aux lys », en velours de soie noir, satin de soie ivoire, tulle de soie ivoire, broderie de paillettes métalliques, filés métalliques dorés, fils guipés métalliques, cannetilles frisées, lames, perles métalliques à facettes, perles en verre nacré imitant les perles de culture et miroirs ; col moderne.

Nous pourrions penser que cette comtesse avait une vie de rêve, mais, en fait, sa relation avec Henry Greffulhe était des plus houleuse. Son mari la trompait avec de nombreuses autres femmes qu’il installait dans sa propre maison sous les yeux d’Elisabeth. Quand celle-ci voulait s’éloigner du comte, celui-ci lui écrivait de longues lettres d’amour la forçant à revenir pour ensuite la battre. Cette femme courageuse que l’on aurait pu penser frivole était en fait une femme intelligente et très cultivée. Ces robes retracent son incroyable parcours au sein d’une société changeante et tumultueuse. Cassant les codes de l’époque Elisabeth Greffulhe apparaissait toujours avec grâce et élégance où qu’elle aille représentant a elle seule l’élégance française reconnue dans le monde entier.

Camille Aubert

L’Etat d’urgence, faut-il en sortir ?

L’Etat d’urgence est un régime exceptionnel, mis en place par un gouvernement en cas d’atteinte à l’ordre public, de troubles graves, ou de calamité nationale.

Ici en France, depuis les attentats du 13 novembre 2015, ce régime a été mis en place le 14 novembre, jusqu’au 26 novembre, par le Conseil des Ministres, dans le but de renforcer les pouvoirs des autorités administratives et de restreindre les libertés publiques, pour assurer au maximum la sécurité de tous. Néanmoins, selon les termes de la loi de 1955, l’état d’urgence ne dure que 12 jours.

Cependant, compte tenu de la gravité des faits, et des menaces qui persistent encore aujourd’hui, il paraît nécessaire de prolonger ce régime. Actuellement, l’état d’urgence a été prolongé d’une durée de trois mois, c’est-à-dire jusqu’au 26 février 2016.

etaturgence

Ce mercredi 13 janvier 2016, deux mois après, un rassemblement de députés a eu lieu au sein de l’Assemblée. Ce rassemblement a divisé, une partie des députés, qui défendait la prolongation de l’état d’urgence, et l’autre partie, qui s’y opposait clairement.

En réalité, ce régime suscite de nombreuses questions, tout d’abord sur son efficacité. Il est vrai qu’aujourd’hui, la menace terroriste n’est pas moindre, et que nous ne sommes pas à l’abri de nouvelles attaques, il paraît alors important d’utiliser les  meilleurs moyens de sécurité pour assurer la protection de chacun.

Néanmoins, les chiffres ne trompent pas, et les statistiques démontrent que l’évolution du nombre de perquisitions administratives et d’assignations à résidence est actuellement en baisse, de plus les forces de l’ordre estiment que l’état d’urgence est moins pertinente aujourd’hui.

Tout cela fait évidemment douter de l’efficacité actuelle de ce régime, mais qui paraît pourtant nécessaire et rassurant pour 70 % de la population française.

Alors, faut-il continuer ?

Lina Yahiaoui