Rubrique Cinéma : Whiplash , « un bon coup de fouet »

photo whiplash

 

La passion, tout un art …
– La passion, c’est tout ce qui caractérise l’état d’esprit d’Andrew Neyman, 19 ans…

Mordu de batterie depuis son plus jeune âge, pendant lequel il accomplissait déjà des « merveilles », Andrew a depuis continué sur cette voie et a intégré l’une des plus grandes écoles de jazz de New-York. « Du pays » tout d’abord, peu « apprécié » par les professeurs et les autres étudiants, un déclic aura lieu lorsqu’un professeur de renom, Terence Fletcher, le remarquera, et le choisira, le faisant entrer dans son propre cursus de jazz, où il règne en véritable tyran sur ses élèves . Clairement, la route sera longue avant qu’Andrew ne puisse prétendre se démarquer dans le milieu…

Fletcher est un perfectionniste. S’il y a un problème, il le fait savoir sans gêne et sans retenue aux élèves sous sa tutelle, les affublant de surnoms portés sur le physique comme « le gros », « gonzesse », à leur mettre des claques et à leur lancer des objets, la plupart du temps des instruments de musique, voire même à tout casser, briser, lancer autour d’eux sous l’influence de la colère, pour les forcer à se concentrer et à jouer juste. Cela peut leur prendre des heures, mais le résultat y est à chaque fois. Il ressemble, sous certain aspects, à l’instructeur Hartman de « Full Metal Jacket » (Stanley Kubrick, 1987)

Le rapport élève/professeur qu’entretiennent les deux personnalités les plus marquantes du film est intense, oppressant et va CRESCENDO jusqu’au final, mené dans le sang et la sueur, où l’atmosphère moite d’un auditorium fait lieu de champ de bataille, dans lequel les deux protagonistes se confrontent, où la tension est à son paroxysme. L’intensité émotionnelle est oppressante, dérangeante, le physique fait place au mental, il ne suit plus sans l’esprit. Les coups portés sur la batterie ressemblent à de réels coups de poing, et, quand tout semble perdu, le rapport élève/chef d’orchestre s’inverse et à l’issue d’un monumental solo, pur, imprévu, découle l’un des plus beaux moments de complicité, un sourire qui prouve que l’objectif du maître est atteint, c’est-à-dire pousser ses apprentis au-delà de leurs limites et faire d’eux des personnes d’exception, les nouveaux prodiges de la musique contemporaine .

Acclamé par les critiques, « jouissif » pour la majorité, et déjà détenteur de nombreuses récompenses, c’est un film d’une grande ampleur, poignant, violent, qui prend aux tripes. Le réalisateur, Damien Chazelle voulait aussi montrer la pression que doit supporter le batteur avant chaque concert, chaque concours , comme si sa vie en dépendait. L’acharnement d’Andrew à toujours persévérer, maculant de sang sa batterie à chacun de ses entraînements, renonçant à des sorties, à sa petite amie, bref, à sa vie sociale, portera-t-il ses fruits ?

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Antoine Bourderie

Le Monde de Plantu

La vie d’un dessinateur de presse, Plantu

Plantu, de son vrai nom Jean Plantureux, est un dessinateur de presse et caricaturiste français, né le 23 mars 1951 à Paris. Il suit sa scolarité au Lycée Henri-IV et obtient son baccalauréat en 1969. Ses parents l’inscrivent dans une école de médecine, mais lui, souhaite étudier le théâtre ou la bande dessinée. Deux ans plus tard, en 1971, il se rend alors à Bruxelles pour suivre les cours de dessin de l’école Saint-Luc.

De retour à Paris, Plantu propose ses dessins à plusieurs quotidiens avant d’être engagé au Monde. Ceux ci prennent alors une place de plus en plus importante dans le journal et l’actualité : occasionnellement en 1972, puis un chaque samedi en 1982, et enfin quotidiennement de 1985 à aujourd’hui. Selon le directeur de la publication du Monde, André Fontaine, il va ainsi « rendre sa place à la tradition française des dessins politiques ».

En parallèle, il va également collaborer avec le journal Phosphore, pour lequel il dessinera jusqu’en 1986, va participer jusqu’en septembre 1987 à l’émission de Michel Polac, Droit de réponse, diffusée sur TF1. Depuis 2006, avec l’aide du Prix Nobel de la Paix et ancien Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, Cartooning for peace présidée par Plantu, rassemble des dessinateurs de presse internationaux afin de défendre la liberté d’expression dans le monde entier.

Le dessinateur est connu et reconnu en France, mais aussi dans le monde entier. Il reçoit de nombreux prix, tels que récemment le 2e prix du Porto Cartoon World festival 2006 ou encore le premier prix du concours du comité canadien pour la liberté de la presse en 2011.

 

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Dessins politiques de Plantu publiés dans Le Monde

Anne Chpakowski